Editions Lunatique
Que reste-t-il de nos premiers émois quand l’illusion s’efface ? Premier Amour revisite avec finesse et humour l’éternelle histoire de Paul et Valérie, deux amants persuadés d’inventer leur roman.
Entre Sarthe et Maroc, Sur la tête de ma mère raconte la vie crue, drôle et déchirante d’une mère anarchiste et de son fils, entre jurons d’antan et survie quotidienne.
Quoi de plus beau que l'amour d'une mère pour son enfant ? Titou est choyé, dorloté, adoré. Tout pour Titou. Il se sent pourtant complètement démuni face à cette mère trop aimante. Il étouffe, il n'en peut plus, cherche par tous les moyens à la pousser à bout ; qu'elle le lâche un peu, il est grand maintenant. Mais voilà, Titou et sa mère sont liés par un lourd secret, tapi dans le noir, à côté de la machine à laver, derrière la porte : l'autre, l'ahuri. Roman expurgé de toute narration classique, Tout pour Titou nous plonge sans ménagement au coeur des pensées intimes de chacun des protagonistes. Une exigence stylistique qui nous contraint à affronter tour à tour leur délire, leur colère, leur désarroi ou leur peur. Implacable et monstrueux, ce court récit n'en est pas moins d'une noirceur éblouissante.
Vingt ans, vingt longues années à se regarder vieillir tandis que demeure intact le souvenir d'Ulysse. S'emparant de la Pénélope d'Homère, Violaine Bérot comble les lacunes de l'Odyssée à son sujet pour dresser le portrait iconoclaste et sensuel d'une femme fière qui n'admet d'autre loi que celle de son fol espoir dans le retour de l'homme qu'elle aime. Pénélope, femme éprise et reine, s'obstine. Elle rendra heureux Ulysse. Pas moins que lui.ro
Sous le soleil éclatant, les corps se libèrent et les tabous s’effacent. Les étés de l’homme nu célèbre la douceur de vivre sans artifice, entre nature préservée et désirs furtifs.
Le recueil s'ouvre avec Je vis pédé : je dis pédé / parce que c'est ma vie / parce que ça salit / mais qu'on s'en fout / que ça suinte / que ça sente / et qu'on brille / comme des lucioles / des astres en feu / dans la nuit. Et les garçons, la nuit, s'envolent, en quête d'affection et de stupre. Mots âpres, crus et sauvages, pour dire l'incandescence des corps dans l'exaltation fiévreuse des nightclubs ; mots naïfs et sensuels pour décrire un « quality time » tendre et idéal (quelques promesses / après la baise / c'est bien). En somme, le recueil de Florian Bardou est une déclaration d'amour à la vie (Éros) et aux corps des hommes.
À l'aube de son supplice, Jehanne, 19 ans, brise le mythe : elle n'est ni sainte ni héroïne, mais une jeune fille enflammée par une passion interdite. Un monologue poignant, entre révolte et désir, qui redonne voix à la Pucelle d'Orléans.
Dialogue d'amant à amant, d'un vivant à un mort, d'un mort à un vivant. Qui est l'un, qui est l'autre ? D'autant plus difficile à dire quand confluent dans nos bouches gorgées d'herbe pourpre deux apories mêlées de temps et d'espaces. Il y a là la présence, que ravive la mémoire ; et il y a l'absence, pour l'éternité. Cependant que sur les souvenirs heureux et sensuels plane l'ombre de la douleur, la poésie érige objets du vivre au quotidien et paysages en allégories. De page en page sinue un chemin menant à l'apaisement, à une possible réconciliation avec la vie.
Plongez dans l’effervescence des nuits urbaines avec Clubs, un recueil de poésie où chaque mot danse au rythme du stroboscope.
« Il était une sorcière qui vivait dans une maison rouge, sur une colline bleue, sous un ciel jaune. Un jour, la sorcière, qui voulait être seule, entendit un bruit. Elle mit un pied dehors et vit alors Pingouin... » Pingouin et la Sorcière est le premier livre d'une série écrite et illustrée par Michael Knight (trad. Juliette Penblanc/ Michael Knight), qui raconte les aventures d'une sorcière et de son ami Pingouin. Des histoires simples, drôles et tendres, et surtout pleines d'humanité et de sagesse. Michael Knight est artiste peintre.
Fin observateur du monde qui l'entoure, Martin se pose beaucoup de questions, aussi, cherchant des explications à tout, élucubrant de savantes ratiocinations, scientifiques, mathématiques, logiques. Le monde de Martin est ainsi clair comme de l'eau de roche - cette même eau vive qui serpente dans le square, et dans laquelle se noient les beaux garçons. Un livre simple sur des choses compliquées.
Trémors est ce recueil de poésie qui secoue les cœurs et les consciences. Saïd Mohamed y déploie une écriture vibrante, entre colère et tendresse, pour célébrer l’amour, l’amitié et la quête d’identité.
Et puis viennent les femmes, Et puis viennent les hommes, y a-t-il un début à cette histoire ? Car il ne faut pas se fier aux apparences, il s'agit bien d'une seule et même histoire, qu'importe... l'histoire par laquelle on l'aborde. Le propos tient en peu de mots : la rencontre improbable de deux êtres, aussi effacés que farouches. Et Cyrille Latour, par la grâce d'une écriture pleine de cette poésie contemplative qui lui est propre, dote ces deux solitaires d'un passé encore prégnant et d'une sensibilité à fleur de peau. Est-il plus belle, plus palpitante histoire que celle de coeurs incertains, ballottés par la houle du grand large ? Le phrasé délicat, invitation à ne pas lire trop vite, lentement les pousse, elle et lui, l'un vers l'autre, jusqu'au méli-mélo médian de mots, tel deux mains tendues, qui s'agrippent, se harpent pour - il est permis de rêver - ne plus se lâcher. Ce qu'il et elle se diront par la suite importe peu : l'un par l'autre est advenu au monde, comme une re(con)naissance. Il aura suffi pour cela de la houle et d'un crayon.
« Un jour, Pingouin décida d'aller se promener. Il descendit la colline bleue jusqu'à l'endroit où le ciel jaune finissait et où commençait le ciel bleu. » Intriguée, la Sorcière suit Pingouin. Elle ne comprend pas pourquoi Pingouin regarde les nuages, pourquoi Pingouin écoute les oiseaux et le vent chanter dans les arbres, pourquoi Pingouin se laisse porter par les eaux de la rivière... Pingouin et la Sorcière et la saveur d'un jour fait suite à Pingouin et la Sorcière, premiers livres d'une série écrite et illustrée par Michael Knight (trad. Juliette Penblanc/Michael Knight), qui raconte les aventures d'une sorcière et de son ami Pingouin. Des histoires simples, drôles et tendres, et surtout pleines d'humanité et de sagesse. Michael Knight est artiste peintre.
Dix récits, en époques et lieux différents, où tremblent les destins des personnages, où les événements franchissent en transfuges les frontières de l'intérieur et de l'extérieur, où le réel et l'irréel sont poreux, où les vies s'écartent de ce qui semblait être leur trajectoire. « Il me reste un peu de temps pour glisser dans d'autres destinées. En route ! » Prix Boccace 2018
C'est une lettre que j'ai imaginée pendant des années sans jamais oser l'écrire - comme toutes ces lettres inachevées dont on se persuade que, une fois envoyées, elles solderaient tous les comptes passés. Le repas avec mes parents et la marche sous le ciel d'avril m'ont enfin décidé. C'est une chance à saisir. La dernière chance. Une lettre pour cet adolescent que j'ai croisé il y a près de trente ans et dont la photo, pour une raison qui me reste inconnue, a eu longtemps sa place dans l'album familial. J'avais six ans. J'ignore son nom. J'ignore son âge. Il était pubère. Je ne l'étais pas. Oublier ? Pardonner ? Surmonter ? Refouler ? Que peut faire Camille, avec deux « l » et un « e » - deuzéleu -, devenu adulte, pour survivre à ce qu'il s'est passé chez les B. ? Écrivain, il choisit d'écrire, pour témoigner. Sans rien épargner, sans rien excuser. Pour enfin être entendu de ceux qui ne l'ont pas écouté.
Plongée dans le monde fascinant des jeux de stratégie, Un pur hasard est avant tout l'histoire d'un homme, Paul Hébert, inventeur du jeu de pions, dont les règles s'inspirent des échecs, de l'Othello, des dames, du go et de tant d'autres encore. Mais voilà que ce maître absolu régnant sans partage depuis dix ans sur les 121 cases de son pionnier disparaît, laissant son plus grand admirateur et aussi ami fidèle - dans l'expectative. C'est alors qu'il le convoque dans la chambre d'hôtel où il se terre pour lui exposer les règles du nouveau jeu auquel il s'adonne sans relâche, un jeu où sa santé mentale est en jeu... L'argent ? Oui, le jeu lui avait permis d'en gagner beaucoup, mais il ne courait pas après. Pas plus après la gloire qu'il trouvait indécente. Il m'avait avoué un jour que le succès le gênait, qu'il trouvait les louanges bien exagérées, et s'étonnait qu'on puisse célébrer un homme qui avait pour seul mérite Sa maîtrise du jeu de pions était exceptionnelle. Il en avait été l'inspirateur, il en était devenu le maître absolu. En dix ans, personne n'était parvenu à le battre. Mais il ne manquait pas de transmettre sa connaissance et de confier les moindres subtilités du jeu. Il en avait décrit la complexité, partagé les analyses, bâti les théories et les méthodes, et avait favorisé son rayonnement.
Quarante-quatre ans après Dachau décède le grand-père de Céline Didier, Hippolyte. Elle a alors 12 1/2 ans. Elle en a 44 quand elle prend la plume et se plonge dans les souvenirs de résistant et de déporté d'Hippolyte. Ses souvenirs, il ne les a pas racontés, il les avait précieusement consignés dans un petit cahier qu'il a tenu secret et que Céline Didier découvre longtemps après. Vient alors le moment où elle est poussée par l'envie et la nécessité de remplir le devoir de mémoire que ses mots implorent. Et elle exauce son voeu à sa façon : introspective, intime et poétique.
Sous prétexte de disséquer les idées reçues - ce prêt-à-penser que tout un chacun, un jour ou l'autre, assène avec la même conviction enthousiaste des Bouvard et Pécuchet - sur la littérature contemporaine, Philippe Annocque nous offre un florilège d'observations et de réflexions enjouées et assurément très personnelles quand il s'agit d'évoquer ce qu'il est universellement admis. Le petit monde du livre est mis sens dessus dessous, voire à nu une fois percé à jour l'entregent qui régit le savoir-écrire, le savoir-éditer, le savoir-lire et, bientôt, grâce à Mon petit DIRELICON, le savoir-dire, pour briller en société (littéraire ou non). Car Philippe Annocque a puisé dans sa vie de lecteur avisé autant que dans son expérience d'écrivain avéré (« Personne qui écrit des livres. Hésiter sur le féminin. Préférer auteur. (Voir Auteur) »), pour concocter avec facétie et érudition ce « Petit Dictionnaire des Idées REçues sur la LIttérature CONtemporaine (mais quand même un peu à la manière de Flaubert) ».
Né d'un père juif et d'une mère non juive, j'étais, enfant, considéré comme juif par les non-Juifs, car je porte un nom juif, et non-juif par les Juifs : la religion juive se transmet par la mère. C'est sans doute pour mettre fin à cette contradiction que mon père a souhaité que je sois converti au judaïsme. Avec sincérité et humour, Benjamin Taïeb raconte en détail son immersion dans le judaïsme, afin de mieux nous faire comprendre ce qui, aujourd'hui, motive son choix d'en sortir. Fort réjouissant, cet ouvrage n'en est pas moins instructif et documenté.
Mon ami Junger se lit comme une version moderne de Jacques le Fataliste et son maître, de Diderot : multipliant les saynètes invraisemblables, avec les mêmes personnages centraux, le narrateur et [son] ami Junger, le roman fait voler en éclats les règles du genre pour imposer les siennes. Point d'action à proprement parler, mais une réflexion constante, maligne et déroutante, sur la société, ses dérives et ses travers. De lecture plaisante, Mon ami Junger n'offre pas moins un regard faussement naïf et finement avisé sur notre monde et nos choix de vie.
Une invitation à déjeuner s'affiche sur l'écran du mobile, et le fragile équilibre d'une vie de famille ordinaire menace de s'effondrer sous le poids des souvenirs. Les coups, les mots, qui n'épargnaient ni la fille ni le garçon, la colère du père, la passivité de la mère, et l'insupportable douleur d'une enfance brisée que la mort parfois tentait. Alors, elle fera comme la docteure l'a conseillé, lâcher l'affaire sinon elle va pas s'en sortir. Les poèmes ainsi s'égrènent, peignant par touches délicates un quotidien tristement oppressant, violent. Pas d'apitoiement cependant, ça a le cuir dur, un éléphant, quand bien même il se meut dans un magasin de porcelaine.
marche nage Vole suit une femme dans sa quête d'émancipation ; et Virginie Séba nous incite, tous·tes, à regarder sentir renifler goûter toucher entendre toutes les jolies choses de la vie, à en jouir, corps et âme, car c'est ainsi qu'on aime la vie. Elle nous souffle aussi que d'une chute, terrible, brutale, on se relève, qu'on le peut, qu'on le doit, pour aller de l'avant. Rythmé, généreux, poétique et inspirant, ce recueil est un vrai dopant pour tous celleux qui le lisent. Il encourage à aimer la vie jusque dans les petits riens que trop souvent on oublie, on ignore, à prendre des risques, à se bouger (à vélo dans les rues de Paris ! mais pas que), à rencontrer des gens, à satisfaire ses envies et à exaucer ses rêves - à vivre, tout simplement.
Léa vit seule, en marge de la société. Dans cette solitude volontaire, elle tente de se réapproprier son existence. Mais, le passé trop lourd fait retour, au gré des souvenirs épars et des événements auxquels elle se trouve confrontée. Captive d'une mémoire fragmentée, dans une exploration intérieure troublante, elle oscille entre présent et passé.
Qui ne connaît les Beatles ? Qui n'a jamais fredonné au moins un de leurs titres ? En dix ans seulement d'existence, les Beatles se sont imposés comme le groupe le plus populaire et le plus influent de l'histoire du rock. Par-delà leur musique et leurs expérimentations techniques, ils ont révolutionné la société de leur époque. Leurs chansons continuent d'être jouées et reprises dans le monde entier, et imprègnent encore la culture d'aujourd'hui. Y compris la littérature ! Il faut dire que leurs titres sont marrants et plutôt inspirants pour qui ne manque pas d'imagination : Octopus' Garden, The Fool On The Hill, Why Don't We Do It On The Road, Sitting On A Cornflake Waiting For The Van To Come... Marlene Tissot s'est amusée à composer sa playlist et nous prouve ainsi que Life is a Beatles' song.
Comme ce serait bientôt son anniversaire, le petit garçon de bientôt 5 ans voulut avoir son histoire de 5 ans. Il savait déjà écrire son prénom, et même son nom, il savait écrire les chiffres de 1 jusqu'à 10, et donc le chiffre 5 de ses presque 5 ans, et ce chiffre brillait plus que les autres, comme un beau caillou jaune au fond de l'eau. Mais jamais il n'arriverait à écrire à lui tout seul une histoire de garçon de 5 ans, et même de 4, de 3, ou de 2 ans. Comment faire ?
Elle n'a peut-être pas de nom, mais elle ne manque pas de personnalité. Difficile en effet d'oublier ses os pointus et ses mots affûtés de môme grandie trop vite dans un monde à vau-l'eau où règne le chacun pour soi, sur fond de béton et de tétons. Une écriture pleine de suaveur, désenchantée et toute en grâce, pour nous conter les aventures impur'diques d'une jolie blondinette au pays du réel. Comment vouloir marcher droit quand tout va de travers autour de soi ? Marlene Tissot tricote son intrigue six ans en arrière, trois ans en avant, pour mieux piéger le lecteur, captivé par ce récit haletant, féroce, plein d'une verve aussi brutale que poétique.
À l'instar de l'héroïne de Polenta-vodka, qui expérimente des recettes « à la recherche de saveurs nouvelles et de sensations inédites », Benoît Fourchard nous a mijoté un alléchant recueil, au bouquet généreux et dans lequel se reconnaissent tendresse de l'enfance, coup de théâtre, ironie du sort, nostalgie poignante, fantaisie légère, amour fou, gouaille désinvolte, et tant d'autres émotions, passions, déraisons, subtilement distillées au gré de... ses Humeurs. Parmi ces onze textes, plusieurs ont fait l'objet d'adaptation théâtrale, de mise en voix ou d'une première édition. Écrit pour le théâtre (et formant avec Cette chère Simone un dyptique, mis en scène avec la compagnie Les Fruits du Hasard en 2016), Quarante-huit fois est d'abord paru dans Le Cafard hérétique n° 9 (oct. 2017) avant d'être sélectionné par Outlier pour le recueil des 10 meilleures nouvelles 2018.
Léna Ellka est une conteuse. Une vraie. Qui se délecte des mots et régale ses lecteurs de formules légères et pimpantes, joliment troussées. Ce qui fait du Goût de la crêpe au chocolat un roman plein de fantaisie, écrit dans une langue dépourvue de la moindre affèterie stylistique - autant dire du bonheur ! Et le bonheur, c'est justement ce qui motive, à 500 ans d'écart, Jerk le Français et Luis l'Espagnol, qui nourrissent le même espoir que, « là-bas », la vie sera meilleure. Et tous deux de s'embarquer bien malgré eux dans des aventures picaresques qui les changeront à jamais. Car, si de prime abord Le Goût de la crêpe au chocolat se déguste comme une succession de situations toutes plus truculentes les unes que les autres, drainant des personnages secondaires hauts en couleurs, et débitées avec cette désinvolture de ton propre à l'auteure, ce n'en est pas moins un petit roman plein de sagesse. Ce n'est pas pour rien qu'un des personnages principaux se prénomme Socrates ! Le Goût de la crêpe au chocolat, c'est l'apprentissage d'une vie meilleure, oui. Mais pas pour les raisons qu'imaginaient les deux héros avant de fouler le sol de la République dominicaine. Et il faut lire ce délicieux roman pour connaître la recette du bonheur... au bon goût de chocolat.
À 28 ans, Charlotte s'est envolée pour le Cambodge, où elle a trouvé un emploi de journaliste. Une nouvelle vie s'ouvre alors à elle, pleine de saveurs et de sensations étonnantes, qu'elle consigne dans son carnet de voyage. Exploration des territoires et des peaux, tout est tentant et tout se tente quand le goût de l'aventure vous pousse à des milliers de kilomètres de chez vous. Las ! la liberté parfois se paie de larmes et de peur, de choix difficiles et d'inconsolables douleurs, qu'il faut affronter, endurer, surmonter pour être regagnée, cependant qu'à jamais le corps, le coeur et l'esprit sont marqués par une plaie sensible, ici suturée de mots pour panser l'impensable.
Natalie est une parturiente primipare de 44 ans, ce qui fait d'elle en langage médical une « grossesse gériatrique ». C'est sa pensée que l'on suit tout au long du travail, jusqu'à la césarienne, qui en sera le dénouement. Les actes médicaux et les sensations éprouvées appellent les souvenirs liés à la découverte du sexe, à l'enfance, à la relation aux hommes et au père de l'enfant à naître. Natalie n'a jamais voulu être mère et, en cet instant de vérité, s'en souvient plus que jamais.
PRÉ EN BULLES Une « aventure du libre écrire. En laissant l'orthographe, la syntaxe et tous ces trucs de maîtrise de la langue au placard, à l'heure des poèmes. Non que ces trucs ne nous tinssent pas à coeur ! Nous voulions juste qu'ils n'encombrassent pas l'écriture de chacun de l'appréhension de la fÔte et qu'ils n'inhibassent point le jaillissement spontané dans la prairie du verbe que nous souhaitions fertile. Et nous avons ainsi eu le privilège de regarder un écosystème de mots se développer tout au long de l'année. Des fleurs, des bulles, des papillons, des licornes. Mais pas seulement. Un regard sans fard sur la vie, sur la mort, et puis, en creux, dans les plis de la parole jeune et peut-être naïve (va croire !) des considérations sur la liberté. Ou son absence. La lucidité écologique sur le désastre en cours. Sur le temps qui passe et sa relativité. [...] C'est tout cela que nous vous restituons aujourd'hui. Une brassée de poèmes de mômes dans laquelle la main de l'adulte n'a pas mis le pied. » Angélique Condominas