Les grands romans noirs
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Minou est un ange, devenu gangster. Ceci suffirait à la présentation de ce roman, mais ajoutez-y une fille, à qui on fait prendre un bain de siège dans de l'alcool à 90° additionné de poivre rouge, histoire de lui rafraîchir les idées... Ajoutez aussi un bon gars, qui n'aime pas qu'on le chatouille de trop près, quelques dérouillées par-ci par-là, des trucs qui explosent au moment où on s'y attend le moins... Et, au milieu de tout ça... de l'amour fleurit, un amour cruel et enragé, un amour, de femme qui vit dans le danger...
Une recette à ne jamais essayer : Mélangez marché noir et quelques femmes à sentiments divers ; aventures sombres et pas mal de morts ; des flics qui voient en vous un coupable, et un Chinois élégant et onctueux, qui tue en douceur avec un sourire courtois. Le tout arrosé d'une bonne petite dose de peur. De ce mic-mac, sortira un cocktail aussi noir que mon cafard, aussi froid que les rues où je me perds, aussi fantaisiste que ma vie, qui ne tient plus qu'à un fil. Goûtez cette saleté et, dans le fond du verre où tous les malheurs de ce monde se sont donnés rencart, vous vous enliserez dans une boue noire et fétide. C'est seulement là que vous vous sentirez foutu, irrémédiablement lessivé. À moins que...
Georges Galuret est un joli garçon, ce qui lui vaut d'être aimé par toutes sortes de dames ou demoiselles, et aussi - ce qui est beaucoup moins normal - par un certain Jojo mon ange, dont on peut dire que, comme Jules César, il sait être homme avec les femmes, femme avec les hommes. Notre héros est employé dans une agence de police privée, dirigée par une certaine Madame veuve Pomme. Les exigences de sa profession feront que le jeune Galuret soit, bien malgré lui, lancé sur les traces de Jojo mon ange, lequel, par amour (il faut bien appeler ça comme ça), se refusera à le tuer, et finira par mourir lui-même dans ses bras, en confessant son horrible sentiment.
Jean Branes vient de purger trois ans de prison, pour un vol qu'il n'a pas commis. Il y a quarante-huit heures qu'il est libre, et roule vers Boulogne-sur-Mer, au rendez-vous fixé par son ex-associé et ami intime, Gérard Jubier. La rencontre des deux hommes tourne mal ; Jean s'aperçoit, trop tard, qu'il a été joué sur toute la ligne. Non content de lui avoir pris la femme qu'il aimait, son associé l'a encore accusé d'être un voleur ! Dégoûté, Branes accepte le million que lui donne Gérard Jubier en compensation, et reprend le chemin de Paris... Là, il y rencontre Martine, son ancienne amie, et c'est en sortant de ses bras qu'il apprend, par les journaux, qu'il est accusé d'avoir assassiné Gérard Jubier, dont le corps a été découvert peu après son départ pour Paris. Commencent alors les longues heures d'angoisse de l'homme traqué par la police.... Qui gagnera ?... Une lutte à mort s'engage... Elle se terminera à la morgue... terminus des souffrances humaines !
Ça y est ! Voilà que ça me prend encore ! Moi, chaque fois que la poisse commence à me cavaler après, ça fait du ramdam ! Pas seulement un petit morceau par-ci, par-là. Ah, mais non ! Du compact et en série, s'il vous plaît ! Et que ça ne s'arrête surtout pas ! Ce n'est pas parce que je perds ma place de pianistique juste au moment où je suis complètement à sec que cette poison platiné de Rita avec sa Chrysler et son air de grande dame a besoin de m'enfoncer dans un tel pétrin avec la Police. Bon, la bande de Miranda a bousillé mon copain Berville. Mais ce n'est tout de même pas une raison que tout le monde s'acharne sur moi, me fout des raclées, s'applique à me buter, empoisonner, écraser et tout c'que vous voulez. Et ça, juste au moment où je commençais à avoir une sérieuse touche avec une nommée Éliane Leandri - une fille qui vous ferait attraper une congestion rien qu'en vous regardant dans le blanc des yeux Et voilà faut pas qu'ils essayent de me faire prendre pour une chose que je n'ai même pas fait. Ah, les vaches ? ! Mais attendez ! Je te vais faire un de ces tourbillons dans ce mic-mac qu'ils se souviendront du gars Nicky, je vous le garantie ! Vous n'avez qu'à jeter un coup d'oeil dans l'bouquin et vous verrez que je ne vous raconte pas des bobards !...
Si un jour, dans votre bon Dieu d'existence pourrie, vous rencontrez, - oh ! tout à fait par hasard ! - un copain qui a changé d'état-civil, ne sursautez pas comme une donzelle à son premier bécot. Ça arrive. Si encore, un soir de cafard, il vous prend la fantaisie de faucher une bagnole, américaine ou pas, - pour une ballade au clair de lune, ne vous tracassez pas le cigare. Y a des agences spécialisées dans ces trucs-là. Si, par la suite, vous vous apercevez que la dite bagnole est surtout arrangée, aménagée et étudiée pour trimballer des passagers, ne vous étonnez de rien. C'est un moyen de transport qui en vaut un autre. Si toujours, un matin de gueule de bois, vous voulez vous remplir le gousset et jouer un refrain de hold'up, munissez-vous d'une bonne mitraillette, modèle italien si possible, et foncez dans le tas. Mais, si une gonzesse de n'importe quelle nationalité, - pourvue qu'elle soit bien roulée, c'est le principal, - s'amuse à vous farcir le crâne de propositions mêmes honnêtes, alors, là, méfiez-vous. Dites-lui qu'elle fasse voir son jeu, c'est plus prudent. A moins... A moins de vous adresser en toute confiance et pour renseignements complémentaires au dénommé GÉO SENSY qui vous réglera tout ça, lui, comme du papier à musique.