Editions Chandeigne
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Raul Brandão livre un portrait impressionniste de la vie des pêcheurs le long du littoral portugais de Foz do Douro jusqu'à l'Algarve. La beauté et la grandeur des paysages font écho aux conditions de vie difficiles des « travailleurs de la mer », hommes et femmes. Brandão décrit par touches les variations de la lumière, le bleu du ciel, la mer, le brouillard, avec le regard du peintre et la sensibilité du poète. Ce texte est souvent considéré comme un des plus beaux textes littéraires du xxe siècle portugais. Brandão décrit plusieurs communautés de pêcheurs, telles que Caminha, Póvoa do Varzim, Leixões, Murtosa, Nazaré, Peniche, Sesimbra et Olhão. Romancier portugais (1867-1930), journaliste et dramaturge, influencé par le roman russe, il laisse des romans de facture très originale, emprunt d'une grande poésie et d'un humour indéniablement grinçant où il marie en précurseur l'absurde au rêve. Moderniste ayant marqué toute la littérature du XXe siècle, Raúl Brandão est le contemporain de James Joyce, Virginia Woolf, Franz Kafka et Fernando Pessoa dont il est précurseur. Il est l'auteur préféré de José Saramago.
Ce livre nous raconte l'histoire de deux personnages : José Viriato, un homme qui vit en récupérant des objets usagés dans les poubelles pour les remettre en état et les vendre, et sa voisine, la mystérieuse et fuyante Beatriz, surnommée "La tueuse"... Un héritage lié à une histoire d'amour malheureuse. Pour échapper à un passé difficile et ne plus avoir à se confronter aux autres, ces deux personnages choisissent de vivre seuls. La vie va les réunir: Beatriz, plus âgée, tombe malade et a besoin d'aide ; Viriato la lui apportera. Au fur et à mesure du récit chacun pénètre dans l'espace de l'autre, un appartement qui déborde de cartons scellés depuis des années pour Beatriz et un autre dans lequel les chiens sont rois pour Viriato. Isabela Figueiredo est née à Maputo en 1963 de parents portugais. Elle quitte le Mozambique au moment de l'indépendance du pays en 1975. Après des études de lettres elle devient professeur de portugais et journaliste. Son premier livre Carnet de mémoires coloniales, publié en septembre 2021 a reçu le Prix des lecteurs - Littératures européennes de Cognac 2022. Son deuxième, La Grosse, a été publié en septembre 2023, a reçu le prix Laure Bataillon 2024.
Maria Luisa est une femme, belle, intelligente, au caractère fort qui doit néanmoins se débattre depuis toujours avec sa condition. Elle est retornada, née dans une ex-colonie portugaise et en surpoids. Si son histoire peut être cachée, son poids, lui, n'en finit pas de l'encombrer et de marquer la distance entre elle et les autres. Prisonnière d'elle-même, son corps formate ses relations sociales, amicales et amoureuses. Depuis son adolescence, elle subit la tête haute. Son grand amour, passionnel et charnel, se mourra de honte et de conformisme. Sans larmoiement, ni victimisation, la narratrice dénonce le mépris et le manque de tolérance de la société tout en dévoilant ses mécanismes de défense, l'humour étant l'un d'eux. Un roman très riche à l'écriture incisive, crue et puissante. Isabela Figueiredo est née à Maputo en 1963 de parents portugais. Elle quitte le Mozambique au moment de l'indépendance du pays en 1975. Ses parents restent et elle vit seule avec sa grand-mère pendant une dizaine d'années au Portugal. Après des études de lettres elle devient professeur de portugais et journaliste. Son premier roman Carnet de mémoires coloniales a été publié en France en septembre 2021 et a reçu le Prix des lecteurs - Littératures européennes de Cognac 2022.
Mia Couto, auteur désormais bien connu du public français, revient au genre de ses débuts, la nouvelle. Des textes courts, espaces de création dans lesquels l'auteur excelle et révèle avec maestria son art de conteur. Si la toile de fond touche à l'actualité, la plume, elle, est toujours aussi poétique. L'auteur interroge les enjeux des sociétés contemporaines post-coloniales en posant les termes d'un dialogue entre leurs différentes composantes. Chaque parole, chaque être, chaque contexte est pris en considération. Au fil des nouvelles, se dévoile alors la complexité du Mozambique contemporain. Un pays monde, un pays de décalages. Avec tendresse et sensibilité, les singularités de chacun mises en exergue servent finalement à montrer notre unité. Mia Couto est aujourd'hui un des auteurs les plus reconnus de la langue portugaise. Ses activités de militant et de journaliste conjuguées à celles de biologiste traduisent une conscience politique et sociale et alimentent son oeuvre. Il se fait le passeur d'une culture multiforme où s'enchevêtrent l'homme, les dieux, et la nature. Son écriture prend tour à tour la forme du roman, de nouvelles, de chroniques et de poèmes déclinés dans une langue subtile, légère, novatrice, jamais dénuée d'humour.
Carnet de mémoires coloniales aborde de front une histoire peu contée au Portugal et bouscule de nombreux tabous. L'auteure, se remémorant son regard d'enfant, y met en avant et sans concessions aucunes, le racisme, la violence et le sexisme inhérents au système colonial. Dans Carnet de mémoires coloniales Isabela Figueiredo règle d'une certaine façon ses comptes avec son père. Ce récit biographique bouleversant permet sans aucun doute de créer des parallèles avec l'histoire coloniale française notamment. Isabela Figueiredo est née à Maputo en 1963 de parents portugais. Elle quitte le Mozambique au moment de l'indépendance du pays en 1975 pour le Portugal où elle vivra seule avec sa grand-mère pendant une dizaine d'années. Après des études de lettres elle devient professeure de portugais et journaliste. Elle écrit notamment pour le Jornal de Notícias.
Paul naît en 1905 à Kiev, grandit à Zurich, s'engage, après un bref séjour derrière les barreaux, dans une usine dans la Russie de Staline. Il traverse les montagnes de l'Altaï avant de donner des nouvelles depuis Tbilissi. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se terre dans une usine de salpêtre au Chili, puis réapparaît, sous un nouveau nom, en tant que mécanicien de la marine américaine. Qu'il sillonne l'océan Pacifique dans les années 1950 ou qu'il s'improvise marchand de biens à Anchorage, c'est la contemplation de la mer qui le console de la perte des liens et des racines. Sa vie, attentive au monde sensible, est ballotée par les soubresauts de l'histoire. Soutenu et protégé par son frère aîné, Paul aura traversé le 20e siècle comme un somnambule égaré dans un palais des glaces. Patrick Straumann est écrivain et journaliste. Il est né en Suisse et vit depuis de nombreuses années à Paris. Il a publié huit livres aux éditions Chandeigne, dont le passionnant Lisbonne, ville ouverte. Grand et fin lecteur, il est le responsable de La tribune des fictions à la Maison de l'Amérique Latine. La notion de frontière est sans cesse interrogée dans ses livres. Les personnages qu'il met en scène, la traversent pour se sauver, pour disparaître, ou encore, pour déserter.