Nirvana
La notion de « réforme religieuse » renvoie à un fait religieux mais n'est pas une notion religieuse. Elle désigne plutôt un processus historico-socio-herméneutique. Une étude transversale et comparative des traditions religieuses montre que, pour les croyants, une réforme est l'expression de la potentialité inhérente d'une religion à se régénérer. Pour l'observateur scientifique, une réforme est le résultat d'une pression historique et sociale en vertu de laquelle les religions finissent par accepter des idées nouvelles sous couvert de retour à une essence présumée indéfectible ou à l'authenticité des textes sacrés. Un positionnement sur la foi ne peut être le préalable d'une recherche sur l'origine comme sur le devenir d'une religion. En conséquence, l'important ne consiste pas tant à discuter des motivations psychologiques d'une réforme qu'à montrer son caractère inéluctable dans tous les contextes, y compris bien sûr dans les contextes actuels de l'islam. À PROPOS DE L'AUTEUR Mohamed HADDAD est Docteur ès Lettres de la Sorbonne, Professeur de l'enseignement supérieur à l'Université de la Manouba puis à l'Université de Carthage, ancien vice doyen de la Faculté des Lettres de la Manouba, initiateur et directeur du Mastère des religions et des civilisations comparées fondée dans cette faculté en 2004, et titulaire de la Chaire Unesco des études comparatives des religions de 2004 à 2016. Il est l'auteur d'ouvrages de référence sur l'islam contemporain, le réformisme musulman et les réformes religieuses comparées. Il est engagé dans les débats qui traversent les sociétés musulmanes ainsi que dans le dialogue interreligieux. Récipiendaire du Prix de la Francophonie et de l'Alecso pour la traduction en sciences humaines et du Prix de la Foire internationale du Livre de Tunis en 2018.
Ce livre regroupe des re´flexions e´labore´es dans des contextes diffe´rents. Elles ont en commun le souci d'historiciser ce qui est souvent pre´sente´ comme des cate´gories consubstantielles de l'islam ou des traits essentiels d'une religion sans effet de l'histoire sur elle et sans rapport avec les re´alite´s des socie´te´s qui s'en re´clament et au sein desquelles elle est apparue et elle e´volue. Certains textes concernent la pe´riode classique, des de´buts de l'islam a` la fin de ce qui est pre´sente´ comme « l'a^ge d'or » de la civilisation arabo-musulmane ; d'autres portent plus sur la pe´riode contemporaine marque´e par des rapports contradictoires avec les e´volutions des temps modernes. Il ne s'agit pas d'une e´tude exhaustive des faits islamiques mais de re´flexions sur des questions particulie`res concernant tel ou tel aspect des re´alite´s passe´es et pre´sentes de l'islam. À PROPOS DE L'AUTEUR Professeur e´me´rite de l'Universite´ Lyon 2, Pre´sident du Haut-Conseil de Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies (responsable du Po^le « Religions, Paix et De´mocratie »), chercheur associe´ de plusieurs laboratoires et centres de recherches dont Triangle, UMR 5206, CNRS - Uni- versite´ de Lyon, l'ISERL, et IRMC. Auteur de travaux concernant l'e´tude compare´e des religions et des syste`mes politiques, la gestion de la diversite´ culturelle et religieuse, la se´cularisation et la lai¨cite´, les droits humains, l'histoire des ide´es politiques et religieuses, dont : Pour en finir avec l'exception islamique, E´ditions Nirvana, Tunis 2017, Al-'almana wa'l-'alma^niyya fi^'l-fadha^'a^t al-isla^miyya (Se´cularisation et lai¨cite´ dans les espaces musulmans), Da^r al-Tanweer, Beyrouth2017, Religion et de´mocratisation en Me´diterrane´e, E´ditions Riveneuve, Paris 2015/ Nirvana, Tunis 2016, Le politique et le religieux dans le champ islamique, Fayard, Paris 2005, Islamisme, Lai¨cite´ et droits humains, Amal E´ditions, Tunis, 2012 (l'Hamattan, Paris, 1992), Les voies de l'islam, approche lai¨que des faits islamiques, Le Cerf, Besanc¸on/Paris, 1996, et d'un livre autobiographique : Prison et liberte´, Mots Passants, Tunis, 2015, Nirvana, 2019.
C'est d'un terreau retourné par les secousses de l'histoire, individuelle et collective, que naissent les diverses pousses de cet ouvrage. Son coeur battant est un ensemble de témoignages recueillis directement, prenant en compte les déterminations historiques et sociales de la production d'un symptôme. D'où les multiples allers et retours sur l'histoire des villes dont sont issus les harraga et les jihadistes, sur celle de leur pays, sur les politiques de frontiérisation aujourd'hui appliquées par la plupart des Etats, sur les multiples dispositifs mis en place pour réguler voire réprimer leur errance et les passages à l'acte tragique qui la ponctuent. ?À PROPOS DE L'AUTEUR Wael Garnaoui est docteur en psychanalyse et psychopathologie de l'université de Paris, psychologue clinicien et diplômé en sciences politiques de l'Université Paris Dauphine. Il a notamment enseigné la sociologie à l'Université du Havre Normandie. Il a fondé en 2013 l'association Psychologues Solidaires et en 2021 un groupe de recherche sur les études des frontières (Border Studies Research Group) à l'université de Sousse où il a enseigné l'anthropologie.
Comment peut-on écrire, à main levée, la chronique d'événements dont on était témoin alors que leurs aboutissements sont toujours inachevés ? L'auteur prend son courage à deux mains pour raconter ici son périple à travers les pays arabes secoués par un mouvement de protestation populaire. Il accompagne des Tunisiens goûtant à la liberté, au lendemain du départ de Zine El Abidine Ben Ali, décrit la chute de Raqqa, en Syrie, révèle la machine de propagande d'Al-Qaida suite à la découverte de documents dans un camp délaissé au Yémen. Il assiste au coup d'État en Égypte et observe de près les déchirements de la Libye. Ce journal a été écrit dans des chambres d'hôtels, des maisons de fortune, à bord d'un vol ou sur le chemin de retour d'un terrain hostile, le tout sur le vif avant de prendre sa forme finale, dix ans après le déclenchement de ce qui a été communément appelé «Printemps arabe». ?À PROPOS DE L'AUTEUR Bassam Bounenni a été parmi les rares journalistes à couvrir l'essentiel des révolutions arabes. Après des études en journalisme, en Tunisie, puis, en géopolitique, en France, il a travaillé pour les chaînes Al Jazeera, Sky News Arabia et BBC.
Et si la liberté spirituelle était au cœur du message coranique ? Dieu est amour de Mohamed Talbi propose une lecture révolutionnaire du Coran, libérée des carcans traditionnels et centrée sur l'essentiel.
Découvrez l’épopée méconnue des beys de Tunis : 250 ans de pouvoir, de réformes et de luttes sous la dynastie husseinite, de 1705 à 1957.
Entre les dunes du Sahara et les ruelles de Tunis, Aventure tunisienne vous entraîne dans une quête initiatique où chaque rencontre bouleverse le destin.
Ce livre revient sur les activités, les figures, les tendances et les parcours artistiques en Tunisie entre 1881 et 1981. L'auteure expose les phases par lesquelles se constituent des voies de circulation, s'élaborent des cadres d'apprentissage et naissent des lieux d'exposition. En réalisant ce travail, Alia Nakhli enrichit les entrées dans l'histoire culturelle contemporaine de la Tunisie. L'auteure met à plat une documentation (articles de revues, catalogues, ouvrages), des photos et des reproductions (provenant d'archives privées et publiques) qui parlent aux lecteurs et lectrices désirant comprendre la genèse d'un secteur qui prend forme à partir de la fin du XIXème siècle. Elle rassemble des informations et des données qui tracent une vue d'ensemble sur l'évolution du contexte intellectuel et artistique tunisien tout au long d'un siècle riche en événements et en mutations. [...] Alia Nakhli ouvre de multiples pistes de réflexion et de travail sur l'histoire contemporaine de la Tunisie. Son ouvrage pose des éléments pour des recherches sur les pratiques sociales autour de l'art et sur les aspects politiques et matériels de la culture artistique. À PROPOS DE L'AUTRICE Alia Nakhli, historienne d'art, enseigne à l'École supérieure des sciences et technologies du design (ESSTED), à l'Université de la Manouba. Boursière d'excellence de l'État tunisien, en 2000, elle a poursuivi des études en histoire de l'art à l'Université de Strasbourg et a fait sa thèse de doctorat à l'Université Paris Nanterre. Ses recherches portent sur l'histoire des arts visuels, en Tunisie, du XIXe au XXIe siècles. Elle s'est également intéressée à l'histoire de l'art dans le monde arabe, au XXe siècle, à travers l'histoire de l'Union générale des artistes plasticiens arabes.
La re´volution avait pour promesse le passage d'un re´gime autoritaire vers la de´mocratie et l'instauration d'une nouvelle vie politique fonde´e sur la liberte´, l'e´galite´ et les valeurs humaines universelles. La transition politique a e´choue´ a` institutionnaliser la de´mocratie et a` assurer le bien-e^tre social et la croissance e´conomique. Elle a e´galement failli a` une autre de ses promesses fondatrices : pacifier la vie politique. L'ouvrage analyse comment les me´dias, les re´seaux so- ciaux et la communication politique ont participe´ a` l'hyper-conflictualisation de la socie´te´ tunisienne, a` la brutalisation de la politique et favorise´ la forma- tion d'une opinion publique populiste hostile a` la de´mocratie. S'appuyant sur les apports des sciences de la communication et des sciences politiques, l'ouvrage s'inte´resse aux questions de l'opinion, de la me´diatisation de la politique, de la de´sinformation et de la sphe`re publique. ?À PROPOS DE L'AUTEUR Titulaire d'un doctorat en Sciences de l'information et de la communication de l'Universite´ Stendhal - Grenoble III et exerce en tant que Professeur de l'enseignement supe´rieur au de´partement de journalisme de l'Institut de Presse et des Sciences de l'Information (IPSI), a` l'Universite´ de la Manouba (Tunisie). Auparavant, il a enseigne´ de 2007 a` 2013 au « College of Communication » de l'Universite´ de Sharjah aux E´mirats Arabes Unis. Actuellement, il dirige l'Institut de Presse et des Sciences de l'Information (IPSI) et a pre´ce´demment assume´ la direction du Centre Africain de Perfec- tionnement des Journalistes et des Communicateurs (CAPJC).
La maternite´ ce´libataire re´fe`re en Tunisie au tabou, a` l'interdit, au de´viant. Elle est perc¸ue comme une infraction aux normes sociales du mariage et de la conjugalite´. A` partir d'entretiens et d'observations, l'auteure ce`de la parole aux me`res ce´libataires. Elle nous plonge au coeur de leur ve´cu : la honte et la solitude, une maternite´ assume´e ou refuse´e, la famille entre rejet et acceptation. La relation ine´gale au partenaire (de vie, occasionnel ou violeur, voire inconnu) y est de´taille´e : re´action a` l'annonce de la grossesse, de´ni ou rupture, abandon le plus souvent. Puis suit la prise en charge institutionnelle : les ste´re´otypes du « cas social », l'impossible filiation extra-conjugale, la pre´vention d'abandon de l'enfant, l'action associative et la reconnaissance citoyenne. Le lecteur de´couvrira dans cet ouvrage non seulement des histoires de vie ignore´es et e´mouvantes, mais aussi une interrogation anthropologique sur la maternite´ ce´libataire confronte´e a` la sexualite´ socialement « admise » et a` la filiation dite le´gitime. À PROPOS DE L'AUTRICE? Titulaire d'un master de recherche en E´tudes africaines de la FLSH (Faculte´ des lettres et sciences humaines) de l'Universite´ de Sousse. Elle travaille en tant que caseworker a` l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM, Tunis). Ses centres d'inte´re^ts sont la migration, la sexualite´ non normative et la maternite´.
Ce livre porte un regard franc sur l'ordre des genres dans la tradition arabo-islamique. Il dément plusieurs thèses longtemps dominantes (et qui le sont encore), dont le binarisme sexuel, l'égalitarisme prétendu de l'Islam, symbolisé par le slogan « l'Islam a honoré la femme », le fatalisme de la socialisation liée au genre et la réduction au religieux d'une civilisation qui a pourtant cultivé la science, l'amour, les belles-lettres et l'art de vivre. Il est mu par une éthique de la vérité, qui n'est pas séparable de la psychanalyse, angle de prise de vue principal de cet ouvrage. Une sorte d'obligation de mémoire élargie double cette éthique de la psychanalyse en la dotant d'une dimension politique.? À PROPOS DE L'AUTRICE? Auteure de plusieurs livres, dont une thèse sur l'amour dans la tradition arabe, Raja Ben Slama est Professeure à l'Université de la Manouba et psychanalyste. Elle est depuis 2015 directrice générale de la Bibliothèque nationale de Tunisie.
Ce livre a pour objectif de contribuer a` l'e´tude de la situation et du statut de la philosophie dans les pays du monde musulman. Il essaie de mettre en lumie`re les grandes orientations de la chose philosophique, son e´volution et les faiblesses qui surgissent dans sa pratique, au niveau de l'e´ducation et dans la socie´te´ civile. Mais en me^me temps, il trace et e´labore des sce´narii de de´passement de ces faiblesses. Il ouvre le champ a` des voies de de´veloppement de la re´flexion philosophique tout en tenant compte de la spe´cificite´ de chaque culture et des exigences de la civilisation islamique elle- me^me. De´fendre la philosophie comme activite´ de l'esprit qui permet l'acce`s directe a` la compre´hension du monde rationnellement et a` sa transformation technologiquement et e´thiquement, est l'objectif principal de ce livre. La philosophie n'a pas la vocation de remplacer les savoirs et les croyances, mais elle se met a` leur voisinage pour leur apporter des solutions ou des e´claircissements dans une de´marche critique et positive. À PROPOS DE L'AUTEUR Fathi Triki Professeur e´me´rite de philosophie a` l'universite´ de Tunis, membre de l'Acade´mie Tunisienne Beit al Hikma, titulaire de la Chaire ICESCO Penser le vivre-ensemble, pre´sident du Colle`ge de Tunis pour la Philosophie, ex-titulaire de la Chaire UNESCO de philosophie pour le monde arabe.
Sites antiques et islamiques : notices et images. Né de l'initiative de trois chercheurs - les éditeurs, deux Tunisiens et un Français - et de l'engagement de nombreux autres spécialistes, archéologues et historiens, universitaires et chercheurs de Tunisie et de France, ce livre rassemble une panoplie de textes consacrés au patrimoine archéologique tunisien et destinés à un large public. Le lecteur attentif trouvera donc dans cet ouvrage des notices sur des sites antiques et islamiques, qui doivent leur intérêt à la qualité de ceux qui les ont rédigées, et aux images qui les illustrent ; mais il pourra aussi, au gré de ses curiosités et selon un itinéraire qui peut être sinueux sans perdre sa cohérence, prendre connaissance des « encadrés » qui, sur des questions aussi variées que l'urbanisme ou le monnayage, l'épigraphie, la céramique ou l'artisanat, la maîtrise de l'eau, l'architecture monumentale ou l'habitat, etc., lui offrent des mises au point, dans les deux sections historiques. Ce livre est conçu pour répondre aux questions que le lecteur peut se poser sur tel ou tel aspect des civilisations présentées, mais aussi, éventuellement, pour lui donner les moyens d'en savoir davantage, en consultant les ouvrages auxquels ces textes nécessairement brefs font référence. Ainsi, en livrant ces données scientifiques et patrimoniales replacées dans leur contexte historique, les initiateurs de cette publication veulent sensibiliser le public le plus large possible à la richesse du long passé de la Tunisie. Au delà, ils souhaitent que chaque lecteur devienne l'ambassadeur et le défenseur de ce patrimoine mais également qu'il soit le garant d'une excellente conservation de ces biens culturels, traces de notre histoire commune, pour en assurer la transmission aux générations futures. Grâce à un ensemble complet de données scientifiques et patrimoniales replacées dans leur contexte historique, découvrez la richesse du long passé de la Tunisie. EXTRAIT Sur des vases devenant assez vite, et pour longtemps, fondamentalement achromes, vont apparaître divers types de décors : décors peints en noir, en brun ou en rouge (bandes larges ou filets étroits sur les panses ou les vasques, « gouttes » radiales sur les rebords évasés, ou encore motifs figuratifs simples tels que des yeux) ; décors imprimés (tels que des rosettes ou des oves disséminés à profusion) ; décors incisés, par exemple pour imiter les souples rinceaux des céramiques grecques ; ou encore petites ouvertures ornementales découpées sur le flanc des vases. L'absence de décors véritablement figurés est un trait marquant de ces poteries.
Le dialogue authentique, les compromis, les consensus qui permirent de débloquer la crise politique et institutionnelle tunisienne Le présent ouvrage est le produit final d'une enquête de terrain, lancée en novembre 2014 et achevée en juillet 2015, et qui a permis de recueillir des données de première main auprès des parties prenantes engagées dans le Dialogue national, à travers 26 interviews conduites avec des leaders et responsables de partis politiques, des représentants du Quartet, les médiateurs du dialogue (UGTT, UTICA, l'Ordre des Avocats et LTDH) et des figures de la vie politique qui ont participé au Dialogue national ou qui l'ont observé de l'extérieur. Ces données ont été enrichies par les résultats de quatre Focus groups (entretiens collectifs), organisés à Tunis, Bizerte, Sfax et Douz, tendant à recueillir des informations sur les perceptions du Dialogue national à partir d'un échantillon restreint composé de 32 personnes représentant l'opinion publique à travers différentes régions du pays aussi bien du nord que du sud. Bilan d'une étape décisive dans l'histoire actuelle de la Tunisie EXTRAIT L'idée du Dialogue national a toujours été placée en arrière-plan dans la transition tunisienne. Un procédé qu'on agite à la moindre difficulté, au moindre blocage. Un procédé qui n'est pas certes inventé par la Tunisie, mais qui a été mis en oeuvre d'abord dans les pays africains, comme au Kenya (2008), au Sénégal (2009) ou au Soudan (2014), et qui a été expérimenté aussi dans certains pays arabes après le printemps arabe, comme au Bahreïn en 2011, au Yémen en 2014, ainsi que des tentatives en Libye en 2013, 2014 et 2015. Il faut reconnaître qu'en Tunisie, le Dialogue national a pu aller jusqu'au bout de sa logique. Ce dialogue a pu réunir des acteurs politiques, des organisations professionnelles, syndicales et des représentants de la société civile, comme dans les « Assises nationales du Sénégal », qui ont largement permis de débloquer une grave crise politique et institutionnelle, une situation sans issue, à travers des procédés d'ordre dialogique et consensuel. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE « Le Dialogue national scientifiquement analysé et séquencé dans l'ouvrage éponyme, fraîchement publié par l'Association tunisienne d'études politiques. Etape que le livre publié reprend avec le souci de la précision académique. (...) On s'intéresse à l'expérience tunisienne. Le dialogue né au forceps suite à des négociations ardues et parfois nocturnes s'est imposé dans une période instable, comme étant la seule issue pacifique pour un pays en transition qui cherche ses repères et modalités de gouvernance. Processus qui s'est soldé par un franc succès ; un gouvernement élu a accepté de partir et un cabinet provisoire a été investi. » - Hella Lahbib, La Presse de Tunisie Le Dialogue national tunisien a été récompensé par le prix Nobel de la Paix 2015 A PROPOS DE L'AUTEUR Hatem M'RAD est professeur de science politique à la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis. Il est Président-fondateur de l'Association Tunisienne d'Etudes Politiques et Membre de l'Association Française de Science Politique. Il s'intéresse notamment aux questions relatives au libéralisme, à l'opinion publique, à la gouvernance et aux partis politiques. Il est notamment l'auteur de Place de la procédure dans la diplomatie de conférence (Centre de Publication Universitaire, 2001), L'opinion publique mondiale (CPU, 2006), Libéralisme et adversité (CPU, 2008). Il publie également des articles de presse dans différents journaux. Avec la collaboration de Maryam BEN SALEM, Khaled MEJRI, Moez CHARFEDDINE, Belhassen ENNOURI et Monia ZGARNI.
Comment les médias tunisiens ont-ils évolué depuis l’indépendance ? Médias tunisiens de Larbi Chouikha offre une analyse inédite et critique de 60 ans de transformations, entre censure, révolution numérique et quête de liberté.
La période historique entre la chute de la dictature de Ben Ali et l'entrée de la Tunisie dans une certaine « normalité démocratique ». La Parenthèse de la Constituante évoque, à travers ses termes, le caractère exceptionnel de cette période historique entre la chute de la dictature de Ben Ali et l'entrée de la Tunisie dans une certaine « normalité démocratique » après les élections de 2014, où l'euphorie de la Révolution semble bien loin faute d'avoir vu ses promesses tenues, malgré l'adoption d'une Constitution dont peu de progressistes pouvaient rêver en 2011. Ce tome 2, De la fracture au compromis, s'ouvre sur le drame de l'assassinat du martyr Mohamed Brahmi et le tournant que fut la décision des députés de l'opposition de quitter l'ANC pour lancer le sit-in du Bardo. La rupture, qui couvait depuis le départ entre islamistes et démocrates, était là. Puis, le compromis se fit entrevoir à travers le Dialogue national pour aboutir à la Constitution du 27 janvier 2014. Saluée de par le monde pour la protection des droits de l'Homme et des libertés qu'elle garantit, elle fut surtout le fruit de concessions mutuelles des deux camps, forcées par les événements, faisant que tout ne pouvait y être parfait, même si le spectre d'une constitution islamiste a été écarté et là est l'essentiel. C'est ce cheminement que l'auteur retrace à travers les luttes du camp démocrate, rassemblant député(e)s, militant(e)s et citoyen(ne)s, dans les coulisses de la Place du Bardo et de l'ANC avec leurs doutes, leurs craintes, mais surtout leur unité dans la force de ce en quoi ils croyaient. Découvrez ce second tome, dans lequel l'auteur retrace le cheminement et les luttes du camp démocrate, dans les coulisses de la place du Bardo et de l'ANC, décrivant les doutes, les crainte et l'unité dans la force de ses membres. EXTRAIT A la reprise, il n'y avait que 153 députés au premier comptage des présences, ce qui était peu et ne garantissait aucunement le passage des articles, en ôtant pratiquement toute chance aux amendements d'être adoptés. Et, là, l'ambiance fut d'entrée électrique, Mahmoud Baroudi, d'At'tahaluf, accusant Ennahdha de vouloir « bloquer l'adoption de la Constitution ». Mais, les députés Ennahdha ne furent pas les seuls à réagir à ces paroles, puisqu'ils reçurent le renfort « musclé » de... Brahim Gassas qui hurlera à Baroudi devant la caméra que « la Constitution ne passerait pas » et qu'il était « prêt à venir lui casser la gueule », en éructant que c'était comme si « c'était les femmes allaient nous diriger maintenant ! ». Sans commentaires. La vice-présidente du groupe Démocrate, Salma Baccar, demanda alors la parole et exigea des excuses de la part de Gassas. Et celui-ci de se lever de son siège et de hurler en levant les bras : « Moi, je suis un homme ! »... Sans plus de commentaires. A PROPOS DEL'AUTEUR Sélim Ben Abdesselem, né le 10 octobre 1970 à Tunis est juriste de formation. Il a été assistant parlementaire, avocat et a travaillé en ONG à Paris, puis en Tunisie après la fin de son mandat à l'Assemblée nationale constituante (ANC). Élu le 23 octobre 2011 avec Ettakatol, parti social-démocrate qu'il quittera un an plus tard pour rejoindre l'opposition, il siégera dans les commissions de la Justice, de la Législation et des Consensus. Cet ouvrage en deux volumes retrace les moments-clés de la période dont il a été un témoin privilégié, donnant aux personnes autant de place qu'aux faits et « humanisant » ainsi ce récit. Après l'assassinat de Mohamed Brahmi, il participera au sit-in du Bardo et rejoindra Nida Tounès qu'il finira aussi par quitter, expliquant à chaque fois les raisons de ses choix.
La période historique entre la chute de la dictature de Ben Ali et l'entrée de la Tunisie dans une certaine « normalité démocratique ». La Parenthèse de la Constituante évoque, à travers ses termes, le caractère exceptionnel de cette période historique entre la chute de la dictature de Ben Ali et l'entrée de la Tunisie dans une certaine « normalité démocratique » après les élections de 2014, où l'euphorie de la Révolution semble bien loin faute d'avoir vu ses promesses tenues, malgré l'adoption d'une Constitution dont peu de progressistes pouvaient rêver en 2011. Ce tome 1, Du rêve au cauchemar, commence le 14 janvier 2011 et s'achève à la veille de l'assassinat de Mohamed Brahmi. Le rêve est évidemment la Révolution et les espoirs qu'elle a portés. Quant au cauchemar, tel que vu par l'auteur, il commence avec l'affirmation d'un islamisme politique et d'un salafisme jihadiste conquérants, suivi de la victoire d'Ennahdha aux élections de 2011 et des reniements des partis séculiers ayant rejoint la troïka, avant la vague d'attentats terroristes visant militaires et policiers et les assassinats politiques de Lotfi Nagdh et Chokri Bélaïd. Des moments où le pire a été redouté pour la Tunisie, tel un scénario algérien des années 90 et une islamisation du pays par la force qui aurait définitivement tué l'héritage du Président Bourguiba... L'auteur y décrit ce que lui et ses compagnons et compagnes de lutte ont vu, ressenti, redouté et accompli, avant d'enchaîner sur le tome 2, intitulé De la fracture au compromis, qui s'ouvre sur le drame et le tournant historique que fut l'assassinat du martyr Mohamed Brahmi. Dans ce premier tome, l'auteur décrit ce que lui et ses compagnons et compagnes de lutte ont vu, ressenti, redouté et accompli face à l'affirmation d'un islamisme politique et d'un salafisme jihadiste conquérants. EXTRAIT Avant le démarrage des travaux des commissions constituantes, une question s'est posée avec acuité : celle de la méthodologie. En effet, devait-on partir d'un texte précis afin de disposer d'un fil conducteur destiné à être enrichi et modifié au cours de la réflexion, mais dans ce cas, lequel ? Ou de plusieurs textes sélectionnés parmi les projets de constitution élaborés par les partis politiques, les constitutionnalistes, les organisations de la société civile ou des citoyens, et, dans ce cas, devait-on en choisir certains et en écarter d'autres et sur quels critères, ou devait-on les prendre tous en compte afin d'éviter toute distorsion de traitement ? Ou, enfin, était-il préférable de partir tout simplement d'une feuille blanche, afin d'éviter le trop plein de textes, ou d'avoir à choisir parmi ces textes au risque d'en privilégier certains sur d'autres ? A PROPOS DE L'AUTEUR Sélim Ben Abdesselem, né le 10 octobre 1970 à Tunis est juriste de formation. Il a été assistant parlementaire, avocat et a travaillé en ONG à Paris, puis en Tunisie après la fin de son mandat à l'Assemblée nationale constituante (ANC). Élu le 23 octobre 2011 avec Ettakatol, parti social-démocrate qu'il quittera un an plus tard pour rejoindre l'opposition, il siégera dans les commissions de la Justice, de la Législation et des Consensus. Cet ouvrage en deux volumes retrace les moments-clés de la période dont il a été un témoin privilégié, donnant aux personnes autant de place qu'aux faits et « humanisant » ainsi ce récit. Après l'assassinat de Mohamed Brahmi, il participera au sit-in du Bardo et rejoindra Nida Tounès qu'il finira aussi par quitter, expliquant à chaque fois les raisons de ses choix.
Tunis, années 1960. Halima, jeune femme tunisienne, voit son destin basculer entre traditions rurales et engagement politique à Tunis.
Amaken, une ville arabe-méditerranéenne où le printemps éclot en plein hiver, comme les révolutions. Ghouila, personnage aussi ambigu que sa cité, incarne cette saison à la fois glaciale et brûlante.
Tunis, années 1970. Bayram, jeune bachelier du Sud tunisien, débarque à la capitale avec ses rêves et ses illusions.
Dans le sillon des Révolutions arabes La première dérive des Révolutions arabes provenait de la « théologie politique », celle des partis islamistes, de l'Internationale des Frères musulmans, tantôt jouant, tantôt pas, le jeu démocratique, tantôt immodérées, tantôt modérées. Les Révolutions arabes ont ensuite, deuxième dérive, donné prétexte aux groupes terroristes islamistes, aussi divers que redoutables, et au premier rang desquels se trouve Daech, d'intervenir aussitôt dans la région. C'est le temps des « Assassins ». Les révolutions sont tragiques. Le jour où les peuples arabes ont eu l'occasion historique de sortir de leur torpeur, ils sont devenus menacés par une autre forme de torpeur. Ils ont chassé le dictateur civil ou militaire, ils n'ont pu éviter le tyran théocrate, ou le mercenaire sanguinaire de la religion. Un essai politique qui fait la lumière sur l'histoire arabo-musulmane récente. EXTRAIT Défiant les pesanteurs de l'histoire arabo-musulmane et les interprétations culturalistes, les sociétés arabes ont enfin décidé, presque par hasard, d'abattre leurs dictateurs indétrônables et leurs régimes irréformables, sous l'effet de la soudaine et audacieuse révolution tunisienne. Les hommes ont refusé de rester dans la barbarie et le despotisme. Ce n'est pas tout à fait, comme le croyait Hegel, la Raison qui, en conceptualisant les évènements de la Révolution, les déchainements, les passions et les aveuglements des hommes, a transformé l'Histoire arabe comme moment de réalisation de la liberté. C'est plutôt la liberté initiale des hommes et des peuples, et leurs passions, qui ont tenté de raisonner l'Histoire, la leur. La Révolution arabe est un impensé. Elle a été d'abord Liberté, spontanéité, puis Raison. Pas l'inverse. Et encore, les Révolutions arabes tardent à retrouver leur Raison dans l'infernale transition. L'affront de la déraison est aussi puissant, aussi vivace. Révolution et contre-révolution, progrès et passéisme, compromis et violence supportent tous ensemble le « processus révolutionnaire », que les médias occidentaux ont dénommé le « printemps arabe ». À PROPOS DE L'AUTEUR Hatem M'rad est professeur agre´ge´ de science politique a` la Faculte´ des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis. Il est Pre´sident-fondateur de l'Association Tunisienne d'Etudes Politiques, et ancien membre du Comite´ Exe´cutif de l'International Political Science Association (IPSA). Il est l'auteur, entre autres, de Libe´ralisme et liberte´ dans le monde arabo-musulman (Les Cygnes, Paris, 2011) ; Le de´ficit de´mocratique sous Bourguiba et Ben Ali (Nirvana,2015) ; Libe´ralisme et antilibe´ralisme dans la pense´e politique (Les Cygnes, 2016) ; Tunisie, de la re´volution a` la constitution (Nirvana, 2014); De la Constitution a` l'accord de Carthage (Nirvana, 2016). Il tient une chronique hebdomadaire au journal nume´rique Le Courrier de l'Atlas.
The authentic dialogue, the compromises, the consensus which allowed Tunisia to overcome its political and institutional crisis This book is the final product of an investigation launched in November 2014 and completed in July 2015. It has collected first-hand information from stakeholders involved in the national dialogue through 26 interviews with leaders and representatives of political parties, representatives of the Quartet, the mediators of dialogue (UGTT, UTICA, ONAT and LTDH) and figures from the political area who participated in the National Dialogue or have observed it from outside. These data were enhanced by the results of four Focus groups, held in Tunis, Bizerte, Sfax and Douz, designed to gather information on the perceptions of the National Dialogue from a small sample (32 people) of Tunisian opinion in different regions of the country, North and South. A record of a key step in the history of Tunisia EXCERPT The idea of the National Dialogue has always been in the background of the Tunisian transition. A process which was stirred at the slightest difficulty, at the slightest blockage. A process that was certainly not invented by Tunisia, which was first implemented in African countries such as Kenya (2008), Senegal (2009) or Sudan (2014), but also has been experienced in some Arab countries after the Arab Spring, as in Bahrain in 2011, Yemen in 2014 and attempts in Libya in 2013, 2014 and 2015. We must admit that in Tunisia, the National Dialogue could follow its own logics through. This dialogue could bring together politicians, professional organizations, trade unions and representatives of civil society, as in the "National Conferences of Senegal," which largely helped unlock a serious political and institutional crisis, a dead end situation, by means and process of compromise and consensus. PRESS REVIEWS - "This book, recently published by The Tunisian Association of Political Studies, scientifically analyzes and sequences The National Dialogue in Tunisia. (...) This Dialogue, which took place after difficult negotiations, was born during a troubled period and considered as the only pacific solution for a country undergoing a transition and looking for references and governing policies. The Dialogue was successful: an elected government agreed to resign and an interim government was created." Hella Lahbib, La Presse de Tunisie The National Dialogue in Tunisia earned the Nobel Peace Prize in 2015 ABOUT THE AUTHOR Hatem M'rad is Professor of Political Science at the Faculty of Legal, Political and Social Sciences of Tunis. His Ph.D. Dissertation focused on The place of procedures' in multilateral diplomacy (published in 2001). He is Founder and President of the Tunisian Association of Political Studies since 2010 as well as a Member of the French Association of Political Science in 2010 and 2011.
Les relations entre Rome et Carthage ont eu l'importance que l'on sait. Les guerres puniques ont longtemps été présentées comme la victoire de la civilisation occidentale sur la barbarie orientale étant donné que les seules sources à en parler étaient exclusivement grecques et romaines. Concernant la religion de Carthage, les Grecs et les Romains s' en sont faits une image plutôt négative. Les principaux traits retenus à propos de la religion des Puniques sont leur dévouement acharné à une divinité sanguinaire -Baal- et à une déesse impudique : Astarté ! À cela s'ajoutent un total manquement à la parole donnée et un irrespect total des serments et des traités de guerre et de paix . Elissa -Didon, Sophonisbe et Hannibal Barca sont des figures emblématiques de Carthage qui concentrent merveilleusement toutes les tares de leurs concitoyens. Force est de constater que la façon dont les Romains esquissent le portrait des Carthaginois est souvent biaisée car ils ont dû à maintes reprises reconnaître que les Carthaginois pouvaient faire preuve d'une piété exemplaire et qu'ils rendaient même hommage aux divinités d'autrui. Il s'ensuit que la perception du fait religieux carthaginois dans la littérature ancienne est contrastée et souvent contradictoire. À PROPOS DE L'AUTRICE Nadia Ghrandi Ezzine est maître assistante à l'université de Jendouba et membre de l'équipe de recherches Intersignes de la faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis. Elle a préparé un mastère en sciences de l'Antiquité puis un doctorat en Études latines à l'Ecole Pratique des Hautes Études -Sorbonne -Paris, qu'elle a soutenu en 2015. Influencés par l'histoire des religions, l'imaginaire collectif et l'altérité, ses travaux de recherches et ses articles portent essentiellement sur Carthage et sa représentation en Grèce et à Rome, sur le cosmopolitisme antique et sur l'altérité féminine.