XXe siècle
A l'heure où les réflexes nationalistes bien souvent prennent le pas et où s'affiche un certain euroscepticisme se pose plus que jamais la question : quels enjeux pour l'Europe du XXIe siècle ? « Copyright Electre »
Le XXe siècle est celui où les femmes ont effectué une percée remarquable dans tous les domaines de la vie publique et privée. Travail, instruction, vote, capacité juridique, autorité parentale, contraception, avortement : tous les progrès réalisés n'ont pu l'être que par l'obstination des femmes à faire reconnaître leurs droits. Des suffragettes du début du siècle au mouvement féministe des années soixante-dix, l'histoire des conquêtes féminines est avant tout celle d'incessants combats, qui sont loin d'être achevés. Pourquoi les femmes n'occupent-elles qu'une place marginale dans la politique? Pourquoi l'une des plus anciennes revendications concernant le travail féminin - l'égalité des salaires - n'a-t-elle toujours pas été réalisée? Au-delà d'un modèle "occidental" d'émancipation féminine, comment se présente la condition des femmes, entre tradition et modernité, dans des pays comme la Tunisie, la Turquie, l'Iran, l'Algérie ou l'Inde?
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
La décennie qui suit la Première Guerre mondiale a été vécue par les contemporains comme une ère de bouleversement des moeurs, d'appétit de vivre, de modernisme. De Paris à Berlin, en passant par New York et Moscou, la vie culturelle est en ébullition : les surréalistes proclament la révolution de l'esprit, des artistes s'engagent dans la quête d'un nouvel art de vivre, le cinéma devient un septième art, la psychanalyse accède à la reconnaissance internationale ; sur les rythmes syncopés du jazz, la vieille Europe se découvre un modèle - l'Amérique -, tandis que l'expérience révolutionnaire soviétique fascine et inspire la réflexion de nombreux philosophes. Au-delà de cette frénésie créatrice, les années folles n'auraient-elles été qu'une illusion ? Tel un coup de tonnerre, le krach boursier de Wall Street, en octobre 1929, fait basculer le monde d'un après-guerre plein d'espoir à la crise annonciatrice d'un nouvel avant-guerre.
Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, RDA... Ces pays d'Europe centrale et orientale ont en commun d'avoir été libérés par l'U.R.S.S. à la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis satellisés pour constituer le bloc soviétique. Malgré la diversité de leur histoire, chacun d'eux voit s'installer au pouvoir un parti communiste qui, dans un premier temps, tente d'appliquer à la lettre le modèle soviétique. Mais, trop rigide, trop doctrinaire, la soviétisation sécrète elle-même ses anticorps : s'amorce alors la désoviétisation qui, au-delà des grandes crises (Berlin-1953, Budapest-1956, Prague-1968, la Pologne de Solidarnosc en 1980/81) va permettre aux régimes communistes de survivre plus de quarante ans, en s'adaptant aux réalités nationales. De sa constitution en 1945 à la drôle de révolution de 1989, l'histoire complexe du bloc soviétique offre autant de clés, pour comprendre la nouvelle donne du postcommunisme aujourd'hui.
La fin des clercs, l'automne des maîtres-penseurs, le glas des intellectuels : les commentateurs ont multiplié les formules pour stigmatiser la perte d'influence de l'intelligentsia dans la vie publique. Face à l'effondrement des idéologies, les intellectuels n'auraient-ils plus rien à proposer ? En partant de l'affaire Dreyfus, l'ouvrage se propose d'étudier l'influence des intellectuels sur l'événement et, donc, sur l'histoire de notre siècle. Il retrace cette évolution du pouvoir intellectuel à l'échelle de l'Europe, mais aussi des États-Unis (guerre froide, contestations des années soixante) et du tiers monde. Car, au moment où l'intellectuel occidental perd de sa superbe, c'est précisément en Amérique latine, en Chine ou en Afrique que la problématique de l'engagement semble se renouveler.
Quel a été le rôle des organisations syndicales dans l'évolution de la société française depuis un siècle ? Comment analyser la désyndicalisation contemporaine ? Ce livre propose de répondre à ces questions en partant d'un moment fondateur de l'histoire syndicale : le congrès de la CGT, à Amiens, en 1906. À travers l'histoire du syndicalisme français, c'est une autre histoire qui s'écrit, celle qui se joue dans la rue, dans les ateliers et les bureaux, dans des salles de meetings et de congrès et, depuis 1968, dans les grand-messes de la négociation collective. Cette histoire met en valeur d'incontestables succès mais aussi de retentissants échecs, qui se paient par une désaffection syndicale, dont les auteurs analysent ici les raisons et les motivations profondes.
XXe SIÈCLE SEUIL Par sa large audience, le cinéma constitue un témoignage privilégié des sensibilités populaires, des adhésions et des rejets politiques d'une époque donnée. Souvent, à l'insu du réalisateur, le film de fiction en dit plus que le documentaire. Le cinéma est aussi un des instruments d'élaboration des mémoires collectives : le film historique raconte le passé en le posant en concurrent effronté des agents " agréés " et institutionnels. À travers une centaine d'œuvres du cinéma occidental, l'auteur analyse les modes de représentations audiovisuelles des grandes questions qui ont animé et bouleversé le XXe siècle : la formation des démocraties, la déclaration de la Première Guerre mondiale, la naissance du communisme, l'avènement des crises économiques, la montée du fascisme et du nazisme, les affrontements de la Guerre froide et du colonialisme ainsi que la décolonisation...
A la suite de Maurice Bardèche, Paul Rassinier, Robert Faurisson, des hommes, remettant en cause l'authenticité de la Shoah, se sont prévalus du terme de révisionnistes ". Les historiens leur ont opposé – leur travail étant révisionniste par définition – le mot " négationniste ". Cette histoire est l'histoire d'un délire, mais, comme tout délire, bâti sur une démarche rationnelle. Cependant, derrière cette apparente folie interprétative, un des buts politiques ne tarde pas à se révéler : il s'agit, en France comme dans les autres pays où le négationnisme s'est répandu, de nier les fondements historiques de l'État israélien. Cet ouvrage retraceavec minutie la genèse d'une idéologie et ses variations dans le temps et dans l'espace. La soutenance d'une thèse d'histoire par l'auteur en est l'origine.
La guerre des deux France met face à face, depuis la fin du xix e siècle, deux communautés imaginaires, celle des citoyens, rêvée par la Révolution française ou la Troisième République, et celle des croyants, unifiée par l'Église. Choc frontal majeur, d'autant plus que la mobilisation nationaliste cherche sans cesse, et souvent avec succès, à se faire le porte-parole d'un monde catholique qui se sent menacé dans ses valeurs identitaires par une République tournée vers le rationalisme et l'universalisme. Au cri de " La France aux Français ! ", les nationalistes dénoncent en un même mouvement tant cette République considérée comme étrangère à l'âme française que ses alliés de toujours que sont à leurs yeux les protestants, les juifs, les franc-maçons et les " métèques " de toutes sortes, y compris, de nos jours, les musulmans. Du temps des ligues au mouvement lepéniste contemporain en passant par l'entre-deux-guerres ou Vichy, dans les villes comme dans les campagnes, éditorial ou roman-feuilleton, chanson ou tract, pure invective ou prétendue démonstration savante, les haines nationalistes martèlent sur divers registres leur refus de la République et leur rejet de l'Autre –celui qui partage d'autres valeurs –, transformé dans son propre pays en étranger inassimilable. La présente édition est enrichie d'une postface portant sur les années 1995-2005. Pierre Birnbaum est professeur émérite à l'université Paris I, membre de l'Institut universitaire de France et professeur associé à l'université Columbia.
La Corse est terre de tous les clichés : clientélisme, clanisme, violence endémique - comme si elle était à tout jamais assimilable à sa caricature. Pourtant, depuis les élections de 1898, la République triomphe dans l'"île de Beauté". En 1938, le "serment de Bastia" symbolise la vigueur du sentiment français. En septembre 1943, c'est en Corse que la IVe République, par la volonté des Corses, fait ses premiers pas. Le 6 juillet 2003, le résultat du référendum affirme la volonté des insulaires de vivre leur personnalité "dans le code national". C'est cette histoire républicaine de la Corse, occultée par les propagandes et les médias, que les auteurs ont voulu reconstruire, avec la rigueur de leur discipline historienne.
Les orphelins de saint Vincent de Paul, les pupilles de l'Assistance publique et les enfants de la DDASS incarnent le dénuement des petites victimes face à la dureté des hommes. Les figures du Petit Poucet et de Cosette, délaissés tout jeunes par leurs parents, peuplent notre imaginaire. Aujourd'hui, l'abandon d'enfants n'existe quasiment plus en France ; pourtant, au début du XIXe siècle, ce sont 30 000 nouveau-nés qui étaient recueillis chaque année par les hospices. Dans les villages où ils étaient placés, le quotidien des "bâtards" était bien souvent marqué par le froid, la faim, la maladie et la honte. Renouant avec l'optimisme de la Révolution française, la Troisième République a eu la volonté de mettre un terme à cette situation ; mais l'égalité des chances est restée un mirage. Cette ambition manquée engage l'historien à ressusciter un univers de filles-mères, de meneurs, de nourrices, de gratte-papier, qui tous vivaient de la circulation des enfants sans famille, cette industrie à la fois humanitaire et cruelle. En faisant entendre les voix qui vibrent dans les archives, Ni père ni mère tente de comprendre l'expérience du vivre-sans-parents, où se mêlent sentiment d'humiliation, solitude et liberté. Professeur d'histoire à l'université Paris XIII, il a notamment publié au Seuil, dans " La Librairie du XXIe siècle ", Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus (Prix du livre d'histoire du Sénat 2012), Laëtitia ou la fin des hommes (Prix Médicis 2016) et En camping-car (Prix Essais France Télévisions 2018).
La décennie est marquée par de Gaulle, le règlement du conflit algérien, la fin de la guerre froide, le déferlement de la nouvelle vague, l'embourbement vietnamien, la guerre éclair de Six Jours. Les jupes raccourcissent, les vacances rallongent, les hebdos font peau neuve. Salut les copains, hello les Beatles. Adieu les figures emblématiques de Kennedy, Martin Luther King, Che Guevara. Les murs ont la parole à Paris. A Prague entrent les chars russes. En France, à l'étranger, la vie des années soixante est ainsi faite de temps forts et de petits riens qui donnent la couleur de l'époque. Michel Winock, avec la précision de l'historien, la sensibilité du contemporain et la talent de l'écrivain, réordonne ces événements politiques, économiques, sociaux et culturels, sans les hiérarchiser ni les dessécher, mais en les redistribuant selon les thèmes qui les caractérisent aujourd'hui. Il les replace aussi dans une chronologie commentée qui fait de cette chronique des années soixante, diverse, vivante et alerte, un ouvrage de référence indispensable.
Les compromissions de l’Église catholique au temps de la Seconde Guerre mondiale, les silences de Pie XI, le soutien apporté par les évêques français au régime de Vichy, ont provoqué une abondante littérature. L’entreprise d’Étienne Fouilloux est de replacer ces épisodes brûlants dans une plus longue séquence chronologique – de 1937 à 1947 –, pour mieux saisir l’évolution profonde du monde catholique dans ses aspects religieux, culturels et sociopolitiques.Vingt années de travaux et de recherche permettent à l’auteur de faire l’état d’une question dot l’actualité est sans cesse réactivée ; d’éclairer des paradoxes ; de restituer le cas français dans la comparaison avec la situation romaine et avec d’autres contextes confessionnels ou nationaux.
Philippe Ariès, célèbre " historien du dimanche ", était aussi un journaliste du jeudi. De 1955 à 1966, il a participé à l'aventure de La Nation française, hebdomadaire qui regroupait derrière Pierre Boutang quelques héritiers de L'Action française. Ariès y tient une chronique du temps présent qui détonne au cœur des articles politiques du journal. Il se fait le sociologue, l'anthropologue, le peintre de la société où il vit, parlant des mœurs, des mentalités, de la littérature, de la religion, des rites, des coutumes, de la vie quotidienne... Jusqu'au jour où la guerre d'Algérie devient une guerre civile – dans laquelle Ariès ne veut pas manquer au devoir de solidarité. Mais il ne peut empêcher la sécession, qui voit les jusqu'auboutistes quitter La Nation française pour fonder un autre journal. Un auteur anticonformiste d'une chronique qui ne l'est pas moins.
Jean-Noël Jeanneney a publié dans le Monde, en juillet et août 1987, les chroniques qui forment la matière première de ce livre. L'idée de départ en est simple. Il s'agit de débusquer dans l'histoire des deux derniers siècles des similitudes méconnues avec nos conjonctures contemporaines, de faire surgir du passé des références inédites pour l'actualité française de nos années 1980, d'évoquer des événements et des querelles qui trouvent, par les temps qui courent, des résonances inattendues. Car les défaillances de la mémoire collective conduisent à exagérer d'ordinaire l'originalité de notre présent – qui est souvent moins neuf que ne le croient les commentateurs attentifs aux mouvements clinquants de l'instantané.
De grandes tragédies peuvent-elles avoir des causes simples ? Elles suscitent du moins des questions simples, comme si l'ampleur écrasante d'un événement appelait une explication taillée d'un bloc. Ces questions, il faut les affronter, en particulier quand elles portent sur le génocide des juifs d'Europe, une tragédie, s'il y en fut une, où se trouva mise en cause notre civilisation. Pourquoi l'Allemagne fut-elle le lieu de la tragédie, alors que l'aversion et l'hostilité envers les juifs étaient répandues dans toute l'Europe ? Pourquoi le préjugé antijuif est-il devenu, après 1933, une sorte de norme dans la société allemande, permettant au régime nazi de mener sa politique sans rencontrer d'obstacle sérieux ? Et pourquoi est-on allé jusqu'au massacre, alors que d'autres solutions étaient envisageables et furent appliquées ou examinées, d'un système d'apartheid à l'émigration forcée ou à la concentration sur un territoire excentré ?
Délinquant et homosexuel revendiqué, admirateur des grands criminels et des terroristes, Genet a toujours fasciné. Haï par la droite, encensé par Sartre, Foucault et Derrida, il s'est efforcé toute sa vie de subvertir la morale judéo-chrétienne occidentale. Aujourd'hui, le personnage de Genet est devenu un symbole de résistance à l'injustice et à l'oppression ; mais cette vision escamote totalement l'"autre Genet", le pupille de l'Assistance publique choyé par sa famille d'accueil, le déclassé aigri et antisémite que fascinent les crimes de la Milice et les camps de la mort nazis. Une nouvelle approche de Genet s'impose. L'étude de son dossier à l'Assistance publique, resté inédit à ce jour, et les parallèles entre son esthétique et l'idéal fasciste permettent de déconstruire les interprétations bien-pensantes. Fondée sur les travaux de Bourdieu, Ricoeur et Jauss, l'étude d'Ivan Jablonka est une tentative d'histoire-problème dans la tradition de l'école des Annales, mais rapportée au domaine de la littérature. Pour cette raison, Les Vérités inavouables de Jean Genet ne constituent pas seulement une biographie démystificatrice ; c'est aussi un essai sur l'un des plus grands auteurs contemporains, propre à éclairer son univers littéraire et plus généralement l'histoire culturelle de la France au XXe siècle.