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Des trois grands psychanalystes d'enfants de l'École anglaise : Mélanie Klein, Anna Freud, et Winnicott, c'est ce dernier qui a établi une théorie et une pratique les plus originales, fondées sur le jeu, sur le besoin plus que sur le désir, sur la relation mère-enfant plus que sur l'observation isolée de celui-ci. Faisant la synthèse des différents écrits de Winnicott, Claude Geets éclaire la démarche "ludique" de ce psychanalyste, et commente chacune de ses techniques : la spatule, le squiggle, qui sont autant d'étapes dans la maturation d'une pensée et d'une pratique, tout orientées sur les rapports de la mère et de son enfant, puis l'acquisition de l'autonomie de ce dernier, enfin sur la cure de l'enfant dans le patient adulte. Tracer l'originalité de Winnicott, c'est aussi éclairer les distances qu'il prend avec la psychanalyse freudienne orthodoxe.
De l'Être et le Néant, publié en 1943, à L'Idiot de la famille, publié en 1971 et 1972, Sartre n'a cessé d'occuper le devant de la scène de la pensée. Ses rapports avec Marx et Freud, deux autres références fondamentales de ce siècle, n'ont cessé d'évoluer durant les trente-cinq dernières années. L'enjeu de ces débats se situe au coeur de la problématique philosophique contemporaine : comment concilier la pensée de Sartre, philosophe de la liberté, avec celles de Marx et de Freud, théoriciens du conditionnement. Si Sartre écrit - dans l'Être et le Néant - que l'homme est condamné à la liberté, comment peut-il affirmer - dans La Critique de la raison dialectique - que l'individu est totalement conditionné ? Ces deux propositions ne relèvent-elle pas d'un inconciliable paradoxe ? La question est décisive. Sommes-nous condamnés à choisir entre la liberté et le déterminisme ? La philosophie peut-elle espérer sortir de l'impasse, qui consiste à renoncer aux conditionnements pour conserver la liberté, ou à proclamer l'absence de liberté - peut-être même la mort de l'homme - afin de garder les conditionnements ?