Une histoire personnelle de ...
Plongeant ses racines dans la philosophie allemande du XIXe siècle et plus particulièrement chez Schopenhauer et Nietzsche, le courant de la philosophie de la vie émerge au tournant du XXe siècle. Les rapides transformations et bouleversements que connaît l'Europe à cette période questionnent les philosophes et entraînent un changement de paradigme. Pour Simmel et Bergson, la vie ne doit plus être une notion parmi les autres mais le concept central des recherches philosophiques. Replaçant la vie et son expérience immédiate au centre de la réflexion, ces auteurs apportent un éclairage sur le temps, la société, la morale. Tout aussi inspirante qu'à sa naissance, la philosophie de la vie apporte encore aujourd'hui une clef de lecture de nos sociétés et de leurs enjeux.
Entre 1814 et 1914, la France s’invente et se déchire : de la chute de Napoléon à la veille de la Grande Guerre, ce siècle foisonnant voit naître la République, l’industrie, et les grands débats qui façonnent encore notre société.
Au grand siècle, le développement des académies des arts signifie non seulement une reconfiguration des mondes de l'art et du statut de ses acteurs, mais aussi un développement remarquable de la réflexion théorique sur les arts. Les artistes discutent de leur valeur respective, de leurs rapprochements possibles (doctrine de l'Ut pictura poesis), de leurs finalités (movere, docere, placere), de leurs moyens propres et de leurs problèmes spécifiques. Le XVIIIe siècle est marqué par l'invention décisive de la catégorie moderne de beaux-arts, qui rassemble dans un sous-ensemble inédit les arts visant le beau. Par ailleurs, sous l'effet de la nouvelle science et de l'épistémé qu'elle suppose, à la métaphysique du beau des anciens succède une manière moderne et toute sensible de penser la beauté, qui délie celle-ci du bien comme du vrai. L'invention du goût comme sens du beau en est la conséquence directe, et celle du sublime - qui accueille toute la transcendance perdue par la beauté -, sa conséquence indirecte. L'idée de génie possède aussi une place importante dans cette constellation neuve. À l'apparition des beaux-arts est liée celle de disciplines satellites : la critique d'art (Diderot), l'histoire de l'art (Winckelmann), et l'esthétique (Baumgarten).
Au Moyen Âge, les arts se déploient dans un univers mental très différent du nôtre, et selon des catégories (celles d'« arts mécaniques » et d'« arts libéraux », par exemple) et des formes (pensons aux genres théâtraux des « mystères » et des « miracles », ou bien au genre littéraire de l'hagiographie) qui pour nous sont insolites. La production picturale et sa réception sont marquée par les écrits de Plotin puis par la synthèse du néo-platonisme et de la pensée des Pères de l'Église. La querelle des images qui agite le monde byzantin au VIIIe siècle montre l'incidence des réflexions théologiques sur la production picturale et permet de comprendre les contraintes stylistiques de la peinture d'icônes. La Renaissance est non seulement marquée par des nouveautés stylistiques remarquables, mais aussi par des changements considérables dans la manière de penser ces pratiques (qui cessent d'être vues comme des arts mécaniques), leur enseignement (création des Académies), leurs acteurs (invention du mot « artiste »), et la production artistique de l'Antiquité (apparition des premières collections et débuts de l'histoire de l'art).
Le rapport du monde revêt un aspect nouveau dans la philosophie chrétienne du Moyen Âge par rapport à la philosophie antique païenne. Être créé n'a pas le même sens ni la même valeur que simplement être là ; c'est être déjà le résultat d'une intention et d'un projet. Selon la détermination épicurienne de l'Antiquité, le monde est un agrégat d'atomes qui résulte d'un jeu de forces naturel ; nulle intention d'une quelconque instance divine. Le monde est tout autre quand on le pense à partir de la notion de Création, et le dogme religieux de la Création prend un tour résolument philosophique quand on affronte le problème de la nature du réel. Habiter un monde ne revient pas seulement à se trouver face à des choses ; dans le cadre d'une pensée de la Création, c'est aussi s'insérer dans un projet divin, être au contact du sens profond des choses et, pour l'homme, trouver place parmi les créatures dans l'ordre de la Création.
D'un côté méprisé et taxé de toutes les fainéantises, de l'autre intellectualisé à l'extrême, l'art du siècle dernier a modifié tous les paradigmes : les codes ont éclaté, les artistes se sont multipliés et les oeuvres d'art elles-mêmes semblent avoir parfois disparu. Carole Talon-Hugon nous fait évoluer pas à pas dans une période plus ou moins mouvementée. De l'avant-garde dadaïste aux industries culturelles d'Adorno, les arts du XXe siècle marquent probablement l'un des moments les plus riches et les plus prolifiques de l'histoire de l'art.
Pourquoi le XIXe siècle a-t-il défendu « L'art pour l'art » ? Pourquoi la musique, la littérature ou la peinture furent-elles si soucieuses de formalisme ? Que signifia la création en 1863 du « Salon des refusés » ? Comment évolua le régime économique des arts plastiques ? Telles sont quelques-unes des questions dont traite cet ouvrage et auxquelles on ne peut répondre sans convoquer à la fois l'histoire des oeuvres, des artistes et des courants et celle des concepts mêmes d'« art » et d'« artiste ». Il analyse donc la production et la réception des oeuvres de la modernité en relation avec l'atmosphère théorique dans laquelle elles se déploient, et étudie notamment l'importance considérable qu'eurent sur le devenir de l'art le Romantisme allemand, la philosophie de Hegel et celle de Schopenhaueur.
Des présocratiques à Plotin en passant par Socrate, Platon, Aristote, Épicure et les stoïciens, Jean-François Mattéi nous convie à un voyage initiatique dans la philosophie antique. C'est à cette source que la raison occidentale se nourrit depuis des siècles. On y assiste à la naissance de la philosophie, de la physique, des mathématiques, de la politique : éblouissant feu d'artifice de la pensée comme l'histoire en a peu connu depuis lors, et qui continue de résonner dans les débats d'aujourd'hui. En fin pédagogue, Jean-François Mattéi construit des ponts entre hier et maintenant, fidèle à la formule qui fait le succès de la série « Une histoire personnelle de... ».
Lorsque Descartes fait de la connaissance de l'esprit humain la principale tâche de la philosophie, il lui applique l'idée moderne de la science comme connaissance certaine et évidente. Durant les 150 ans qui suivront, aucun penseur ne reniera cette étincelle cartésienne. Dans son sillage mais aussi contre elle, dans le ciel de la philosophie apparaît une constellation de penseurs de premier ordre : Pascal, Hobbes, Spinoza, Malebranche, Leibniz, Locke, Berkeley, Hume. La recherche philosophique accompagnant la « révolution scientifique » commencée avec Galilée s'engage alors dans « la voie des idées ».C'est donc sur cette voie que Pierre Guenancia nous entraîne, soulignant toujours dans les différences et les oppositions entre les philosophes la perspective épistémologique qui leur est commune : l'analyse de la connaissance doit précéder la connaissance des choses de l'univers, car ce n'est qu'à partir de nos idées que nous pouvons connaître les choses.
L'art ce ne sont pas que des oeuvres ; ce sont aussi des concepts pour les catégoriser, des catégories mentales pour les appréhender, des valeurs pour les juger. Aussi, l'« histoire de l'art » qu'on trouvera ici n'est pas une histoire des styles, mais l'histoire de cet ensemble indivis fait des oeuvres et des discours qui les accompagnent, et, plus globalement, de la vision du monde dans laquelle ceux-ci s'insèrent. Consacré à l'Antiquité grecque, cet ouvrage met au jour tout ce qui sépare notre manière contemporaine de penser l'art de celle des anciens, mais aussi tout ce qui les relie. En ressort un écart considérable entre une vision moderne qui conçoit l'art comme une activité autonome, dotée d'une valeur intrinsèque et constituant une fin en soi, et la conception antique d'un art fonctionnel, largement lié à la religion et soumis aux exigences de la cité. Il montre aussi comment cette très riche période contient des germes de critique et d'histoire de l'art, des réflexions philosophiques sur des sujets qui continuent à nous concerner (la nature du beau, le pouvoir des images, la censure, etc.) et nous a légué des concepts clés de l'esthétique (mimésis, catharsis, contemplation, etc.).1er volume d'une série de 4.
Un siècle a suffi pour transformer la France de la monarchie absolue en État constitutionnel. Lumières et révolutions (1715-1815) retrace cette métamorphose politique et intellectuelle.
Pierre Guenancia décrypte les quatre grands auteurs qui ont suivi la « voie de la conscience » au cours du XXe siècle, et dévoile ainsi ce courant souvent obscur et pourtant primordial qu'est la phénoménologie. Depuis Husserl jusqu'à Ricoeur, en passant par Sartre et Merleau-Ponty, le grand mouvement philosophique de l'époque contemporaine met l'intentionnalité, donc la libre conscience de l'homme, au coeur de ses considérations. Après la révolution des sciences sociales (objet d'une « Histoire personnelle » par Johann Michel), la phénoménologie signe la renaissance d'une philosophie conceptuelle qui va marquer en retour toute la culture européenne contemporaine.
Chantés dans les fêtes en l'honneur des dieux ou lors des banquets, entendus sur les gradins du théâtre ou sur l'agora, contemplés sur les murs des temples et sur les vases à boire, les mythes font partie du quotidien des Grecs. Zeus et les divinités de l'Olympe, Prométhée, Héraclès, OEdipe, Thésée, Hélène, Pandora, Ulysse, en sont quelques figures marquantes. Les récits mythiques, qu'ils soient connus par les textes ou par les images, participent à la construction de domaines aussi variés de l'expérience grecque que le panthéon polythéiste, les codes alimentaires, la division entre les sexes, le regard sur les âges de la vie et sur la mort, l'histoire des communautés.La richesse et le foisonnement des mythes sont suggérés ici dans un choix de thèmes qui peuvent répondre aussi aux questions d'aujourd'hui. La mythologie grecque est un univers qui, au-delà du plaisir que procure la découverte d'histoires fascinantes, permet d'entrer pas à pas dans le dédale d'une culture.
Alors que la philosophie s'est longtemps pensée comme « mère de toutes les sciences », les nouveaux champs de savoirs de l'époque moderne, soucieux désormais d'assurer leur autonomie scientifique, n'ont eu de cesse de contester cette position. C'est encore vrai à l'époque contemporaine où les sciences sociales ont cherché à ravir la place jadis occupée par la philosophie.Tel est le conflit que Johann Michel explore dans cet ouvrage à la fois original et novateur, dont tout l'enjeu est de mettre en lumière la manière dont, d'une part, les sciences sociales dérivent de courants fondateurs de la philosophie (positivisme, pragmatisme, phénoménologie....) et, d'autre part, les sciences sociales opposent leurs méthodes et leurs objets à ceux de la philosophie. Enfin, il s'agit d'en tirer la manière dont les sciences sociales et la philosophie peuvent chercher, sous certaines conditions, à se féconder mutuellement.
De 1750 à 1830, l'Europe traverse une époque d'intenses bouleversements politiques et sociaux. Entre ces deux dates, la Révolution française éclate comme un coup de tonnerre qui met à l'ordre du jour l'émancipation historique de l'humanité. Elle constitue un événement total : pour la première fois, la liberté devient, à la place de Dieu ou de la nature, le principal objet de la pensée, puisque la souveraineté du peuple et l'autonomie deviennent les horizons de la philosophie.De Rousseau, qui élève la liberté au rang de toute légitimité, à Hegel et aux idéalistes allemands pour qui l'esprit est liberté, en passant par Kant qui consacre le droit inaliénable des peuples à disposer d'eux-mêmes et fait de la liberté l'absolu à l'échelle de la finitude humaine, cet ouvrage revient sur les théories qui ont marqué cette période et continuent d'influencer notre histoire démocratique.
Recueil antique de livres divers, texte sacré dépositaire de la parole divine pour le judaïsme et le christianisme ou livre des livres pour les artistes et les écrivains, la Bible est tout cela en même temps.Elle est ici présentée de manière historique et vivante, sans cesse rapportée au contexte de notre culture contemporaine. Sa constitution progressive, sa transmission, l'extrême diversité des textes qui la composent, qu'il s'agisse des genres littéraires ou des thèmes, ainsi que sa place dans les grandes religions monothéistes sont analysées et éclairées. Les questions passées et présentes de son interprétation sont prises en compte, à la lumière que projettent les sciences historiques sur elle. Enfin, la Bible est étudiée comme objet littéraire, source majeure d'inspiration pour les écrivains, la politique ou le cinéma, dans une réflexion tout autant documentée que personnelle.
Pharaon, entre dieux et hommes : découvrez comment ces souverains ont façonné l’Égypte pendant trois millénaires. Jean Winand décrypte leur pouvoir, leur idéologie et leur héritage, bien au-delà des pyramides et des légendes.
Paris, 1789-1914 : comment la littérature française a-t-elle traversé révolutions, romantismes et avant-gardes ? Alain Viala décrypte les œuvres et les débats qui ont façonné notre culture moderne.
Du Grand Siècle aux Lumières, Alain Viala retrace l’épopée littéraire française à travers ses chefs-d’œuvre, ses débats et ses révolutions.
Du temps des cathédrales à l’humanisme de la Renaissance, ce premier volume retrace la naissance de la littérature française, de La Chanson de Roland aux Essais de Montaigne.
De la Grande Guerre à la mondialisation, Le siècle des bouleversements retrace les fractures et les mutations qui ont façonné la France contemporaine.
Comment une petite cité du Latium a-t-elle pu devenir souveraine du monde méditerranéen ? C'est avec une approche renouvelée de 1 400 ans d'histoire que sont données ici les raisons d'un succès. Au-delà du thème romantique de la décadence et de la chute des empires s'élabore un récit appelant quelques réflexions bienvenues pour notre monde contemporain en proie aux doutes.L'histoire des institutions de la cité-État de Rome, celle de la constitution de son empire territorial, le destin d'une citoyenneté et d'un droit largement diffusés au cours de l'histoire « européenne », les rapports entre les dieux et les hommes sont autant de destins partagés qui participent d'une aventure humaine commune, de part et d'autre des rivages de la Méditerranée.