La fabrique éditions
La France vient-elle « du fond des âges » comme l'affirmait le général de Gaulle dans ses Mémoires ? Existe-t-il, autrement dit, une identité et des racines nationales immuables ? Au-delà des fantasmes et des manipulations, Jean-Paul Demoule, reprend le dossier à ses débuts, depuis l'arrivée des premiers humains sur notre sol, il y a un peu plus d'un million d'années. Au fil d'une douzaine de chapitres chronologiques, on verra ainsi que les chasseurs-cueilleurs sapiens européens, jadis venus d'Afrique, furent au néolithique assez rapidement « grand-remplacés » par des agriculteurs venus du Proche-Orient ; que les Gaulois n'ont pas toujours été « nos ancêtres » ou encore que le baptême de Clovis dans une Gaule officiellement chrétienne depuis plus d'un siècle fut un « non-événement » ; on verra que les frontières de « l'hexagone » ne cessèrent de fluctuer au gré des guerres et des conquêtes, puis des décolonisations, et comment affluèrent de nouveaux habitants, fuyant des régimes despotiques ou attirés par la révolution industrielle - laquelle allait peu à peu transformer les campagnes et dissoudre cultures et langues locales. Ainsi se dessinera peu à peu la trajectoire singulière d'un territoire où se sont succédé, en fascinantes mosaïques, sociétés, langues, productions matérielles, représentations du monde, religions, techniques, modes de vie. Et c'est nanti de ce riche bagage historique que chacune et chacun pourra s'interroger sur la façon dont elle ou il se sent française (ou français).
« Nous dressons nos campements de solutions durables. Nous manifestons, nous bloquons, nous adressons des listes de revendications à des ministres, nous nous enchaînons aux grilles, nous nous collons au bitume, nous manifestons à nouveau le lendemain. Nous sommes toujours parfaitement, impeccablement pacifiques. Nous sommes plus nombreux, incomparablement plus nombreux. Il y a maintenant un ton de désespoir dans nos voix ; nous parlons d'extinction et d'avenir annulé. Et pourtant, les affaires continuent tout à fait comme avant - business as usual. À quel moment nous déciderons-nous à passer au stade supérieur ? » Confrontant l'histoire des luttes passées à l'immense défi du réchauffement climatique, Andreas Malm interroge un précepte tenace du mouvement pour le climat : la non-violence et le respect de la propriété privée. Contre lui, il rappelle que les combats des suffragettes ou pour les droits civiques n'ont pas été gagnés sans perte ni fracas, et ravive une longue tradition de sabotage des infrastructures fossiles. La violence comporte des périls, mais le statu quo nous condamne. Nous devons apprendre à lutter dans un monde en feu.
1948, plus de 400 villages palestiniens rasés, un million de personnes expulsées : Le nettoyage ethnique de la Palestine révèle, archives à l’appui, la face cachée de la fondation d’Israël.
Et si le consentement n’était pas la solution miracle contre les violences sexuelles ? La doctrine du consentement interroge les limites d’une notion devenue centrale dans les débats féministes et juridiques.
Des hérétiques les plus célèbres du Moyen Âge, il ne reste rien, sauf les châteaux qu'on leur attribue à tort. Nous ne les connaissons qu'au travers de ce qu'en ont dit leurs détracteurs et leurs persécuteurs. Si ces écrits ne nous donnent aucun accès direct à la parole des cathares, ils révèlent en revanche une construction savante de l'ennemi, mise au service de la propagande pontificale et d'une croisade intérieure perpétuellement renouvelée. Car les cathares ont bel et bien été combattus avec âpreté par l'Église, parfois en collaboration avec les appareils d'État monarchiques, qui en firent un banc d'essai de leur souveraineté. Huit siècles aujourd'hui nous séparent de ces dissidents à qui l'on a longtemps prêté une religion ancienne venue d'Orient, mais qui, en réalité, supportaient de plus en plus mal le joug d'une Église toute-puissante et corrompue. Huit siècles de mythes, de falsifications, de récupérations que ce livre déjoue pour mieux rendre justice à ces milliers d'hommes et de femmes qui, du côté de Milan, Lyon, Toulouse ou Cologne, se trouvèrent pris dans les mailles du filet de l'Église et de l'État.
Et si le féminisme blanc ignorait les luttes des femmes racisées ? Un féminisme décolonial de Françoise Vergès dénonce un mouvement trop souvent complice du capitalisme et du racisme.
Et si les algorithmes, loin de nous libérer, nous enfermaient dans un monde plus injuste ? Les algorithmes contre la société révèle comment la CAF, France Travail ou Parcoursup utilisent le calcul pour contrôler, trier et précariser.
Et si la vraie liberté passait par le refus de s’assimiler ? Rester barbare de Louisa Yousfi transforme le stigmate en arme.
Et si la justice pouvait transformer les conflits plutôt que punir ? Faire justice interroge les dérives punitives dans les milieux militants et propose une alternative radicale : la justice transformatrice.
Longtemps on a voulu opposer deux familles du rap français : le rap conscient et le rap bling-bling, les lyricistes et les punchliners - la critique sociale ou le commercial, la poésie ou l'egotrip. Or, l'immense succès du rap de la dernière décennie est venu briser les carcans qui enfermaient cette musique. Ce livre est la chronique de l'explosion artistique qui a vu le rap s'imposer partout. Mehdi Maïzi retrace l'aventure d'un genre qui n'a cessé de passer d'un registre à l'autre, entre la nostalgie du boom bap et l'énergie de la trap, entre l'underground et le succès mondial. Face à une industrie qui encourage les artistes à calibrer leur musique selon la logique productiviste des plateformes d'écoute, il rappelle que la politique du rap ne réside pas tant dans ses textes ou ses publics mais dans son habileté à subvertir ses propres codes.
Et si le capitalisme reposait avant tout sur l’exploitation invisible des femmes ? Le capitalisme patriarcal de Silvia Federici révèle comment le travail domestique, éducatif et affectif, majoritairement assumé par les femmes.
Et si votre quotidien cachait des dangers invisibles ? La Grande détox du Dr Patrice Halimi révèle comment éviter les poisons qui nous entourent et agit pour votre santé au quotidien.
Et si la révolution venait des marges ? Beaufs et barbares propose une alliance inédite entre prolétaires blancs et non-blancs pour renverser l’ordre racial et capitaliste.
Années 1970, États-Unis : la démocratie devient un danger pour le capitalisme. La société ingouvernable révèle comment les élites ont réinventé l’art de gouverner pour mater les contestations sociales et imposer un libéralisme autoritaire.
Et si le simple fait de regarder était déjà un acte d'émancipation ? Le spectateur émancipé de Jacques Rancière renverse les idées reçues sur l'art, la politique et notre capacité à penser par nous-mêmes.
1946 : et si la Sécurité sociale n’était pas née d’un consensus, mais d’une lutte acharnée entre la Sociale et l’État social ? La bataille de la Sécu retrace deux siècles de conflits pour la santé, des mutuelles ouvrières à la pandémie.
Et si la démocratie était bien plus qu’un système politique ? La haine de la démocratie de Jacques Rancière déconstruit les préjugés contemporains et révèle comment l’idéal égalitaire, loin d’être un danger.
Et si la police ne protégeait pas, mais maintenait surtout un ordre inégalitaire ? *Que fait la police ?
La violence policière n’est pas un accident, mais le fruit d’un système. La domination policière de Mathieu Rigouste révèle comment l’État et le marché de la sécurité organisent la répression des quartiers populaires.
Et si le communisme n’était pas une utopie, mais la seule issue face à l’effondrement programmé de notre planète ?
Et si la vraie révolution n’était pas de tout détruire, mais de tout repenser ? Vivre sans ? interroge l’utopie d’une vie sans État, sans police, sans travail ni argent.
Et si le béton et les routes étaient les piliers invisibles de notre monde moderne ? Accumuler du béton, tracer des routes révèle comment, depuis l’après-guerre, ces infrastructures ont façonné nos paysages, nos économies et nos vies.
Angela Davis, icône des luttes antiracistes et féministes, livre ici un manifeste puissant pour une solidarité internationale sans frontières.
Et si l’art et la politique partageaient bien plus qu’on ne le croit ? La partage du sensible de Jacques Rancière explore comment les pratiques artistiques redéfinissent notre perception du monde et de la société.
Derrière le rêve spatial se cache une réalité bien moins glorieuse : des origines nazies aux dérives de l’astrocapitalisme, découvrez la face cachée d’une épopée qui façonne encore notre monde.
Quand l'État recule, la forme-Commune s'épanouit. Ce fut le cas à Paris en 1871 comme lors de ses apparitions ultérieures, en France et ailleurs, quand des travailleurs et travailleuses ordinaires prennent en main l'administration collective de leur vie quotidienne. Les batailles contemporaines contre l'accaparement et l'artificialisation des terres, de la zad de Notre-Dame-des-Landes au mouvement des Soulèvements de la terre, ont remis à l'ordre du jour des pratiques d'appropriation de l'espace qui transforment notre perception du passé récent. Les luttes paysannes des années 1960-1970, de la « Commune de Nantes », du Larzac ou de Sanrizuka au Japon apparaissent dès lors comme des combats déterminants de notre époque. Où s'inventent, dans la défense d'un territoire menacé par la construction d'une base militaire ou d'un énième aéroport, de nouvelles manières politiques d'habiter et de produire, hétérogènes à l'État et indifférentes à la logique destructrice du capital ; où se nouent des alliances singulières et des collaborations fructueuses qui laissent joyeusement entrevoir « la forme politique enfin trouvée de l'émancipation économique du travail ».
L'élévation des températures et la montée de l'extrême droite forment deux menaces chaque jour plus pressantes. Or leur combinaison est explosive. Ce livre est une première tentative de penser ensemble les deux phénomènes. Qu'ont dit, écrit et fait les partis nationalistes en matière d'écologie et de climat durant les deux dernières décennies ? Devant l'abondance de preuves scientifiques, ils ont nié le réchauffement et se sont placés en défenseurs de l'industrie fossile. Dans son ensemble, l'extrême droite abhorre les éoliennes, s'oppose aux accords climatiques et nourrit de théories conspirationnistes sa détestation des mouvements écologistes. Même quand elle se revendique d'un « nationalisme vert », ses positions restent en toutes circonstances déterminées par la défense du territoire et son obsession de l'immigration. L'état des lieux se double d'une fascinante enquête historique : dans les archives du fascisme classique, où les écrits de Marinetti et Jünger autant que les réalisations du Troisième Reich et de Mussolini témoignent d'une passion pour les énergies fossiles indissociable de leurs projets guerriers ; mais également au coeur de la civilisation occidentale où elles ont été une pierre angulaire de la domination blanche du monde moderne. Ce sont, disent les auteurs, ces articulations anciennes entre la race et l'énergie qui ressurgissent aujourd'hui dans une période de crise. Au point de faire émerger un fascisme fossile qui emploierait les moyens les plus brutaux à la préservation du statu quo ? Pour le Zetkin Collective, une chose est certaine : plus la Terre se réchauffe, plus la défense du climat et l'antifascisme tendent à ne former qu'un seul et même combat.
1789-1794 : cinq années qui ont bouleversé le monde. Une histoire de la Révolution française d’Éric Hazan redonne vie aux grands débats, aux espoirs et aux luttes du peuple, des assemblées aux rues de Paris.
Et si le féminisme et l'islam n’étaient pas antinomiques ? Féminismes islamiques de Zahra Ali révèle comment, de l’Égypte à la Malaisie, des croyantes repensent leur religion pour y puiser les ressources d’une émancipation à la fois spirituelle.
Et si le capitalisme moderne ne reposait plus sur la contrainte, mais sur la capture de nos désirs ? Capitalisme, désir et servitude déconstruit les mécanismes par lesquels le système économique transforme nos aspirations en servitude consentie.
Célie, transformée en vampire par Michal, doit affronter sa nouvelle existence et percer les mystères de la veille de la Toussaint.
Du delta du Nil aux cercles polaires, le constat est effrayant : la Terre se réchauffe dans des proportions qui nous mènent aujourd'hui au seuil de la catastrophe. Le concept d'Anthropocène, s'il a le mérite de nommer le problème, peine à identifier les coupables et s'empêtre dans le récit millénaire d'une humanité pyromane. Or si l'on veut comprendre le réchauffement climatique, ce ne sont pas les archives de « l'espèce humaine » qu'il faut sonder mais celles de l'Empire britannique, pour commencer. On y apprend par exemple que dans les années 1830 la vapeur était, aux mains des capitalistes anglais, un outil redoutable pour discipliner la force de travail et une arme de guerre impérialiste ; on y suit la progression fulgurante de la machine mise au point par James Watt qui supplante en quelques années la force hydraulique - pourtant abondante et moins chère - dans l'industrie textile anglaise. En puisant dans les sources de l'histoire sociale, ce livre raconte l'avènement du « capital fossile », ou comment la combustion ininterrompue de charbon a permis de repousser les limites de l'exploitation et du profit. Il faut couper la mèche qui brûle avant que l'étincelle n'atteigne la dynamite, écrivait Walter Benjamin dans un fragment célèbre, « Avertisseur d'incendie », où il insistait sur la nécessité d'en finir avec le capitalisme avant qu'il ne s'autodétruise et emporte tout avec lui. Pour Andreas Malm, on ne peut pas mieux dire l'urgence contemporaine de défaire l'économie fossile par des mesures révolutionnaires.