VOIX ET REGARDS
«Un livre de fond qui éclaire l'actualité. Iran, la fin du totalitarisme? analyse le paradoxe d'un régime théocratique devenu totalitaire et qui, malgré une répression extrême, échoue à faire taire une contestation sociale récurrente. Pourquoi la société iranienne se soulève-t-elle périodiquement? Pourquoi ce pouvoir, pourtant rejeté par une très large majorité, ne s'est-il pas effondré de lui-même? Comment l'engagement militaire d'Israël et des États-Unis, à partir du 28 février 2026, bouleverse-t-il la donne? Farhad Khosrokhavar montre que la survie du régime reposait sur l'alliance entre le Guide suprême, Ali Khamenei, et le corps des Gardiens de la révolution, pilier d'un appareil répressif et d'une économie mafieuse fondée sur la rente pétrolière et l'appropriation de ressources hors contrôle étatique. Cette imbrication des intérêts idéologiques et économiques explique la violence durable de l'État et l'échec des révoltes. Y compris, peut-on craindre, après que le Guide suprême et nombre de dirigeants du régime aient été éliminés.» Michel Wieviorka, directeur de collection Farhad Khosrokhavar est sociologue, directeur d'études émérite à l'EHESS. Farhad Khosrokhavar est sociologue et professeur retraité à l'EHESS. Il travaille sur l'islam en France et plus généralement en Europe, notamment ses formes radicales, ainsi que sur les révolutions arabes de 2010-2011 et l'Iran contemporain. Il analyse depuis plusieurs décennies les rapports entre religion, pouvoir et société dans le monde musulman et en Europe. Il est l'auteur de Radicalisation (Maison des Sciences de l'Homme, 2014) et Revolt Against Theocracy (Polity Press, 2024).
«Mais il n'y a plus d'antisémites. La formule ironique de Max Horkheimer et Theodor W. Adorno évoque la situation d'après-guerre: celle d'un antisémitisme qui persiste tout en se niant lui-même et qui, progressivement, se recompose et opère sous des formes nouvelles. Cette anthologie réunit des textes fondamentaux sur l'antisémitisme contemporain issus de la recherche allemande et autrichienne. Inédits en français, ces écrits non seulement décryptent les continuités et les mutations de l'antisémitisme, tabou après la Shoah, mais analysent aussi ses rapports avec les racismes et les conflits de mémoire qui traversent aujourd'hui les sociétés occidentales. Alors que ces questions font l'objet de controverses très polarisées en France, les approches critiques germanophones y restent méconnues, même dans le champ académique. Croisant sociologie, philosophie et science politique, cet ouvrage dirigé par Bruno Quélennec et Salima Naït Ahmed vient combler un manque et devrait contribuer à renouveler les cadres d'analyse de la question antisémite en France.» Michel Wieviorka, directeur de collection Bruno Quélennec est historien des idées et maître de conférence en études germaniques à l'Université Paris 8. Salima Naït Ahmed est philosophe et politiste, actuellement chercheuse à l'Université de Fribourg en Suisse. Textes de Sina Arnold, Werner Bergmann, Floris Biskamp, Judith Coffey, Jasmin Dean, Rainer Erb, Thomas Haury, Klaus Holz, Uffa Jensen, Vivien Laumann, Urs Lindner, Bernd Marin, Rolf Pohl, Stefanie Schüler-Springorum, Yasemin Shooman, Karin Stgner et Jan Weyand. Salima Naït Ahmed, philosophe et politiste, docteure agrégée, étudie les liens entre antisémitisme et sexisme depuis les Lumières. Bruno Quélennec, germaniste et politiste, maître de conférences à Paris 8, est spécialiste de la théorie critique et de l'antisémitisme. Traducteurs : Laurent Cantagrel (biographie d'Adorno, 2019), Memphis Krickeberg (thèse sur antisémitisme et gauche, EHESS) Loïc Windels (Savoirs précaires, La Société des singularités) et Martine Sgard.
Le livre révèle un phénomène puissant mais invisible : la gouvernance par l'âge, cette logique qui distribue droits et devoirs selon l'âge civil, plutôt que selon les capacités, les besoins ou les choix des individus. Il démontre que ce mode de gouvernement constitue le coeur de la fabrique de l'âgisme : un système de discrimination à l'encontre de l'âge, comparable au racisme ou au sexisme. Il affirme que l'âgisme n'est pas qu'un préjugé sur le vieillissement, mais une structure de gouvernement inscrite au coeur des politiques publiques, notamment françaises. Grâce à une comparaison internationale (France, Japon, Europe), il met en lumière que certains pays ont su transformer l'allongement de la vie en ressource sociale, quand d'autres - dont la France - en ont fait un problème à gérer. Anne-Marie Guillemard est sociologue, spécialiste réputée internationalement des questions de longévité et de vieillissement, qu'elle traite en comparant les politiques publiques menées en Europe et au Japon et la manière dont elles répondent aux défis posés par la transition démographique et avec quelles conséquences inclusives ou stigmatisantes sur les populations vieillissantes.
« Et vous, d'où venez-vous ? » Combien de personnes noires, nées et vivant en France, entendent cette question au quotidien ? La réponse est simple : bien trop. Or, tant que cette population ne sera pas intégrée dans l'esprit collectif, comme faisant partie intégrante de la France, l'égalité sera impossible. Fort de ses rencontres, et de l'étude de la création du CRAN, l'auteur éclaire les débuts de la première fédération française dont l'objet est le racisme antinoir. L'ouvrage présente la situation actuelle des populations noires en France, fait des recommandations concrètes permettant des avancées quantifiables ainsi que des propositions à l'orée de la campagne présidentielle de 2027. Patrick Lozes est le fondateur du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) dont il est élu plusieurs fois président.
Comment la notion de race, très discutable sur le plan scientifique, a-t-elle pu transformer le monde de façon globale, entre les années 1850 et aujourd'hui ? Cet ouvrage analyse l'apparition de la notion au siècle des Lumières, et son utilisation politique au plan mondial à partir du milieu du 19e siècle jusqu'à nos jours. Une attention particulière est portée sur les années 1930, époque où la racialisation touche non seulement le nazisme et les fascismes, mais encore toutes les nations européennes, les empires coloniaux, les Amériques et le monde asiatique. L'auteur montre comment la modernité industrielle a réquisitionné la notion de race pour en faire un outil de domination, alors que les minorités s'en sont saisies pour tenter de résister à cette domination. Régis Meyran, anthropologue et sociologue, est docteur associé au laboratoire GSRL (Groupe Société, Religions, Laïcité) de l'EPHE.
La mondialisation économique et la construction européenne au lendemain de la Guerre froide semblaient promettre un avenir de paix inédit entre États. Avec cela, petit à petit, en France, de moins en moins de moyens ont été alloués à la diplomatie. Une remise en question de l'existence des diplomates a même été évoquée dans le cadre de la réforme de la fonction publique. Doit-on en conclure que le temps des diplomates appartient vraiment au passé ? Dans une ère, où la montée des extrêmes se fait partout sentir, où les codes des relations entre chefs d'états semblent bouleversés, le rôle des diplomates doit être mis en lumière et étudié, car ils seront peut-être de nouveau, dès demain, amenés à revenir sur le devant de la scène internationale. Alain Rouquié est un ancien ambassadeur de France.
Une évidence s'impose aujourd'hui au sein des discours : la gauche va mal. Ce livre veut dans une approche nouvelle et moins concentrée sur l'actualité, montrer le réel sens d'une politique de gauche. En s'intéressant à ses racines ainsi qu'à ses objectifs premiers, l'auteur veut montrer comment cette politique s'est transformée et en est arrivée-là, afin de donner ensuite des moyens, des idées pour qu'elle puisse renaître véritablement. Pour ce faire, la gauche doit envisager de nouvelles perspectives dans un paysage politique qui n'est plus celui de ses belles années et ne plus s'appuyer sur les thèmes classiques qui sont aujourd'hui ceux de presque tous les partis. Réinventer au lieu de recopier les mêmes idées. Ca n'est que comme ça que la gauche pourra se relever. Michel Wieviorka est sociologue, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales.
Plongez dans L’universalisme dans la tempête, un essai percutant où Michel Wieviorka et Régis Meyran analysent les défis contemporains de l’universalisme face au racisme, à l’antisémitisme et aux dérives identitaires.
La vieillesse, un naufrage, la fin de vie, un tabou ? Plus nécessairement. C'est un sujet qu'on aborde désormais dans la société civile ou à partir des sommets de l'État. L'approche peut-être délibérative : des citoyens réfléchissent tout en élevant leur propre niveau d'analyse (ex: Convention Citoyenne sur la Fin de Vie, la CCFV), ou engagée : la MGEN demande à ses militants de faire avancer ces dossiers, le Conseil National auto-proclamé de la Vieillesse (le CNaV) et autres associations ébauchent un mouvement de vieux. Démocratie, éthique, mobilisation : notre société apprend à mieux penser et affronter le vieillissement et la mort. Michel Wieviorka et Régis Meyran livrent ici le résultat d'une recherche parmi les mutualistes (MGEN), les « citoyens » (CCFV) et les « vieux » (CNaV). Régis Meyran est doctorant en anthropologie sociale et ethnologie. Il est à la fois chercheur associé au CANTHEL, éditeur et journaliste spécialisé dans les sciences sociales. Michel Wieviorka est un sociologue français et dirige la collection "Voix et regards" aux éditions de l'Aube.
Bien que l'armée française soit l'institution en laquelle les Français ont le plus confiance, elle reste tout à fait mystérieuse voire secrète pour la plupart des citoyens. Depuis le début de la guerre en Ukraine, des craintes sont nées : nos hommes vont-ils eux aussi devoir se battre ? Il n'en a jamais été véritablement question, pourtant la question demeure dans certains esprits, mettant ainsi l'armée au centre de bien des questionnements. Or, que sait-on vraiment d'elle ? Comment est-elle composée ? N'est-il pas étonnant qu'elle fonctionne selon des valeurs inverses à celles de notre société ? Ce livre est une plongée passionnante dans un continent inconnu peuplé d'hommes et de femmes terriblement humains. Alors que le monde plonge dans une guerre, ce livre est un indispensable. Anne Gotman est sociologue, auteure, directrice de recherche émérite au Centre de recherche sur les liens sociaux de l'université Paris Descartes et du CNRS.
La décolonisation et l'africanisme sont des sujets qui sont à nouveau sur le devant de la scène. Jean-Pierre Dozon, anthropologue, estime que nos savoirs actuels sont issus avant tout d'un élan scientifique majeur. Majeur de par les ambitions et les méthodes employées mais aussi de par la qualité des débats qui en sont nés. Ce grand moment scientifique n'a été possible que grâce à un certain contexte politique. En effet, la France et l'Afrique ont renforcé leurs liens, leur coopération, ce qui a permis aux chercheurs de mener des expériences sur le terrain essentielles. Cependant, il n'est pas question de tout idéaliser puisqu'à côté de cet essor, des critiques et réserves peuvent et doivent être menées envers cet africanisme. Finalement où en est-on et qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Jean-Pierre Dozon est anthropologue, directeur de recherches émérite IRD et directeur d'études émérite EHESS.
Qu'est-ce qui impudique ? Où se situe la limite morale dans la sexualité aux yeux de la juste ? Au terme d'une enquête pointue au sein des tribunaux français, l'auteur explore la notion juridique "d'outrage à la pudeur" pour dévoiler comment celle-ci est en fait un reflet des moeurs d'une société. Au fil des siècles, des milliers de personnes ont été condamnées pour ce fait, seulement, les pratiques jugées "déviantes" qu'ils pratiquaient ont surtout montré à quel point l'État, a pû contrôler et juger ce qui était immorale ou non. Retraçant et analysant à partir de 1810, ces différents cas, l'auteur chemine à travers les mondes de l'impudeur et dévoile à travers eux, ceux que l'État et sa justice ont voulu cibler, et qu'elles visent parfois encore. Régis Schlagdenhauffen est maître de conférences à l'EHESS et membre de l'Iris. Il est spécialisé dans les questions de genre, de sexualité et d'orientations sexuelles.