SOUS L'ECORCE
À l'occasion des 20 ans de la disparition de Jacques Lacarrière, cet ouvrage réunit ses chroniques de presse consacrées à la Grèce, publiées entre 1963 et 2003. Témoin privilégié, il explore une Grèce en mutation. Il nous plonge dans la dictature des colonels, la guerre civile occultée, les crises et renaissances du pays, tout en mettant en lumière les écrivains et poètes grecs qu'il a contribué à faire connaître en France. À travers son regard vif, érudit et engagé, il offre une Grèce du quotidien, loin des clichés. À mi-chemin entre journalisme, récit et essai, D'une Grèce l'autre est un document essentiel pour comprendre l'histoire récente du pays et (re)découvrir une facette méconnue du travail de Lacarrière. Écrivain, essayiste et journaliste, Jacques Lacarrière est le plus grand passeur de la culture grecque au XX siècle. Dès les années 1940, il explore la Grèce, dont il devient un fin observateur, mêlant érudition et sensibilité. À travers des récits de voyage, des essais et des chroniques journalistiques, il éclaire les mutations du pays tout en s'engageant contre la dictature des colonels. Vingt ans après sa disparition, son regard sur la Grèce et le monde demeure essentiel.
S'inspirant de sa propre histoire, partagée entre les deux rives de la Méditerranée, l'anthropologue Mondher Kilani donne voix à cet espace aux frontières et aux identités multiples. Anthropologue, professeur émérite à l'Université de Lausanne, Mondher Kilani a publié en 2018 l'essai très remarqué Du goût de l'autre. Fragments d'un discours cannibale, aux éditions du Seuil.
Dans sa dimension culturelle, la créolisation est une manière de se transformer en continu, de façon imprévisible, qui suscite d'étranges équilibres provisoires lorsque chacun des groupes sociaux en présence semble interagir avec l'autre, sans en prendre toujours la mesure. Professeur à l'Université de Louvain-la-Neuve et membre de l'Académie royale de Belgique, Pierre-Joseph Laurent a cofondé le Laboratoire d'anthropologie prospective avec Michaël Singleton. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il est directeur de collection aux éditions Karthala.
Partout en Asie du Sud-Est où François Robinne mène ses enquêtes depuis maintenant plus de trente ans, les États font face aux déplacements de leurs populations, souvent au-delà de leurs frontières. À cela s'ajoute, en Birmanie plus qu'ailleurs, la question des minorités ethniques et religieuses. Plutôt que d'envisager cette diversité à la manière d'une collection, pointant les spécificités ou soulignant les différences de chaque groupe, l'auteur nous entraîne vers les « carrefours sociaux » : réseaux villageois, alliances matrimoniales, entraides religieuses, les dynamiques relationnelles ont ceci de remarquable qu'elles se jouent des déterminismes linguistiques et culturels. Par-delà l'ethnicité mais dans le respect des différences, c'est la possibilité d'une perspective autre que celle du repli identitaire qui est, ici, déployée. Anthropologue, spécialiste des minorités ethniques et religieuses de Birmanie et d'Asie du Sud-Est où il se rend depuis plus de trente ans, François Robinne est directeur de recherche au CNRS. Ses travaux portent principalement sur les espaces transethniques et la sociographie du bouddhisme. Il a notamment publié Fils et maîtres du lac : relations internethniques dans l'État Shan de Birmanie en 2000 et Prêtres et chamanes : métamorphoses des Kachin de Birmanie en 2007.
« Chronotopie » désigne le caractère indissociable des relations que nous entretenons avec le temps et l'espace. Au cours de ses nombreux séjours au Brésil, en Chine et au Japon, François Laplantine se rend compte que ces relations n'ont rien d'universel. Ainsi, au Brésil, pouvons-nous parler d'un espace par excè
Qu'est-ce que la culture ? Pour répondre à cette vertigineuse question, l'anthropologue Guillaume Alevêque donne la voix aux militants associatifs d'un mouvement de revitalisation culturelle qui, à Tahiti, tentent de refonder la société polynésienne sur la base des valeurs d'un passé préchrétien et précolonial longtemps stigmatisé. Mais recueillir la mémoire des anciens et fouiller les archives ne suffisent pas : il faut renouer avec sa terre, le fenua, et se réconcilier avec les ancêtres que la christianisation a transformés en mauvais esprits. Anthropologue, lauréat des bourses postdoctorales de la Fondation Fyssen et du musée du quai Branly-Jacques Chirac, Guillaume Alevêque enseigne à l'Université Jean-Jaurès de Toulouse. Ses recherches portent sur la mémoire et le revivalisme culturel en Polynésie française. Ses travaux sur l'histoire des « premiers contacts » et de la christianisation (xviie-xixe siècles) ont fait l'objet de l'exposition « Maro ura, un trésor polynésien » en 2021-2022 au musée du quai Branly-Jacques Chirac.
Partout on naît, on grandit, on meurt ; parfois on se marie, on célèbre les saisons ou l'on rend hommage aux morts : ces moments particuliers, dont la forme varie d'une société à l'autre, donnent du sens à l'existence. Grâce à celles et ceux qui vivent ces rituels et nous aident ici à les décrypter, nous pouvons espérer mieux comprendre le monde qui nous entoure. Normalienne, Anne-Sylvie Malbrancke se lance, en 2009, sur les traces du grand anthropologue Maurice Godelier. Elle part s'installer chez les Baruya, petite tribu des Hautes-Terres de Papouasie-Nouvelle-Guinée, où elle vit un an sans eau, sans électricité, ni moyen de communication fiable avec l'extérieur, partageant au quotidien leur labeur, leurs joies et leurs peines. Le doctorat en poche, elle bifurque vers le film documentaire. Après trois années de travail, la série Rituels du monde voit le jour, sur Arte, en 2020 : quinze épisodes qui nous montrent, au sein de communautés proches ou lointaines, la diversité des façons de célébrer la vie et la mort.
L'ego-histoire, en un peu plus de trente ans, a acquis un nom et collecté de beaux succès. Cet exercice qui fait dire à l'historien d'où il parle, en soulignant la façon dont il se situe dans l'acte de produire l'histoire, s'est même constitué en un genre. Agrégé d'histoire et ancien membre de l'École Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud et de la section scientifique de la Casa de Velázquez, Philippe Josserand est maître de conférences HDR en histoire du Moyen Âge à l'université de Nantes. Spécialiste internationalement reconnu de la croisade et des ordres religieux-militaires, il a coordonné avec Nicole Bériou Prier et combattre : dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge (Fayard, 2009) et codirigé À la rencontre de l'Autre au Moyen Âge : in memoriam Jacques Le Goff (PUR, 2017). Son Jacques de Molay : le dernier grand-maître des Templiers (Les Belles Lettres, 2019), a été récompensé par le prix d'histoire Daniel Ligou.
Simon et Julie, sénégalais, mariés, ont un fils au pays et deux enfants à Paris : sans papiers pendant huit ans, ils sont régularisés au motif de leur « vie privée et familiale ». Hortense vient des Philippines ; mère célibataire d'une fille née à Paris, elle vit durant huit ans sans papiers avant d'être régularisée pour « cinq ans de présence prouvée et un enfant scolarisé depuis au moins trois ans ». Anthropologue, spécialiste des questions de parenté en contexte migratoire, Frédérique Fogel a notamment enquêté en Nubie égyptienne et en région parisienne. Membre du Réseau éducation sans frontières, elle est directrice de recherche au CNRS.
« Le boucher porte un grand tablier blanc, qui lui confère un air solennel. La tête de chamois empaillée et le crucifix ont sans doute toujours été là, mais je les remarque pour la première fois. Je crois avoir déjà aperçu le trophée ; en revanche, ce qui m'a échappé, et qui soudainement attire mon attention, c'est le crucifix accroché un peu plus loin, sur la même paroi. Le boucher, le crucifix à sa gauche et le trophée à sa droite forment une sorte de triangle, délimité, en bas, par l'étalage des viandes. Au début, je trouve cet agencement un peu osé, presque blasphématoire. Puis, sorti de la boutique, je commence à me dire que tout cela a peut-être un sens... » Spécialiste des perceptions et des représentations du milieu naturel et des rapports de l'humain à l'animal, Sergio Dalla Bernardina est professeur d'ethnologie à l'université de Bretagne-Occidentale où il dirige le séminaire d'anthropologie de la nature « Ordre naturel et bricolages humains ».