Éditions du Canoë
Ecrit entre 1908 et 1910, Le Roman tchèque est le dernier grand inédit de l'immense écrivain Ladislav Klima, dont les Editions de la Différence avaient entamé les OEuvres complètes. Le livre s'ordonne autour de la contradiction entre philosophie vécue et vie philosophée. Les différents membres de la famille d'un député tchèque en campagne pour sa réelection au parlement autrichien dans les premières années du XXe siècle incarnent cette contradiction. Ce livre est d'un humour féroce et d'une surprenante actualité, par le spectacle que nous offre la scène politique d'aujourd'hui.
L'espion russe Von Stierlitz infiltré en Allemagne nazie doit déjouer le complot fomenté par des proches de Hitler qui tentent, sachant que la guerre est perdue pour l'Allemagne, de signer une paix séparée avec les Anglo-Américains dans le dos des Russes pour contrer la menace soviétique.
Après une première publication dans la NRF, en 2008 , ce texte consacré par l'auteur à son ami Pierre Soulages renaît à l'occasion du centenaire de ce dernier. Et de naissance, il est justement question. Comment un peintre naît-il à lui-même, à la fois père et fils de son oeuvre ? Quels contraires traversent la toile ? La création est-elle un retour à l'obscur ?
Avril 1921. Après trois ans de guerre civile, alors que la famine fait rage en Russie bolchévique, Lénine instaure une Nouvelle Politique Économique plus libérale (la NEP) et décide d'échapper au blocus général en échangeant diamants et bijoux du tsar et de l'aristocratie contre de la nourriture et des équipements. Devant négocier avec les bijoutiers détenteurs du marché à Paris, Londres ou Anvers, il est contraint de faire appel à des intermédiaires, bureaucrates au jeu trouble ou agents véreux. Il se heurte aussi à des émigrés de l'armée blanche aux abois qui veulent distraire les joyaux à leur profit. Un trafic juteux se met en place à Revel en Estonie. Maxime Issaïev, agent de la Tchéka et futur von Stierlitz infiltré en Allemagne nazie, est chargé de démanteler le réseau et d'arrêter les coupables. Cela le mène des bas-fonds de Moscou aux prisons estoniennes par des chemins semés d'espions internationaux et de voyous parfois au grand coeur. Éblouissante fresque de gentlemen cambrioleurs, de tueurs à gages et de révolutionnaires oeuvrant au grand rêve soviétique.
Fan de la première heure, Luc Lagarde se souvient du coup de foudre pour Bowie dans les années 70 et cherche à retrouver la magie des jours enfouis. S'agit-il de Bowie ou de l'auteur qui se découvre dans l'éblouissement des paillettes que le magicien lui a jeté à la figure, l'empêchant de voir et de se voir ? Ce récit est à la fois la biographie d'une star et l'autobiographie d'un moi définitivement disparu.
De l'Ecole des peintres à l'huile du Guangdong, Dong Baichuan rend compte d'un renouveau de la peinture à l'huile en Chine, importée et adaptée de la tradition occidentale.
Deux amis poètes, l'un professeur de littérature, Michel Chaillou, et l'autre de mathématiques, Jacques Roubaud, conversent sur la transmission des connaissances. La matière qu'ils enseignent comme leurs lectures sont très éloignées mais leur stratégie et leurs interrogations sont les mêmes : « Peut-on transmettre un savoir ? Enseigner quoi et à qui ? Si on note, qui note celui qui note ? ... » Empruntant pour leurs conversations l'identité de deux illustres devanciers, figures néanmoins oubliées, Balthazar Baro, secrétaire d'Honoré d'Urfé, poète de Valence, mort en 1650 pour Michel Chaillou et Arthur Cayley, algébriste célèbre, mort en 1895 à Cambridge, pour Jacques Roubaud, ils échangent leurs points de vue sur la plage d'Etretat. Au cours de ces entretiens qui se déroulèrent de 1992 à 1993 et furent publiés dans « Le Monde de l'Education » à l'initiative de Frédéric Gaussen, le lecteur reçoit les plus drôles et les plus jouissives réparties que les deux poètes érudits qui marchent et rêvent ensemble s'envoient, en se jouant de leur savoir et de leur langue. Une merveille !
À l'occasion du 75e anniversaire de la mort de Max Jacob au camp de Drancy, le 5 mars 2019, ultime hommage de Lina Lachgar, poète elle-même, et qui est aussi une des plus ferventes admiratrices et connaisseuses de l'oeuvre jacobienne.
Un traité esthétique dans la grande tradition des peintres lettrés chinois. Une révolution de la peinture au lavis vers utilisation de couleurs intenses.
De Hanoï à l'ancienne Saïgon, l'actuelle Ho-Chi-Minh-Ville, une traversée du passé au présent dans des villes et des paysages immémoriaux dont des pans ont échappé aux ravages des millions de litres de l'Agent Orange qu'ont déversé les Américains durant la sale guerre.
Evocation sous forme d'un récit biographique, entrecoupé de réflexions sur le temps présent, de la figure de Damiens qui fut accusé de régicide en 1757 sur le roi Louis XV et écartelé à Paris en place de Grèves.
Autodidacte dans l'exploration de la culture chinoise, le peintre et écrivain Claude Margat répond aux questions que lui pose Olivier Desgranges sur la peinture de paysage, la découverte de la nature et du véritable soi, ce que signifie le Dao, comment appréhender le temps qui n'existe pas, l'espace, vastitude illimitée et passage, ce que veut dire le "wu wei" ou le non-agir...
Carnets échelonnés entre 2012 et 2015 où le poète Michel Bulteau, qui fut le premier découvreur de Michel Huellebecq, nous livre sa "matière de poèmes". Deuils, nostalgies, réminiscences, lieux d'enfance, livres aimés, écrivains, peintres des deux côtés de l'Atlantique, musique rock, balisent son territoire intérieur d'où le poème surgit soudain.
Fiction onirique dans laquelle l'auteur imagine Lisbonne, sous l'effet de pluies diluviennes, quitter la terre ferme pour prendre le large au sein de l'océan Atlantique et rejoindre le rêve des grands navigateurs.
Les Improvisations sur Michel Butor sont le dernier volume de la série « Improvisations », nom que Michel Butor a donné à ses cours dispensés à l'Université de Genève. Après celles sur Flaubert, Balzac, Rimbaud, Michaux, ses collègues lui ont demandé de consacrer le dernier volume, avant son départ à la retraite, à son propre parcours en traitant les problèmes rencontrés par les écrivains français depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. C'est ainsi qu'ont vu le jour les Improvisations sur Michel Butor. Ce qui est fascinant, dans ce volume, c'est que Butor s'y exprime avec une grande simplicité sur sa trajectoire. Destiné à ses étudiants, il n'y a pas meilleure introduction à son oeuvre. Il y révèle ce qui a sous-tendu chacun de ses livres et quels en furent les degrés d'écriture. Publié aux Éditions de la Différence en 1993, repris dans le volume XI des OEuvres complètes, en 2010, puis dans la collection de poche « Minos » chez le même éditeur, en 2014, cette nouvelle édition, avec une préface de Nathalie Piégay, à l'occasion du centenaire de sa naissance, redonne vie au personnage fascinant qu'il était que la préfacière décrit si bien sans l'avoir connu : «Il faut l'imaginer entrer dans un auditoire de l'Université de Genève, dans le parc des Bastions, pour un cours sur Rimbaud, Flaubert, Michaux, dans sa salopette cousue par son épouse Marie-Jo qui l'a conduit en voiture depuis leur maison de l'autre côté de la frontière. Dans la poche un stylo Bic et parfois un mètre pliant en bois. Il a le trac, il l'a eu toute sa vie avant de commencer un cours.»
A travers 7 histoires où sont impliqués des photographes célèbres (Julia Margaret Cameron - grand tante de Virginia Woolf - Cartier Bresson, Doisneau, Gisèle Freund, Markus Hansen, Lartigue, Laurence Sudre), l'auteur s'attache à mettre en évidence la subjectivité du regard, le fait qu'il est une construction de l'esprit et que dans le partage collectif de cette expérience individuelle, il y a un espace où s'introduisent "la paranoïa", le délire, l'histoire fabulée, falsifiée, accréditée. Le regard partagé, collectif inscrit la vision qui fera autorité et s'imposera comme celle de la vérité.
Essai d'esthétique de philosophie et d'Histoire à partir de la phrase d'Adorno, devenue une formule magique, mondialement célèbre :"Écrire un poème après Auschwitz est barbare". Recontextualisation de cette phrase et décryptage des positions d'Adorno, d'Heidegger et de Celan.
Texte polémique écrit pour une conférence donnée aux États-Unis en 1993 à l'Université de Princeton qui dénonce les dégâts qu'opéra sur des générations d'architectes la vision réductrice de l'habitat que conceptualisa Le Corbusier dans les années 30 (habiter, travailler, se divertir et circuler)