Presses universitaires Blaise Pascal
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Les ateliers philosophiques se pratiquent depuis une trentaine d'années dans plusieurs pays. Sous l'égide de Matthew Lipman, philosophe qui a transposé l'investigation de type philosophique depuis l'enseignement supérieur jusqu'aux classes des écoles maternelles, des enseignants ordinaires ont appliqué les principes de cet ajustement. Ils font réfléchir leurs élèves dans des communautés de recherche à visée philosophique. Le présent ouvrage présente, après une quinzaine d'années de tentatives couronnées de succès dans plusieurs classes en France, les paroles d'élèves enregistrées au sein de ces ateliers philosophiques. Disposer des paroles authentiques d'élèves et d'enseignants du primaire au collège permet de mieux comprendre cette pratique pédagogique. Des chercheurs se sont penchés au coeur des dialogues. Qu'est-ce qui se dit dans un atelier philosophique? Comment la parole circule-t-elle? Est-ce que les jeunes élèves discutent de la même manière que des collégiens? Est-ce bien philosophique, et en quoi? Complétant la littérature sur le sujet, les auteurs ne cherchent pas à faire la preuve acquise que ces dialogues qui engagent les élèves sur des sujets principalement éthiques (l'amour, la mort, le mensonge, le partage, l'argent, etc.) ont des bénéfices sur les attitudes prosociales. Mais surtout à rendre compte des manières de raisonner des élèves guidés par les enseignants. Ils font le lien entre ce que les élèves abordent lors des discussions en classe et les thèmes de la philosophie. Ils étudient les paroles des élèves du point de vue linguistique comme éducatif. Les enseignants qui pratiquent sont formés de manière minimale à la méthode Lipman. L'étude des discussions ne se veut pas en ce sens exemplaire d'une bonne pratique. Au contraire, le corpus scientifiquement récolté à l'occasion de ces pratiques ordinaires interroge l'école sur sa capacité à déployer les ateliers philosophiques. Si ceux-ci valent, c'est parce qu'ils mettent en jeu, et en question, deux facultés humaines fondamentales: celle de parler et celle de penser. Le livre instruit cette question à partir de la parole d'élèves de 7 à 15 ans.
Téléphone portable, SMS, internationalisation des séries télévisées et des bandes dessinées: les pratiques de communication évoluent fortement. Or ces pratiques de communication servent à tisser des relations. Elles nouent le lien social. Quels rôles jouent alors ces nouvelles pratiques dans la reconfiguration du lien social ? Modifient-elles le vivre ensemble ? Nourrie de données diverses - entretiens approfondis sur les usages des smartphones dans les couples, enquêtes statistiques sur la place des technologies de communication dans la vie des migrants, analyses de chansons questionnant le lien social interculturel - cette recherche collective apporte un éclairage nouveau sur la question du lien social et sur sa reconfiguration actuelle. Ce livre montre comment les pratiques de communication quotidiennes renforcent les logiques sociales existantes. Comment, par exemple, les pratiques de communication ritualisées permettent aux groupes sociaux catholiques ou francs-maçons de perpétuer leurs traditions internes tout en se distinguant de l'extérieur. Mais il montre, parallèlement, pourquoi la multiplication des SMS, l'usage croissant du smartphone, accompagnent un mouvement d'individualisation des liens sociaux.
C'est à une réflexion sur la labilité des frontières que voudrait inviter le présent livre en confrontant, dans la littérature, les arts et les sciences humaines, les modalités selon lesquelles se redessinent continûment les lignes de démarcation qui organisent les « espèces d'espaces » que parcourt, habite et crée le sujet - en fonction des préconstruits culturels, expériences et imaginaires singuliers qui façonnent son appréhension du monde. On aimerait ainsi supposer que le passage de la frontière, dès lors qu'il est figuré par un quelconque artefact (texte, image, carte), mène à la construction provisoire d'un pays et d'une identité susceptibles de se transformer à mesure que changent les repères pris en considération. Le séjour en terres étrangères fait de l'ailleurs un ici et l'exploration de contrées inconnues les rend familières. Dans le même temps, celui qui a passé la ligne découvre d'autres organisations de l'espace qu'il ne pouvait soupçonner en restant en deçà de la frontière. Il lui reste alors à aller plus avant, à observer comment un même lieu est traversé de multiples fractures ou encore à parcourir ces zones indécises où se rencontrent et se superposent imparfaitement une pluralité de mondes.
Les intendants rouennais n'ont guère, jusqu'à présent, retenu l'attention. Il en est de même du contentieux fiscal dévolu aux commissaires départis dans les généralités situées en pays d'élections. À ce double titre, l'activité de l'intendant de Rouen, juge du contentieux fiscal au XVIIIe siècle offrait un terrain propice à un vaste champ d'étude. Entouré d'un personnel peu nombreux mais de qualité, l'intendant de Rouen vide avec application et modération le contentieux des impôts directs et indirects qui lui est soumis. Il se révèle être un véritable juriste, le plus souvent respectueux de la règle de droit. Contrôlés scrupuleusement par le Conseil du roi, juge d'appel de ses ordonnances, l'intendant de Rouen entre parfois en conflit avec le pouvoir royal en raison de son attitude conciliante envers les contribuables. On est loin en somme de l'arbitraire et des despotes fustigés par les cours souveraines au XVIIIe siècle et par les cahiers de doléances en 1789. Sommaire : Introduction Première partie : L'intendant face aux impôts directs Section 1 - Le contentieux des impôts anciens Chapitre I - L'intendant et la taille : une compétence contentieuse limitée Chapitre II - La corvée des grands chemins Section 2 - Le contentieux des impôts nouveaux Chapitre I - La capitation Chapitre II - Le contentieux du vingtième Deuxième partie : Le contentieux des impôts indirects Chapitre I - Le contentieux des droits d'aides Chapitre II - Le contentieux des droits domaniaux Troisième partie : Les intendants rouennais entre cours souveraines et pouvoir central Chapitre I - Pouvoir central et intendants : entre coopération et contrôle Chapitre II - Les commissaires départis aux prises avec les cours souveraines de la province Annexes A. Requête en décharge de capitation de la veuve de Thomas Yon B. Projet d'ordonnance relatif aux droits d'inspecteurs aux boucheries