Fédération pour l´édition de la Revue archéologique du Centre de la France
Les 41es Journées internationales de l'Association française d'Archéologie mérovingienne (AFAM) se sont tenues à Chartres entre le 29 septembre et le 2 octobre 2021, co-organisées par l'AFAM, la Ville de Chartres et Chartres métropole.Cette première escale de l'AFAM dans la région Centre-Val de Loire offrait l'occasion d'y faire se rencontrer les archéologues, les historiens et les spécialistes des mobiliers et des tissus pour aborder deux sujets majeurs de l'archéologie du haut Moyen Âge. Les recherches menées à l'échelle européenne (principalement en contexte funéraire, mais non uniquement) sur les textiles et autres matières organiques constitutives du vêtement et de la parure justifiaient un aperçu inédit des connaissances acquises récemment dans nos contrées. Plus localement, il convenait de présenter les nombreuses avancées liées au dynamisme de l'archéologie ces vingt dernières années en région Centre-Val de Loire concernant la ville, la campagne et les productions matérielles.L'ouvrage en deux volumes co-édités par la FERACF et l'AFAM traduit la richesse de ces 41es Journées avec 49 contributions rassemblées : 22 forment le volume 1 (consacré au thème international intitulé "Se vêtir au premier Moyen Âge" et accompagné de contributions portant sur l'actualité franco-belge de cette période) et 27 le volume 2 (dédié à l'archéologie des ve-xiie siècles en région Centre-Val de Loire).
Cet ouvrage rend compte de l'étude des terrasses occidentales de l'ancien monastère de Marmoutier situé sur la rive droite de la Loire, légèrement en amont de Tours. Les occupants du site, né de l'ermitage établi par saint Martin dans le dernier tiers du 4e siècle, ont tiré parti du coteau qui fut taillé en terrasses et creusé de cavités, relativement bien conservées dans la partie occidentale. Ce secteur vit la construction d'une chapelle partiellement troglodytique, accompagnée de tombes rupestres, dans le courant du haut Moyen Âge, chapelle largement reconstruite avant la fin du 12e siècle en lien avec le culte rendu aux Sept Dormants de Marmoutier, fondé sur une Vita légendaire. En associant fouille, relevés de bâti et recherches documentaires à partir d'une réédition des textes fondamentaux, l'étude suit les transformations de ce secteur du haut Moyen Âge aux restaurations post-révolutionnaires, révélant le rôle important de ce pôle de dévotion au Moyen Âge central dans la sacralisation croissante de l'enclos monastique.Daniel Morleghem, docteur en archéologie du Moyen Âge, a conduit la fouille des terrasses occidentales de Marmoutier, sous la direction d'Elisabeth Lorans, professeur d'archéologie médiévale à l'Université de Tours et membre de l'Institut universitaire de France. Jean-Hervé Foulon, maître de conférences HDR en Histoire médiévale à l'Université d'Aix-Marseille, spécialiste de l'Histoire de l'Église aux 11e-12e siècles, a contribué à ce volume par l'édition, la traduction et l'analyse des deux Vies des Sept-Dormants de Marmoutier, un travail conduit dans le cadre du programme franco-allemand Coenotur.
Les typo-chronologies sont utilisées fréquemment pour la datation des sépultures par les professionnels qui officient en archéologie funéraire. Elles concernent les éléments constitutifs des tombes : positions des défunts, contenants, rituels, aménagements et architectures funéraires de surface ou interne à la fosse. D'autres approches et méthodes y sont associées (radiocarbone, assemblages de mobilier, stratigraphie...).Les référentiels typo-chronologiques utilisés aujourd'hui sont parfois anciens et les avancées récentes de la recherche ont considérablement renouvelé la documentation en archéologie funéraire. Il a donc semblé nécessaire au Groupe d'Anthropologie et d'Archéologie Funéraire (Gaaf) de proposer de nouveaux référentiels en ce domaine à travers cet outil à destination des archéologues et des anthropologues. Il concerne les structures funéraires à inhumation, pour des périodes s'inscrivant dans un large horizon chronologique depuis la Préhistoire jusqu'à la période contemporaine. Cet ouvrage présente 46 articles, classés par grandes aires géographiques et issus des communications données lors de la 11e Rencontre du Gaaf, tenue à Tours du 3 au 5 juin 2019.
Cet ouvrage abondamment illustré présente une étude inédite des vestiges archéologiques découverts dans la Loire à Blois (Loir-et-Cher, Centre-Val de Loire), issus de recherches menées entre 2013 et 2025 dans le cadre d'un Projet collectif de recherche. Associé à un complément numérique (volume 2) conçu pour dialoguer avec ce volume imprimé (volume 1), l'ensemble met en valeur un patrimoine fluvial exceptionnel.Mené par une équipe pluridisciplinaire réunissant archéologues, historiens, spécialistes du mobilier et du paléoenvironnement, topographes et laboratoires d'analyses, ce travail renouvelle la compréhension du rapport entre la ville et son fleuve sur le temps long.Les travaux retracent l'évolution de huit franchissements sur deux millénaires. Ils révèlent des activités fluviales essentielles - pêche et navigation -, l'omniprésence des moulins et des aménagements majeurs - ports, grandes pêcheries et duits - qui ont durablement façonné le profil du fleuve et structuré la vie quotidienne des habitants de Blois.
Peut-être plus que n'importe quel type d'agglomération, la ville médiévale est fondamentalement liée à l'eau, qui y est omniprésente. Dans la forme et l'origine des quartiers, dans l'emplacement des lieux de pouvoir, dans les noms des rues, l'eau et ses traces marquent la ville. Même recouvert, même oublié, le cours d'eau reste présent, malgré tout. Ce volume réunit des articles consacrés à la place de l'eau dans une vingtaine de villes, chefs-lieux épiscopaux ou villes de rang intermédiaire pendant un long Moyen Âge, en Europe de l'Ouest, à une exception près. Fondées pour la plupart sur le croisement des sources textuelles et archéologiques, voire planimétriques, ces contributions montrent le nombre et la diversité des aménagements qu'exige la gestion de l'eau au sens large, qu'il s'agisse de l'approvisionnement en eau des quartiers ou de l'évacuation des eaux usées, de la canalisation des cours d'eau ou de leur franchissement, ou encore des activités artisanales appuyées sur son exploitation... Ces études de cas abordent également le rôle structurant de l'eau dans les agglomérations, en montrant la relation dialectique entre usages de l'eau et fabrique urbaine.
Cet ouvrage marque l'aboutissement de plusieurs années de recherche du Projet Collectif de Recherches AnTaReC (https://antarec.hypotheses.org/). Créé en 2015, il vise au développement de la recherche sur la fin de la période romaine pour l'ensemble de la région Centre-Val de Loire. C'est dans le cadre de la valorisation de ses travaux qu'il a accueilli les sixièmes journées de l'ATEG les 6, 7 et 8 décembre 2018 à Tours. Comme les précédents colloques ATEG, organisés tous les deux ans sous l'égide de l'Association pour l'Antiquité tardive en Gaule, il a souhaité engager un dialogue entre historiens et archéologues en interrogeant sources écrites et données archéologiques.Les 26 contributions (communications et posters) rassemblées dans ces actes et organisées autour de trois thèmes : mutations institutionnelles, culturelles et sociales, évolutions des villes et des territoires à la fin de l'Antiquité et économie et culture matérielle, offrent une vision renouvelée des connaissances sur la transition entre Antiquité et haut Moyen Âge (IIIe-VIIe siècles) pour une aire géographique située au coeur du territoire de la Gaule.Ces actes illustrent la richesse de la documentation pour cette période de transition, avec la présentation de données collectées grâce aux nombreuses fouilles archéologiques préventives et programmées récentes et la relecture de la documentation plus ancienne.