FeniXX réédition numérique (Complexe)
L'itinéraire de lecture proposé dans ce livre ne se veut qu'un prétexte. Certes, au passage, on découvrira en Sartre un théoricien du langage voire un romancier négligé par la critique jusqu'à aujourd'hui, sans doute jettera-t-on un regard neuf sur les options existentialistes et politiques de l'écrivain. L'essentiel toutefois réside dans le procès de l'épreuve. Au centre du volume : le pouvoir d'inquiétude d'une sémiologie qui, mise à la question, trahit les réversions du savoir. Passé le temps de l'hommage à ses mentors, la discipline dresse le bilan de ses investissements et s'interroge une nouvelle fois sur ses irrigations. La question que pose L'enjeu du discours confronte, derrière l'acte de lecture, ces héritages idéologiques qui ont nom rhétorique, poétique, sémantique ; elle s'en prend au-delà du contrat littéraire, au rapport parole/pensée, à la relation entre le langage, le monde social et le sujet. Soumise aux assauts de la psychanalyse, de la sociologie, de la philosophie, la sémiologie peut-elle s'ouvrir à l'univers extralinguistique sans abdiquer ? Il fallait, pour le savoir, démonter l'instigation du sens qu'est le discours, en dévoiler le jeu et l'enjeu, soumettre le propos sémiotique à son propre paradoxe, édifier en somme un modèle transitoire à son tour. Proposant une évaluation critique des théories les plus actuelles, la méthode aborde la plupart des grands problèmes soulevés par les développements récents des travaux sur la construction discursive du sens. L'ouvrage est donc accessible au public intéressé par la critique littéraire et philosophique - sartrienne au premier chef - mais également à tous ceux qui suivent les débats de la sémiologie moderne.
1992, à l’ombre de la chute du mur de Berlin : l’Europe centrale s’embrase sous les tensions nationalistes. Ce livre analyse, avec une lucidité rare, comment ces mouvements redessinent les frontières et menacent l’idéal démocratique.
Sans être « à part », la France est un pays difficile à appréhender. Une entité complexe, ondoyante et riche en paradoxes. Cette nature insaisissable, un caractère particulier du chauvinisme français nous permet justement de l'entrevoir. Il s'agit en effet d'un chauvinisme tourné vers le passé, rarement vers le présent et jamais vers l'avenir. Plus que de ce qu'ils font, les Français s'enorgueillissent de ce que leurs ancêtres ont fait. Quant à ce que leurs descendants pourraient faire, ils n'ont aucune confiance à cet égard. Tout se passe comme si, pour eux, le temps ne cessait de se détériorer. L'âge d'or, une fois pour toutes, est loin derrière. Quant au futur, il ne réserve rien de bon. Difficulté à voir l'avenir et nostalgie du passé : telles sont, en profondeur, les deux racines de leur vision du monde.
1997 marque la fin d’une époque : Hong Kong, joyau colonial britannique, retourne à la Chine. Entre espoirs démocratiques et craintes d’une absorption autoritaire.
Et si la démocratie se conjuguait vraiment au féminin ? La Société des femmes interroge notre modèle politique à travers le prisme des rapports entre femmes, du dialogue et du débat.
Et si le langage des femmes redessinait notre vision du monde ? Le Langage des femmes explore, à travers des textes fondateurs des Cahiers du Grif, la singularité de l’expression féminine entre corps, histoire et création.
Travailler, les femmes l'ont toujours fait, et sans limites. Aujourd'hui, c'est leur entrée égalitaire dans le travail professionnel salarié qu'elles revendiquent. Mais dans le même temps, avec d'autres, elles contestent la réduction de l'être humain à sa condition de producteur. Le chômage ou le renvoi au foyer n'est pas une réponse. C'est un nouveau rapport entre l'économique, le social et le privé qui est à trouver.
En février 1977 s'est tenu à Nice un colloque consacré à la prospective du développement en Afrique Noire. Il réunissait des personnes de bonne volonté, hommes d'action, chercheurs, enseignants venant de trois horizons géographiques différents : Sénégal, Israël, France. Tous avaient en commun une longue expérience des pays en voie de développement, soit pour y appartenir, soit pour y avoir longtemps vécu ou y vivre encore. Le point de départ de cette rencontre est né d'une préoccupation commune : les questions relatives aux déserts et aux ripostes de l'homme.
Et si le corps des femmes était le premier champ de bataille pour l’égalité ? Ce recueil des Cahiers du Grif rassemble des textes fondateurs sur la lutte pour la maîtrise de son propre corps, entre violences subies et revendications libératrices.
Les lettres qui composent ce recueil ont été écrites par des membres de Médecins sans frontières. Envoyées à leurs parents, amis ou autres proches, elles constituent un témoignage authentique irremplaçable de la vie des humanitaires en mission. Cette « récolte épistolaire » a pu être réalisée grâce à l'amitié et à la confiance accordées par les destinataires à Roger Job, photojournaliste qui, depuis 5 ans, accompagne les équipes de MSF sur les terrains vagues d'une histoire faite de guerres, de cataclysmes, d'exodes et de misères, du Liberia au Mozambique, du Tadjikistan au Nicaragua...
L'Allemagne a gagné la guerre froide : qui en douterait ? L'URSS est morte, la France et la Grande-Bretagne sont dépossédées de leur statut de vainqueur, les États-Unis, autre vainqueur, sont en retrait... L'Allemagne réunifiée, puissance centrale de l'Europe, règne sur ses monnaies et ses flux économiques. Pourtant le prix de la réunification se révèle chaque jour plus lourd. Pas seulement en termes économiques, mais aussi, et peut-être surtout, par les coups qu'elle a portés à ce fameux « modèle allemand » que la République fédérale avait su façonner, fait de démocratie, de dialogue social, de partage des pouvoirs. Une longue et difficile période de transition est ouverte. L'hégémonie allemande en Europe, fondée sur l'autorité du deutsche mark et sur la reconnaissance du modèle allemand, ne sera-t-elle qu'une hégémonie de la faiblesse ?
La guerre du Golfe a fait brusquement ressurgir le problème kurde au premier plan de l'actualité internationale. La tragédie de ce peuple dispersé entre plusieurs États date, on l'oublie souvent, de l'effondrement de l'Empire ottoman et des règlements imposés au Moyen-Orient par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale. Quels étaient les enjeux de ces règlements, et de quel poids particulier a pesé l'enjeu pétrolier ? Comment depuis lors la « question kurde » a-t-elle été traitée par l'Irak, l'Iran, la Turquie ? Enfin qui sont les Kurdes et comment cherchent-ils eux-mêmes à faire reconnaître leur identité ? Peut-on parler d'un nationalisme kurde ? Sur cette question complexe, les analyses rassemblées par Élizabeth Picard apportent le point de vue de l'historien, du juriste, du sociologue, du politiste. Elles éclairent le destin d'un peuple qui, depuis soixante-dix ans, tente de surmonter ses propres contradictions et revendique son autonomie. Elles soulignent aussi l'impact du problème kurde sur l'équilibre régional et international.
Plongez dans Négritude : traditions et développement de Guy Michaud, une analyse percutante des tensions entre tradition africaine et modernité.
1992 : l’Afrique du Sud se libère enfin du joug de l’apartheid. Mais comment reconstruire une société divisée par un demi-siècle de discrimination institutionnelle ?
Pourquoi le communisme résiste-t-il en Asie alors qu’il s’est effondré ailleurs ? Une analyse percutante des métamorphoses politiques et économiques de la Chine, du Vietnam et de la Corée du Nord, signée par un grand spécialiste de l’Asie.
Et si la maternité n’était plus un destin, mais un choix ? Les Enfants des femmes interroge la révolution silencieuse des rôles parentaux et la transmission d’un monde par celles qui le mettent au monde.
Par deux fois, en 1941 et 1991, la chute d'un régime politique s'est traduite, en Yougoslavie, par l'effondrement au moins provisoire de l'État. Rêvée par des intellectuels, surtout croates, la Yougoslavie a d'abord été réalisée par des Serbes après 1918, puis ressuscitée par une coalition multinationale de Communistes. Spécialiste de l'histoire yougoslave, Joseph Krulic montre, à la lumière de l'analyse historique - mais sans négliger la philosophie politique et l'étude des relations internationales - pourquoi la Yougoslavie n'a connu de stabilité que pendant sa période totalitaire (1945-1965). La libéralisation (1965-1985), puis la démocratisation (1989-1991), lui ont été fatales. L'analyse de l'antinomie entre démocratie politique et unité yougoslave, constitue l'originalité de ce livre.
Alors que l'Espagne contemporaine est entrée de plain-pied depuis 1978 dans le monde des démocraties, la situation troublée du Pays basque reste une énigme. Pourquoi l'ETA, cette organisation terroriste, continue-t-elle de lutter contre le pouvoir en Espagne ? Pourquoi la violence, alors que nombre de ses revendications sont devenues réalités sous le régime d'autonomie actuel ? La réponse se trouve probablement dans l'histoire de la construction de l'État espagnol, mais aussi dans celle du nationalisme basque surgi au XIXe siècle. Face à un centre castillan aux fondations incertaines, un mouvement de protestation dirigé par Sabino Arana, rattaché à l'origine au carlisme, a continué de résister à travers les régimes successifs. Divisé sur l'opportunité démocratique, le nationalisme basque est aujourd'hui engagé dans une lutte fratricide. Les modérés, défenseurs de la culture basque, intégrés au système politique espagnol qu'ils arbitrent souvent, sont favorables au projet européen. Les radicaux, dont les plus virulents ont choisi la voie terroriste, prônent une hypothétique indépendance contre un peuple basque attaché majoritairement à la démocratie. Quels sont les soutiens idéologiques, sociaux, politiques de cette stratégie qui permet à l'ETA de canaliser certains mécontentements en milieu urbain ? Face à son démantèlement policier actuel, l'organisation clandestine, elle-même divisée, tente de se maintenir. Peut-elle encore éviter la spirale terrorisme/répression ? Cet ouvrage recherche, à travers l'histoire et les formes sociopolitiques, les explications d'une brûlante actualité.
Lorsque Gorbatchev accède au pouvoir en 1985, il engage la réforme, contraint par la débâcle du système soviétique. Il est entendu que la Perestroïka doit rendre le système efficient. Cependant, le radicalisme de la réforme s'avère bientôt incompatible avec la préservation du système et la désintégration générale n'épargne plus aujourd'hui la composante soviétique la plus stable : l'armée. Dans cette vaste mutation, vers quoi l'Armée rouge glisse-t-elle aujourd'hui ? Les auteurs se sont efforcés pour chacune des cinq grandes composantes du système militaire (l'infrastructure, la pensée militaire, l'économie, le désarmement et les alliances) d'expliquer les mutations en cours à partir de l'histoire du régime et de l'évolution des structures. À travers cette approche globale de la machine militaire soviétique, l'ouvrage analyse en fin de compte la fin du communisme et la constitution d'un nouvel ordre international.
C'est un véritable génocide qui vient de s'accomplir au Rwanda. Tout au long des massacres, le monde a réagi de manière incohérente, abandonnant dans un premier temps les Tutsis, avant de se reprendre dans un sursaut humanitaire. Alain Destexhe n'explique cette réaction que par le refus de la communauté internationale de reconnaître la singularité de ce crime exceptionnel. Mais qu'est-ce qu'un génocide ? Depuis 1944, la définition de ce concept a souffert d'un détournement de sens, d'une banalisation qui l'ont fait invoquer à de multiples reprises. À travers une analyse minutieuse de sa spécificité, on comprend que l'extermination des Tutsis est le premier génocide incontestable depuis le fin de la Seconde Guerre mondiale. Soumis à des mesures discriminatoires puis à des violences et finalement à l'extermination systématique, les Tutsis ont subi la métamorphose d'une problématique de castes sociales en un problème racial. La méconnaissance de cette réalité explique sans doute l'inconséquente réaction de l'opinion internationale, qui doit aujourd'hui exiger la mise en place d'un tribunal d'exception. Car sans exigence de justice, le fantastique élan de solidarité de Goma n'aura servi à rien.
Après quelques mois à peine de sympathie, en 1978-1979, la révolution iranienne rassembla contre elle, dans l'opinion occidentale, une sorte de front uni de la répulsion et de la crainte. Depuis la mort de l'Imam Khomeini, les signaux que nous envoie la République islamique, d'apparence plus ambiguë, donnent lieu à des interprétations hésitantes : l'annonce d'une réforme décisive dans le sens de l'ouverture économique est suivie du rappel très officiel que Salman Rushdie est toujours condamné à mort... Qu'en est-il ? Loin des stéréotypes, ce livre nous montre de tout près une société iranienne en pleine mutation, un régime politique en proie à tous les aléas d'une lutte factionnelle féroce mais feutrée, et un État soucieux, après des années d'isolement, de reprendre la place qu'il a toujours ambitionnée dans une région dont il reste l'un des « poids lourds ».