Pratiques sociales pour demain
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« Diriger autrement » est le premier livre à paraître dans la collection « Pratiques Sociales pour demain ». Ce choix ne doit rien au hasard, la démarche de Jacques Ladsous entrant complètement dans la spécificité de cette collection qui réside dans la volonté de mettre en confrontation les idéologies véhiculées en matière d'action éducative et sociale et les pratiques qui en découlent ou qui participent à leur construction. Quel ouvrage mieux que celui-là pouvait concrétiser notre ambition de favoriser une réflexion qui concilie la rigueur technique philosophique et politique avec la nécessaire souplesse qu'impose une pratique sociale se situant dans la dimension de l'humain et du quotidien ? Évitant la voie du faire-valoir et du sensationnel, refusant de se poser comme modèle, Jacques Ladsous nous propose un témoignage, d'une grande authenticité, sur une fonction qu'il a assumée au travers des transformations politiques, administratives et sociales des quarante dernières années. Alors même que la direction d'un établissement ou d'un service social ou médico-social apparaît traditionnellement comme une installation dans un cadre, dans un statut et dans un environnement de plus en plus rigidifiant, il nous est proposé ici de suivre l'itinéraire d'un « dirigeant » qui a su se placer, et avec lui sa fonction, dans une dynamique d'évolution des individus et des groupes. Dans cette perspective, la direction peut alors s'identifier à un combat qui vise à mettre constamment en rapport les données politiques et économiques du moment avec les exigences d'un projet éducatif institutionnel. Convaincre qu'une marge de manoeuvre reste possible, que des règles peuvent être modifiées, tel semble avoir été l'objectif de l'auteur qui témoigne de la possibilité de mener avec d'autres ce combat, non dans le piège démagogique d'un pouvoir dilué mais dans la gestion démocratique d'un pouvoir partagé. Il existe nombre d'ouvrages technicistes sur la fonction de direction (du management à la manipulation...) mais celui-ci est un des rares à se situer dans une problématique humaine et un environnement sociohistorique.
Ce livre (témoignage du cheminement obstiné d'un homme et d'un groupe d'amis disputant âprement et fraternellement depuis des années) constitue un message d'espoir dans la grisaille de la « rigueur » actuelle. Pour un système différent du prix de journée Pour une gestion collective du personnel Pour une prise en compte de la parole des usagers Pour un fonctionnement contractuel de l'action sociale. Les idées avancées sont réalisables, les suggestions sont possibles à mettre en oeuvre car rien, dans le cadre législatif et réglementaire actuel, n'interdit ce qui est proposé par Jacques Ladsous. La décentralisation se met en place dans le secteur social : les propositions de cet ouvrage doivent constituer l'une des bases de la concertation pour les élus, pour les cadres des D.D.A.S.S., pour les responsables d'associations, pour les syndicats et pour les travailleurs sociaux. Ce livre est un levier, à chacun de s'en servir pour transformer le quotidien.
Une recherche « EXISTENTIELLE », ainsi pourrait-on définir l'écrit de Jean-Marc BARDEAU. C'est à partir de son histoire, que l'auteur de nous afflige de toutes les difficultés qui ont été et qui restent les siennes, celles de l'enfant, de l'adolescent, de l'adulte, confronté à un handicap grave qui atteint le corps dans l'image qu'il offre, tout autant que dans ses fonctions essentielles, voire intimes. C'est dans un style aisé et vigoureux, l'expression d'une recherche sur soi et sur la Société, ses Institutions, ses professionnels... Un long et pénétrant regard tout à tour froid et objectif, tendre ou passionné, extérieur et interne, résultat d'un compromis difficile entre l'investigation méthodologique et l'expression d'un vécu, d'un ressenti, d'une souffrance. Celle de ne pas être reconnu, accepté dans l'altérité, celle de ne pas être autre chose qu'un objet, qu'un corps à redresser, qu'un esprit à modeler, redressables et modelables pour convenir aux normes fixées par la société dans une analyse marxiste. Cette quête ontologique se reconnaît dans tous les thèmes qui se dégagent du plan de l'ouvrage et de son contenu : famille, médecine, éducation, rééducation, institutions, école, travail, sexualité, société et sociétés. Elle est clairement posée dans la revendication du droit au suicide par exemple et pour ne choisir que celui-ci. Dans la même ligne, se situe ce que l'auteur appelle « l'autonomie dépendante », reconnaissance du droit à la liberté assortie quand c'est nécessaire, d'une aide qui ne soit pas aliénante ou réifiante pour le handicapé. Ce désir d'échapper à l'état d'objet, au statut de « néoesclavage », dévolu au handicapé, traverse ce livre. Il est une revendication omniprésente.