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"Et aller au combat en vainqueur". Cette citation de Saint Paul ouvre le livre, que le Général Vanuxem a consacré à la seule grande victoire que le Corps expéditionnaire français a remportée en Indochine contre les divisions viets : Vinh Yenh. Mais l'âme de la victoire a été le Général de Lattre. Arrivé en Indochine à la fin de 1950, alors que tout semblait perdu, en quelques jours foudroyants, de Lattre a tout redressé, tout changé, tout assumé. Extraordinaire exemple, que celui d'un seul homme renversant une situation tragique par sa seule force d'âme. Le combat gagné, et la France et le monde reconnaissant ce changement du cours de l'Histoire, le destin n'épargnera pas le général vainqueur : son fils Bernard meurt en soldat dans cette Indochine que le père avait sauvée. Le général, frappé à mort, s'en va. Il s'éteint en métropole - devenu maréchal de France. L'Indochine est perdue. Vanuxem - l'un des "maréchaux" de De Lattre explique pourquoi, dans ce premier volet de ses "Mémoires d'un soldat".
Qui est-ce, Patrice Dumby ? D'abord, un garçon qui a eu vingt ans dans les années cinquante-soixante. Nonchalant mais obstiné, rêveur mais lucide, ironique toujours, tendre au fond comme une midinette, réfractaire à beaucoup de choses, notamment aux modes et à la sottise, libre et intransigeant tout ensemble, il se débrouille comme il peut dans une vie qu'il adore et un monde qu'il n'aime pas trop. Apprentissage, peut-être. Éducation sentimentale, sûrement. Il ne pense qu'à ça ! Ou, si l'on veut, une quête assez stendhalienne du bonheur. Avec une bizarre exigence d'absolu, il cherche la durée et trouve des instants. Un roman qui ressemble à un recueil de nouvelles. Un nouveau héros qui entre en scène. On le retrouvera prochainement dans d'autres aventures.
Je regarde vivre Dumby et, en même temps, je ressuscite son passé. Le temps du narrateur et celui de la narration progressent ensemble, mais à des vitesses différentes, si bien qu'en un certain point le second rattrape le premier. Pas pour longtemps : presque arrivé à destination, le train qui emportait mon personnage vers le bonheur, déraille. Du même coup, le roman, qui semblait devoir rouler jusqu'au bout sur des rails lisses et rectilignes, verse lui aussi dans le fossé au milieu des hurlements des victimes. De la dévotion de Dumby à la Bérénice d'avant, on ne dira pas même ce que Flaubert écrivait de Salammbô : « Le piédestal est trop grand pour la statue. » Il n'y avait jamais eu de statue. Rien qu'une poupée de carton. Restait à détruire - avec autant de minutie qu'il l'avait édifié - le socle inutile. Et à jeter au fumier cette dépouille, tout ce qui subsistera d'une des femmes les plus tendrement aimées - et admirées ! - de notre époque.
Qui se cache derrière : Bouc Errant et ses moutons sociaux, Coyote Rouge et ses chiens, Fabracien et ses lapins, Furax et ses loups, Saint Guy et ses chiens syndiqués, Canard Muet, Singe Savant, Charmeur des Masses, Chimpandès, Tarzanberg... et bien d'autres, vous le découvrirez dans tous ces « animaux malades de la politique ». Pour Pierre Dukan, notre monde est une jungle, où s'opposent deux catégories d'animaux, les Fauves et les Bêlants. Cette opposition naturelle explique la politique depuis ses origines. Les Fauves ont pris l'habitude de régner sur les Bêlants, mais la nouveauté de notre époque vient de ce que les Bêlants, confiants en leur nombre, tentent de renverser l'ordre établi et de gouverner à la place des Fauves. C'est le privilège du fabuliste de dépasser la simple conjoncture pour exprimer des vérités sempiternelles. Renard Destin et Bouc Errant font partie d'une histoire aussi vieille que le monde, et aussi jeune que le printemps 1978.
Charles VI se ruant sur son escorte dans la forêt du Mans, hurlant à la trahison et tuant quatre hommes, est l'une des scènes les plus célèbres de l'Histoire de France. C'est de ce jour que la folie du roi ne fait plus de doute, et qu'il gagne pour toujours son surnom de fou. La démence ne fait pas de doute, mais comment lui est-elle venue ? La majorité des auteurs se sont, jusqu'ici, accordés sur l'hérédité. Le sang des Valois, disent-ils, était chargé. Plusieurs ascendants de Charles VI, ont souffert avant lui de troubles mentaux. Cette hypothèse, facilement reçue, est pourtant beaucoup plus fragile que celle du docteur Jean-Claude Lemaire, toxicologue, médecin légiste, passionné d'histoire, auteur d'un ouvrage sur la chirurgie au Second Empire. Pour lui, l'hérédité est innocente : c'est le poison qui est coupable, ou plutôt un parti d'empoisonneurs de l'entourage immédiat du roi. Vingt ans durant, des mains criminelles l'intoxiquèrent à coup de poisons lents, l'amenant - de crise en crise - à la démence définitive. C'est ainsi qu'un roi plein de bon sens, a été peu à peu réduit à l'état de loque humaine, tantôt hurlante, tantôt prostrée. Les grands accès surgissaient invariablement lorsque le roi décidait de prendre lui-même les affaires en main, dans l'intérêt supérieur du royaume. Très supérieur à ceux des ducs de Bourgogne et d'Orléans, son oncle et son frère...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.