Le Texte rêve
"Le texte rêve" : manière de dire qu'un écrit littéraire vit une vie nocturne, et que de cette vie nous pouvons entrevoir quelques fantômes. Manière de reconnaître qu'un lecteur attentif peut amener un tel écrit à raconter dans une autre langue ce qui se passe sur la scène obscure qu'on dit être celle de l'inconscient. Manière de suggérer que le critique peut éclaircir un peu la nuit, reprendre en écho la rumeur, afin que le public sache où porter ses pas, à quoi prêter l'oreille. Pour que lecture et écriture manifestent leur séduction en donnant occasion à quelque vérité de se produire au jour, il faut qu'elles nous fassent rêver, il faut qu'elles nous incitent à rêvécrire, chacun pour son propre conte... Aucun destin, dans le roman de Mme de Lafayette, n'échappe à un principe où s'unissent l'image de la Mère et la faillite du Roi, tandis qu'une nouvelle vision du mariage se fait jour. Et c'est l'essence de ce principe que Mme de Clèves exprime en refusant d'épouser le duc de Nemours. Le refus conjugue des arguments rationnels, selon une tradition incarnée par Mme de Chartres, sa mère : des motivations cachées, régies par l'Imaginaire d'une loi fondée sur la mort du Père : des contraintes collectives, enfin, centrées sur les structures de parenté. L'analyse, de nature psychopolitique, délaisse les approches classiques pour une interprétation globale où les scènes majeures sont relues, et visités des épisodes jusqu'alors inexploités. L'oeuvre en toutes ses parties y trouve un autre sens, un autre visage.
Le texte rêve : manière de dire qu'un écrit littéraire vit une vie nocturne et que, de cette vie, nous pouvons entrevoir quelques fantômes. Manière de reconnaître qu'un lecteur attentif peut amener un tel écrit à raconter, dans une autre langue, ce qui se passe sur la scène obscure qu'on dit être celle de l'inconscient. Manière de suggérer que le critique peut éclaircir, un peu, la nuit, reprendre en écho la rumeur, afin que le public sache où porter ses pas, à quoi prêter l'oreille. Pour que lecture et écriture manifestent leur séduction, en donnant occasion à quelque vérité de se produire au jour, il faut qu'elles nous fassent rêver, il faut qu'elles nous incitent à rêvécrire, chacun pour son propre conte... Tel fut littérateur qui se rêvait peintre ou sculpteur. On mettra là-dessus les noms que l'on voudra. Ils sont légion. Le fait est que la littérature souvent s'origine d'une erreur, et que l'acte d'écrire ne consiste qu'à s'y entêter. La réussite est à ce prix. Au prix encore d'une certaine justesse. Mais justesse dans l'erreur, et donc paradoxale. Ne pas se tromper d'erreur, par exemple. Ni de siècle. Et, quand le moment s'en fait sentir, savoir en essayer une autre. Dan Yack est cet essai : roman phonographique. Premier du genre, mais aussi le dernier. Et c'est bien le problème. Erreur dans le choix de l'erreur ou dans son maniement ?... Telles sont deux des questions parmi lesquelles ce livre prend le risque d'égarer son lecteur.
Le texte rêve : manière de dire qu'un écrit littéraire vit une vie nocturne et que, de cette vie, nous pouvons entrevoir quelques fantômes. Manière de reconnaître qu'un lecteur attentif peut amener un tel écrit à raconter, dans une autre langue, ce qui se passe sur la scène obscure qu'on dit être celle de l'inconscient. Manière de suggérer que le critique peut éclaircir, un peu, la nuit, reprendre en écho la rumeur, afin que le public sache où porter ses pas, à quoi prêter l'oreille. Pour que lecture et écriture manifestent leur séduction, en donnant occasion à quelque vérité de se produire au jour, il faut qu'elles nous fassent rêver, il faut qu'elles nous incitent à rêvécrire, chacun pour son propre conte... Le dernier grand ouvrage de Stendhal embarrasse : il est inachevé et, surtout, il fait peur. Roman d'apprentissage, il montre une fille de rien et de nulle part qui, au plus près de soi, entreprend de se construire sur une exigence de vérité, au milieu de l'universelle imposture. Elle ne trouvera sa voie et son salut que dans les bras d'un flamboyant criminel, parmi les mines de la société et de la morale. Postulant la profonde cohérence libidinale d'une oeuvre problématique, Lamiel, scandaleuse et peut-être encore inacceptable aujourd'hui, est ici rêvée du côté de Lulu.
Le texte rêve : manière de dire qu'un écrit littéraire vit une vie nocturne et que, de cette vie, nous pouvons entrevoir quelques fantômes. Manière de reconnaître qu'un lecteur attentif peut amener un tel écrit à raconter, dans une autre langue, ce qui se passe sur la scène obscure qu'on dit être celle de l'inconscient. Manière de suggérer que le critique peut éclaircir, un peu, la nuit, reprendre en écho la rumeur, afin que le public sache où porter ses pas, à quoi prêter l'oreille. Pour que lecture et écriture manifestent leur séduction, en donnant occasion à quelque vérité de se produire au jour, il faut qu'elles nous fassent rêver, il faut qu'elles nous incitent à rêvécrire, chacun pour son propre conte... Enfin ! On a récemment retrouvé les restes d'Alain-Fournier, mort sur le front au début de la Première Guerre mondiale ! Dépouillage d'archives, recoupements, fouilles sur le terrain et, finalement, les ossements sont réapparus et ont été identifiés. Tout cela pourrait sembler fort secondaire et anecdotique : en fait, semblable exhumation prouve à quel point, dans le cas de l'auteur du Grand Meaulnes, il est essentiel tout à la fois de mieux fonder l'enracinement de l'écrivain dans sa terre natale, dans sa patrie pour laquelle il a donné sa vie, et de retrouver ses (saintes) reliques pour mieux les adorer. Alain-Fournier est l'objet d'un culte : toujours idéalisé, angélisé... C'est justement ce mythe, particulièrement encombrant et factice, que voudrait profaner cet essai qui montre comment Alain-Fournier a élaboré toute une stratégie romanesque, visant la déculpabilisation et la sublimation (par ses lecteurs) de son propre imaginaire. Oui, Le Grand Meaulnes est un logiciel d'idéalisation et de purification, comme il en est de traitement de texte.
Le texte rêve : manière de dire qu'un écrit littéraire vit une vie nocturne et que, de cette vie, nous pouvons entrevoir quelques fantômes. Manière de reconnaître qu'un lecteur attentif peut amener un tel écrit à raconter, dans une autre langue, ce qui se passe sur la scène obscure qu'on dit être celle de l'inconscient. Manière de suggérer que le critique peut éclaircir, un peu, la nuit, reprendre en écho la rumeur, afin que le public sache où porter ses pas, à quoi prêter l'oreille. Pour que lecture et écriture manifestent leur séduction, en donnant occasion à quelque vérité de se produire au jour, il faut qu'elles nous fassent rêver, il faut qu'elles nous incitent à rêvécrire, chacun pour son propre conte... Le roman de Nodier doit, sans doute, son charme puissant à l'habileté avec laquelle il joue sur plusieurs tableaux : sur les codes, passant sans cesse du faux vrai du fantastique au vrai faux du merveilleux ; sur le niveau de conscience, offrant aussi bien des exercices de maîtrise gratifiants, que des plongées angoissantes dans les fantasmes les plus archaïques ; sur les représentations, cachant/montrant entre les lignes les noirs éclairs de nos désirs et de nos peurs. Cette lecture tente de comprendre ce jeu - et ses enjeux. C'est donc un véritable essai sur la littérature.
Le texte rêve : manière de dire qu'un écrit littéraire vit une vie nocturne et que, de cette vie, nous pouvons entrevoir quelques fantômes. Manière de reconnaître qu'un lecteur attentif peut amener un tel écrit à raconter, dans une autre langue, ce qui se passe sur la scène obscure qu'on dit être celle de l'inconscient. Manière de suggérer que le critique peut éclaircir, un peu, la nuit, reprendre en écho la rumeur, afin que le public sache où porter ses pas, à quoi prêter l'oreille. Pour que lecture et écriture manifestent leur séduction, en donnant occasion à quelque vérité de se produire au jour, il faut qu'elles nous fassent rêver, il faut qu'elles nous incitent à rêvécrire, chacun pour son propre conte...
Pour la première fois, un ouvrage tente la lecture analytique suivie d'un récit de Breton. Un tel essai n'aurait pas été possible si Breton lui-même, à sa façon, ne l'avait encouragé par l'interprétation qu'il présente dans L'amour fou d'un moment de sa vie. Perspicace, non sans méconnaissances, il a mis tout son soin à expliquer l'événement, en l'entourant de multiples halos poétiques. L'écoute du lecteur, à suivre le fil torsadé de l'écrit, va de surprise en surprise. Une nouvelle aventure secrète naît de pages qui prétendaient à la plus franche lucidité. En étranges familiers, nous reconstruisons le rêve d'une rencontre où, tour à tour, se disent l'éblouissement de la fusion originaire, la menace de la castration et le désir de perpétuer - enfant ou oeuvre - ce qu'a semblé ourdir le hasard.
Un mythe que Manon. Pour un peu, le livre s'en oublierait, ayant déjà perdu son titre d'histoire. Un effet assez rare, qui fait qu'à perdre ce texte de vue, à fermer les yeux, il reste une figure curieusement familière, dans son aura de lumière noire. Approchez-vous, tout se brouille, s'aplatit et disparaît..., disait Diderot à propos de Chardin. On a joué ici à cette vision de près, de trop près, qui ne laisse plus voir que taches et coups de pinceau, à tenter de nommer ce qui surgit de l'inconsistance fondamentale du discours narratif, supposant en somme que c'est bien dans ce lieu brouillé que s'origine l'effet de la vision éloignée. Bref, repérer ce qui dans l'entrevu, l'à peine vu, le négligeable, construit l'inoubliable. Éloignez-vous, tout se recrée et se reproduit.
Le texte rêve : manière de dire qu'un écrit littéraire vit une vie nocturne et que, de cette vie, nous pouvons entrevoir quelques fantômes. Manière de reconnaître qu'un lecteur attentif peut amener un tel écrit à raconter, dans une autre langue, ce qui se passe sur la scène obscure qu'on dit être celle de l'inconscient. Manière de suggérer que le critique peut éclaircir, un peu, la nuit, reprendre en écho la rumeur, afin que le public sache où porter ses pas, à quoi prêter l'oreille. Pour que lecture et écriture manifestent leur séduction, en donnant occasion à quelque vérité de se produire au jour, il faut qu'elles nous fassent rêver, il faut qu'elles nous incitent à rêvécrire, chacun pour son propre conte... L'anodine parure nouée au cou de l'Olympia de Manet peut être considérée, selon Michel Leiris, comme une faveur insigne. Ce ruban mérite plus qu'un vague regard, à coup sûr, car il donne accès au corps charnel et glorieux dont il constitue le discret ornement. Il est le fil ténu et emblématique, propre à conjurer la peur, de ce qui toujours menace : une irréparable disparition. Il aura, aussi, servi de liant à l'écriture d'une nouvelle partition, que la lecture pratiquée ici tente d'interpréter aussi fidèlement que possible. Seront relevés, en particulier, les moyens par lesquels le texte, aux partages incisifs, rêve de faire parade à une détresse authentique. La pratique assidue d'intimes stratégies de l'imaginaire, produit parfois de réjouissants dénouements. En dépit de l'inacceptable.
Le texte rêve : manière de dire qu'un écrit littéraire vit une vie nocturne et que, de cette vie, nous pouvons entrevoir quelques fantômes. Manière de reconnaître qu'un lecteur attentif peut amener un tel écrit à raconter, dans une autre langue, ce qui se passe sur la scène obscure qu'on dit être celle de l'inconscient. Manière de suggérer que le critique peut éclaircir, un peu, la nuit, reprendre en écho la rumeur, afin que le public sache où porter ses pas, à quoi prêter l'oreille. Pour que lecture et écriture manifestent leur séduction, en donnant occasion à quelque vérité de se produire au jour, il faut qu'elles nous fassent rêver, il faut qu'elles nous incitent à rêvécrire, chacun pour son propre conte... Pourquoi lire Pharsamon ? N'avons-nous pas, sur le même thème, Don Quichotte et Madame Bovary ? Et pourquoi aller fouiller dans les essais de Marivaux débutant quand nous connaissons les fruits de sa maturité ? Ignorer ce roman serait se priver à la légère d'un grand plaisir : sous les oripeaux de la parodie, dans son comique directement affronté à l'angoisse, il parle. Comme on s'étourdit. Moins pour délivrer un message que pour libérer un secret. Il parle à ne plus savoir comment finir, sous le feu croisé des vérités qui lui échappent : qu'il est difficile de sauver la parole quand la relation avec la mère, dominée par l'abandon et la haine, compromet l'accès au langage ; qu'il serait plus facile d'aimer les femmes si elles n'existaient pas ; qu'aborder le sexe, c'est risquer que la tête et le reste vous tournent. Surtout : comment sortir du manège où le désir parental vous enferme ? À défaut d'en rire on peut en écrire...
Le texte rêve : manière de dire qu'un écrit littéraire vit une vie nocturne et que, de cette vie, nous pouvons entrevoir quelques fantômes. Manière de reconnaître qu'un lecteur attentif peut amener un tel écrit à raconter, dans une autre langue, ce qui se passe sur la scène obscure qu'on dit être celle de l'inconscient. Manière de suggérer que le critique peut éclaircir, un peu, la nuit, reprendre en écho la rumeur, afin que le public sache où porter ses pas, à quoi prêter l'oreille. Pour que lecture et écriture manifestent leur séduction, en donnant occasion à quelque vérité de se produire au jour, il faut qu'elles nous fassent rêver, il faut qu'elles nous incitent à rêvécrire, chacun pour son propre conte...
Pourquoi la parution d'Atala marque-t-elle, à l'aube du XIXe siècle, une révolution littéraire qui met l'époque au diapason du romantisme ? Le récit de Chateaubriand rompt avec la rhétorique en usage, libère l'imagination, renouvelle la peinture de la nature et bouleverse le langage des sentiments. L'écrivain invente un, romanesque nouveau où un désir violent et vorace étend partout son empire. Des cataclysmes dévastent les forêts du Nouveau Monde. Des passions tumultueuses et destructrices s'emparent des Indiens qui les peuplent. Rien ni personne n'échappe à cette loi. Mais qui aujourd'hui s'y tromperait : les « Sauvages » dont la nature américaine réfracte les émois ne sont en réalité que des adultes livrés à leurs pulsions infantiles, sous le regard d'un romancier rêveur en qui survit aussi l'enfant.
Pourquoi nos ancêtres - de Boileau à Rousseau et de D'Alembert à Robespierre, et même à Sade - ont-ils éprouvé tant de plaisir et d'admiration à lire Télémaque ? Et comment ce roman de Fénelon, qui pendant très longtemps fut l'ouvrage le plus lu de la littérature française, pourrait-il, aujourd'hui encore, nourrir notre imagination ? Fournir une réponse à cette question exige qu'on tienne compte des dimensions inconscientes du texte. Notre savoir sur les rêves, mieux qu'aucun autre, devrait pouvoir nous montrer en quoi ce livre a pu être un texte à rêver pour les lecteurs d'antan, et en quoi il peut l'être encore, ou le redevenir pour nous, aujourd'hui.
Mathias, effectivement, est moins un voyeur qu'un « écouteur ». Il prête l'oreille aux coups de sirène, au ressac de l'océan, aux gémissements des femmes, aux histoires que content les marins et les journaux... A la voix, aussi, qui lui rappelle son enfance : « On lui avait souvent raconté » les ficelles, la troisième armoire, le dessin d'une mouette, que sais-je ? Mais pour s'en rendre compte, il faut mettre Le Voyeur à l'écoute, il faut tendre sa connivence vers ce qui se murmure ou se dit parfois dans un silence bruyant, et que le récit torturé de Robbe-Grillet prend plaisir à rendre imperceptible. Surtout, au coeur de ce qu'on entend à travers le bruit et le silence, il y a une scène centrale, cruciale, que l'on ne voit jamais. Et qui rend tout le reste à la fois audible et visible, peut-être...
Le texte rêve : manière de dire qu'un écrit littéraire vit une vie nocturne et que, de cette vie, nous pouvons entrevoir quelques fantômes. Manière de reconnaître qu'un lecteur attentif peut amener un tel écrit à raconter, dans une autre langue, ce qui se passe sur la scène obscure qu'on dit être celle de l'inconscient. Manière de suggérer que le critique peut éclaircir, un peu, la nuit, reprendre en écho la rumeur, afin que le public sache où porter ses pas, à quoi prêter l'oreille. Pour que lecture et écriture manifestent leur séduction, en donnant occasion à quelque vérité de se produire au jour, il faut qu'elles nous fassent rêver, il faut qu'elles nous incitent à rêvécrire, chacun pour son propre conte... À l'origine des amours de Tristan et Iseut, un acte manqué : l'absorption du philtre qui lie ceux que tout devait séparer. Ne révèle-t-il pas que le ratage est l'essence même de l'acte amoureux ? Dès lors, la lecture des différentes versions médiévales ne doit-elle pas dégager les modalités de l'impasse amoureuse (division féminine, blessure masculine) dont la description anticipe, avec une rigueur inégalée, ce qu'en dévoilera la psychanalyse ? Le ratage affecte aussi l'acte littéraire. Divisé par des versions en vers différentes ou contradictoires, le texte tristanien manque ou poursuit une impossible complétude dans le roman en prose. La littérature est une blessure qui ne cesse pas de se rouvrir, mais le sang de l'écriture ne laisse jamais advenir le signe ou le texte attendu. Comme l'amour, l'écriture ne serait-elle qu'un acte manqué ?