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Quand un cinglé assassine dans les règles de l'art architectural... « LE PC SECURITE est en pleine effervescence. Une manade de touristes japonais vient d'envahir le hall d'entrée, conduite par un gardian bridé qui n'a jamais goûté au riz de Camargue. Le plan Vigipirate renforcé impose la fouille systématique de tous les sacs. Des kamikazes islamistes ont pris l'habitude de se faire sauter la panse, en public, dans des lieux symboles du monde occidental. Pourquoi pas la Cité Radieuse ? La maison du fada comme disent les Marseillais. Derrière la guérite vitrée, Marius Réjane, le factotum de service contrarié par cette interruption prolongée de sa lecture de l'Equipe, donne ses instructions au vacataire. « N'oublie pas les bananes ! Cinq cents grammes de plastique autour de la taille, et adieu le mondial de pétanque... On finira tous en osso buco à la pékinoise ! » Un boulot d'été sympa : gardien dans un lieu emblématique de Marseille. Mais quand le gardiennage de la Cité Radieuse tourne à la gestion du carnage, l'étudiant prend tous les risques pour arrêter le massacre.
La Castille profonde, ses élevages de taureaux de combat et son passé franquiste qui pèse lourd, un retour aux sources sous haute tension...
DANS LE GRAND HALL de l'aéroport José Marti, les verrières centrales du plafond tubulaire diffusent une lumière blafarde. Vincent, trentenaire débraillé tire nonchalamment sa valise à roulettes jusqu'à une baie vitrée. La pluie diluvienne d'un orage tropical se déverse à jets continus comme d'épaisses cordes translucides. Un fracas métallique en provenance du toit, provoqué par l'averse, accompagne ce spectacle. Le jeune Français, mal réveillé après un vol transatlantique, semble fasciné. Les brochures touristiques lui avaient vendu un ciel bleu azur et la douceur hivernale des Caraïbes. La touffeur ambiante le pousse à retirer son blouson. La veille à Paris un épais brouillard maintenait la température proche de zéro. Un éclair aux ramifications multiples déchire l'horizon. Il est suivi de peu par un coup de tonnerre d'une rare violence qui fait trembler la structure entière de l'aérogare. Vincent se tourne vers Hervé son compagnon de voyage qui déjà se dirige vers les guichets des compagnies de loueurs de voitures. L'homme d'âge mûr ne se laisse pas distraire par la première anomalie météorologique venue. Cuba et ses caprices il a déjà connu en d'autres temps. Vincent le rejoint sans conviction. Le décalage horaire le rend d'humeur maussade. Les formalités pour prendre possession de la berline coréenne s'éternisent à cause des coupures de courant qui obligent à relancer le système informatique. L'employé au sourire imperturbable parait doté d'une patience à toute épreuve. La troisième tentative sera la bonne. Il leur tend enfin les clés et le carnet de bord tout en faisant une moue dubitative en direction du tarmac inondé. Il faudra attendre une accalmie avant de partir à l'assaut du long lézard vert... La Cuba d'aujourd'hui, entre pénuries de tous ordres et dictature persistante, sur fond de musique et d'orages tropicaux est restituée avec justesse et saveur par Franck Membribe, observateur avisé. Quand se déchaînent les passions, mort, amour et violence se conjuguent au son du reggae.
Une ado torturée, un meurtre impuni, un flic dont cette affaire gâche la vie. Vingt ans, ce n'est rien ou c'est toute une existence. Quand le diable se mêle de l'affaire, la mort est au rendez-vous. Daniel Mauleine possède les codes de la littérature de genre ; dans le shaker du récit, tous les ingrédients qui font une bonne fiction y sont, et leur mise en oeuvre révèle un réel talent de l'auteur. Du polar comme l'aiment les vrais amateurs.
Louise Oligny sait vous trousser une nouvelle pimentée à souhait. Tentée un temps de vagabonder dans le coeur d'un autre, c'est avec son géant de chum, infirme certes mais pas de partout, qu'elle rêverait pourtant de revoir la feuille (d'érable) à l'envers. La saveur du québécois alliée à un érotisme tonique et joyeux font de cette nouvelle un plaisir unique. Bégueule s'abstenir. Il s'agit juste, ici, de vivre fort. Etre femme, c'est tout un art.
Quand il ne se pochtronne pas au Lux Bar, un zinc de la rue Lepic, il ressasse sa vie en roue libre. Scénariste à succès en panne, il se planque derrière ses souvenirs et se suicide à petit feu au whisky distillé trois fois. Son chat, « ce fils de pute » fait office de Jiminy Cricket et tente de redresser sa dérive... Mais un beau jour, sur le trottoir, deux grands yeux kurdes le foudroient... Le style fluide de Patrice Montagu-Williams et les références qui truffent le texte font de cette longue nouvelle une entrée remarquée dans la collection Mélanges.
La jouissance surgit sous les coups de ces folles de la verge (la baguette, bien sûr !), celle ressentie par celle qui reçoit et par celle qui les donne. Tout un art savant enseigné par des dames qui n'abandonnent jamais le masque de l'hypocrisie de leur caste. Desjardins excelle dans cette évocation qui ravira les amateurs de chair abondante, de cul faramineux ou bien de petit fessu, si bon à claquer de caresses bruyantes. La parole sucrée de ces dames décrivant leur lesbianisme brutal est un régal. Les images suggestives, manière de ne pas dire tout en disant, sont l'essence même de la littérature érotique. (Extrait de la préface d'Egon Krantz)
Un concours impose non pas d'être bon, mais d'être le meilleur. Une forte participation alliée à une qualité exceptionnelle des nouvelles proposées donne ce résultat qui a réjoui le jury et son premier parrain : Eric Fouassier.Originalité des univers, qualité d'écriture, les trois premiers lauréats offrent tout ça et plus... A découvrir absolument. Premier Prix ex-aequo :Fred Delchambre avec Sous leurs piedsRomain Chatel avec L'écho des absents Troisième Prix :Alex Depommier avec Quelqu'un de bien Retrouvez tous les audiobooks et ebooks de la collection Noire Soeur sur SKA Éditeur numérique. Des histoires courtes percutantes, dans l'univers du thriller et du polar noir audiolivres à écouter en une heure, podcast à télécharger immédiatement. de Fred Delchambre (auteur), Alex Depommier (auteur), Romain Chatel (auteur), Eric Fouassier (préface), Jeanne Desaubry (contributions)
Zadov BORYA : Apocalypse Riders - 01 - Le Tanneur Je soupire, elle me gonfle cette affaire, je n'ai pas que ça à foutre ! L'autre connard se met alors à gigoter dans tous les sens. Bouge pas ! Déjà que ce boulot est loin d'être facile, si en plus faut subir le bruit et l'odeur. Arrête... Il hurle encore plus fort, des vocalises de diva. Tais-toi, nom de Dieu ! Zadov BORYA : Apocalypse Riders - 02 - Koala Koala défonce la gueule d'un connard à grand coup de marteau. Deux minutes qu'il s'acharne ! Cent-vingt secondes de calvaire... Autant dire que le pauvre gars ressemble à du steak haché, tellement l'autre psychopathe l'a massacré. Attendrir la viande, faut attendrir ! Qu'il répète en hurlant ce taré. Zadov BORYA : Apocalypse Riders - 03 - Pinky Pas grave, il est encore temps de bien faire, je sors un double tube, un canon scié cramponné à ma guibole, dégage la sécurité, pompe la crampe. Six bastos à cracher, et un glock 18 chambré en 9 mm Parabellum, chargeur maxi, trente-trois pralines en réserve. C'est toujours ça de plus, le bébé est accroché dans mon calbute ! Je donne un coup de talon, la lourde ne résiste pas à mes boots renforcées en acier, et je braque prêt à défourailler sévère ! Illico, c'est le chaos qui s'impose. Le chaos, la fin du monde, de la Meute, de je ne sais pas quoi, mais le chaos... Toon est à poil. Cul nu, et le reste aussi d'ailleurs, comme un con. Zadov BORYA : Apocalypse Riders - 04 - Vinyle Rondelle JB qu'il s'appelle, Cyclope pour les intimes. Un vieux gars toujours un peu bourré, un ancien tourneur de la scène rock punk, bien connu des grandes fêtes de l'underground comme on dit. Le type avant la grande crise était un putain de ponte ! le Genre de mec qui a fait la gloire de groupe comme les BackPunk, les BTM. Il était partout le gars. Il a l'oreille. Depuis la crise tout cela est terminé. Plus de stade Aréna, de Zénith, d'Olympia, même le Hellfest n'est plus qu'un lointain souvenir. Maintenant il a troqué sa Cadillac et les Hiltons contre une caravane tractée par une Peugeot antédiluvienne et il fait tourner une starlette locale qui a soi-disant le vent en poupe. Retrouvez toutes les romans courts de Borya Zavod disponibles en ebook sur SKA Éditeur numérique. Des histoires courtes percutantes, dans l'univers du thriller et du polar noir à lire en quelques heure, à télécharger immédiatement.
Les Loups ne sont pas taillés pour l'oisiveté. Ils ont besoin de bitume comme d'autres ont besoin de vitamines. Alors, quand un quidam débarque dans le clandé marseillais version 3.0 dont ils assurent la protection et leur propose un contrat, ils n'hésitent pas une seconde : ils enfourchent leurs bécanes et vérifient leurs doubles tubes cracheurs de dragées mortelles. Direction un monastère-forteresse occupé par des moines guerriers et passablement dérangés, où croupit un marginal nouvelle génération qu'ils sont chargés de récupérer. « On trace pour une action éclair. On loge l'asile. On trouve le gars, on le sort, on le ramène. Voilà mon plan ! » décrète Tonton. Sauf que le plan part immédiatement... en couilles ! Le gang tombe aux mains des moines fous. Tonton se fait démonter pièce par pièce sa carcasse de Terminator obsolète, rafistolée à coups de vérins hydrauliques, de micro-moteurs et autres processeurs. Quant à Koala, il se retrouve avec un clou planté dans l'oeil, suffisamment profond pour lui vriller le cerveau. Bref, une journée ordinaire chez les Loups. Retrouvez tous les romans courts de Borya Zavod disponibles en ebook sur SKA Éditeur numérique. Des histoires courtes percutantes, dans l'univers du thriller et du polar noir à lire en quelques heures, à télécharger immédiatement.
Taillés dans le cambouis, la castagne et les emmerdements, les Loups sillonnent les routes d'une France post apocalyptique, à cheval sur leurs bécanes motorisés et lourdement armés. Ils ont mis le cap sur la Bretagne, non pour y prendre le thé mais parce qu'un châtelain aussi excentrique qu'un pape en goguette leur a proposé un marché à faire pâlir un croque-mort : récupérer un tatouage d'une valeur inestimable... en tannant le dos de sa grand-mère, morte depuis dix ans et soigneusement conservée dans un congélateur. Évidemment, l'affaire se complique ! Et les Loups vont vite découvrir qu'ils sont loin d'être les seuls à lorgner sur la marchandise. Alors ça défouraille, ça canarde, ça dynamite, ça cogne et même ça torture. Ça saigne tellement qu'on finirait par croire que la Bretagne a décidé de remplacer la pluie par de l'hémoglobine. Les types se font découper façon puzzle, les cadavres s'empilent et, pendant que la gent féminine brille par son absence, les histoires de cul, elles, ne prennent jamais de congé. Bref, quand les loups sont lâchés, faut pas s'attendre à ce que les moutons demandent poliment leur chemin. Retrouvez toutes les courts romans noirs de Borya Zavod disponibles en ebook sur SKA Éditeur numérique. Des histoires percutantes, dans l'univers du thriller et du polar noir à lire en quelques heures, à télécharger immédiatement.
JB, Cyclope pour les intimes depuis qu'il a perdu un oeil, est un ancien taulier de la scène rock-punk. Aujourd'hui, il embauche les Loups pour assurer la sécurité de Vinyle Rondelle, une starlette qui aurait, paraît-il, le vent en poupe et doit se produire dans le Grand Sud. Un territoire inconnu, livré aux Surfeurs, un gang de néviplanchistes des mers complètement fondus, et aux Marios, une bande d'anciens plombiers aussi mortellement cintrés que leurs tuyaux. Autant dire que la mission s'annonce délicate. Et ce n'est pas la présence des Végans, sortes d'esclaves végétaliens, ni celle des Recycleurs, hordes de survivants vivant au milieu des montagnes d'ordures, qui va arranger les affaires des Loups. Pour couronner le tout, les concerts sont organisés au hasard des tags de Chouettes Jaunes, peints par un mystérieux « Gyl est jaune ».Naturellement, les craintes de Tonton ne tardent pas à se confirmer ! D'autant que Vinyle Rondelle, secondée par un Bat'Runers musicien, prend plaisir à exciter les différents gangs. En véritable Passionaria 3.0 elle harangue les foules en chantant à tue-tête :« O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao... » Retrouvez toutes les romans courts de Borya Zavod disponibles en ebook sur SKA Éditeur numérique. Des histoires courtes percutantes, dans l'univers du thriller et du polar noir à lire en quelques heures, à télécharger immédiatement.
Franck Thilliez needs no introduction he ranks among the best French thriller writers. His novels and short stories are rooted in the disturbing scientific realities of our time. Here, the man who hunts down the apprentice sorcerers of "Progress" tackles the subject of Chernobyl.
Variations littéraires et licencieuses en compragnie de 5 auteurs SKA, autour du thème des vacances à la mer ou ailleurs pour ceux qui ne partent pas en vacances Grain de sel, grain de sable Chez Ska, rien n'est interdit. Surtout pas de rêver. Alors que les vacances d'été se profilent, des auteurs Ska se sont laissés aller à évoquer leurs souvenirs ou à imaginer ce que serait leur plage idéale. Parfois, ils ne l'atteignent pas : trop loin, trop oubliée, trop douloureuse. Parfois ils s'y vautrent dans la douceur sensuelle d'une chaleur torride. Puisqu'ils vous y invitent, laissez-vous tenter par ce voyage estival. Un recueil dont les cinq histoires sensuelles et estivales raviront vos brûlantes soirées d'été.
Des cris horribles la nuit, le jour, qui terrifient et envahissent le quotidien jusqu'à rendre fou. La solution au problème se trouve quelque part sous les apparences. L'horreur se trouve parfois pas plus loin que le coin de votre rue.Retrouvez toutes les nouvelles noires courtes de Céline Servat disponibles en ebook sur SKA Éditeur numérique. Des histoires courtes percutantes, dans l'univers du thriller et du polar noir à lire en une heure, à télécharger immédiatement.
Point de lendemain s'inscrit dans la tradition du conte libertin du XVIIIe siècle, aux côtés de Crébillon fils, Laclos ou Duclos. Le libertinage n'y désigne pas seulement la sensualité : il constitue un art de vivre fondé sur la maîtrise de soi, le raffinement du langage et la stratégie du désir. (extrait de l'avant-propos)
Marie, jeune fille séduite par un homme nettement plus âgé, fait l'expérience de sa mort brutale, du deuil, de la solitude. Sa grossesse et sa jeunesse en font une proie toute trouvée pour les malfaisants. C'est sans compter sur sa force de résilience. En contrepoint, un portrait peu flatteur du show-biz et de Coluche dont l'auréole de saint laïc s'ébrèche.
Une jeune enquêtrice qui se cherche, une intrigue mêlant police, enquête, psychologie et sorcellerie dans la touffeur de l'Amérique du Sud. L'action et la réflexion sont parfaitement dosées ! La qualité de ce roman a été saluée par une sélection au prix polar 2020 del'Evêché . Pour sa première affectation de Lieutenant de police, Laurence Gueguen a choisi Perpignan. Fuyant son passé de docteur en psychologie, elle espère une nouvelle vie, plus concrète. Mais la découverte d'un cadavre décapité va rapidement la replonger dans sa spécialité en Crimes et symboles. Dessinés dans le sable, de curieux signes entourent le corps, ils la conduiront jusqu'en Argentine sur les traces de Xangô, demi-dieu yoruba de la justice, mais aussi sur celles du soutien français à la dictature militaire qui ensanglanta le pays.
Jérémy Bouquin va vous faire frémir d'horreur avec Boudin. Paul Colize va vous faire rire, un petit rire jaune qui pince un peu avec Un de trop. David Coulon garde une âme de potache avec son Banzaï en forme d'explosion malodorante. Jeanne Desaubry vous terrifiera avec son Roi Richard, implacable mécanique familiale. Éric Fouassier vous surprendra en s'évadant de son registre historique avec Sa Meuf. Franck Membribe nous offre une tournée rock avec Kérosène. Boulette de Max Obione expose les affres d'un coeur simple, amoureuse d'un beau Kurde. Jean-Hugues Oppel, incorrigible, vous coupera pour un moment l'appétit avec son Carnaval***. Stanislas Petroski n'hésite pas à sortir de ses sentiers habituels pour nous parler avec sensibilité d'un Voyage sans retour. Christophe Tabard vous invite à un voyage entre le Sri Lanka et Paris avec sa redoutable Tigresse Muette tandis que Franck Thilliez vous emmène du côté du Caire avec Vol pour Kidney. Danièle Thiéry démonte un système d'une abominable précision avec Ballon Rouge. Enfin Élisa Vix joue avec vos nerfs en parlant d'un futur déjà présent dans Reines
Une gamine obèse et mal traitée prête à tout pour rencontrer l'amour Quelqu'un. Dans l'abri. Encore Bastien, le débile d'à-côté. Boulette rentre son envie, remonte sa culotte et rabat sa jupe. Sors Bastien, je sais que c'est toi ! Elle aperçoit la pointe des chaussures, son coeur se met à battre. Elles n'appartiennent pas au môme. Un inconnu, un sale type, un voyeur qui regarde les filles pisser, est tapi dans l'ombre. Reculant à petits pas, elle entend une voix de terreur : No problem, no problem... Boulette s'arrête. « C'est pas Bastien ! » Un bruit de tondeuse dans le ciel. Un hélico sabre la nuit. Le faisceau blanc saute les toits des maisons, furète au sol, débouche les recoins. Des cris, des sirènes au loin. Encore une rafle. Elle comprend. La lumière va balayer le jardin. Elle...L'ombre surgit, la happe. No problem, no problem. Plaquée contre l'homme traqué.
Que venez-vous faire ici ? De sa lourde épée portée bien haut, le colosse interdisait l'entrée du champ de ruines. Je... Je suis envoyé par Dominique de Saint-Claude, bredouilla Gilles, inquiet de cet accueil musclé. Ah, oui... Je suis au courant. Tu es frère Gilles, n'est-ce pas ? Euh... Oui, c'est cela. Exactement... Frère Gilles. Je dois le remplacer pour... Je sais, je sais. Surmontée d'une cape blanche à croix de vermeil, aux extrémités ouvertes et pointues, la cotte de mailles du cerbère pesait des tonnes. Frère Gilles s'inquiéta de sa propre capacité à supporter un tel accoutrement sous cette chaleur étouffante. Le bouclier d'airain n'était pas le moins menaçant de l'attirail du géant. Il lui indiqua sans ménagement comment se rendre à son poste de travail, quelques dizaines de brasses en contrebas, dans les anfractuosités de ce qui avait dû être une tour de guet. Jadis.
Le cygne noir volait dans la pièce et le narguait à chacun de ses passages au-dessus de son bureau. Xi Jinping croyait s'être débarrassé de tous les cygnes noirs qui avaient obscurci le ciel de la Chine : les milliardaires, Hong Kong, la lutte contre la covid. Aujourd'hui, plus personne ne le contestait, il était le maître absolu de la Chine. Et voilà qu'arrivait de nulle part un nouveau cygne noir.
La vie rustique n'empêche pas les grandes passions charnelles. Sous le regard indulgent des sommets enneigés, ces deux-là s'aiment à la folie. Comme Margot est un diminutif, petite Margot passerait pour un pléonasme, sauf à la voir monter avec son troupeau de chèvres dans les alpages de Comburce où elle ne manque pas d'allure. Petite, ronde de partout, mais découplée, leste et agile, on dirait le plumeau du chardon emporté par le vent. Chez elle tout est rond, son visage, ses seins, ses hanches, ses fesses, ses cuisses, le tout s'ébattant librement dans ses habits courts d'été. Tout coule sur elle comme l'eau du Bouillon sur un galet lisse. Elle grimpe en montagnarde, lente et hâtive avec toujours la bonne quantité d'effort pour la bonne proportion de corps. Les croupes, les combes, les lacis, les ressauts, les ravines de sa montagne se sont enroulés sur elle en boule de chair blanche marbrée à la Carrare pour la carrure de son homme. Son homme, c'est Baudru, un bûcheron taillé dans une souche de sapin centenaire, il est deux fois grand comme elle, le pas feutré des ours et un torse puissant qui s'annonce à l'avance. Animal, Baudru n'entend que les bruits clairs du désir, les impératifs dictés par la nature. Travailler la terre et labourer sa femme. Simple, tendre et direct.
Des amies folles de leurs corps s'échappent pour un voyage follement érotique Elles aimaient surtout la marche crapahutée avec barda, chaussures de rando dernier cri sur des pieds pédicurés, et pas mal aussi les fiestas déjantées entre barges soudées par le plaisir. Et du coup elles se retrouvaient seules, sans enfants naturels ou d'éprouvettes. Et à part quelques potesses ou potes choisis, mi pour leur chair frémissante mi pour le loisir euphorique, elles vivaient avec ni compagne ni mec vraiment officiel ou d'élection, à l'aube de leur quarantaine épanouie.
Dans les brumes du Paris du XIXe siècle, Émile Gaboriau (1832- 1873) s'impose comme un pionnier du roman policier français, bien avant les exploits de Sherlock Holmes. Son oeuvre, mêlant intrigue serrée, observation sociale fine et virtuosité déductive, préfigure le genre moderne. Le Petit Vieux des Batignoles, publié à titre posthume en 1876 dans Le Petit Journal sous le pseudonyme de J.-B.-Casimir Godeuil, en est un joyau compact et haletant. Ce récit, à la fois novella et enquête exemplaire, capture l'essence du quartier ouvrier des Batignolles, avec ses ruelles sombres et ses secrets enfouis.
Les voisins disent qu'il faut l'enfermer, Jean-Pierre pensent qu'il sauve le monde avec ses hurlements nocturnes... Allez savoir ... Jean-Pierre n'était pas fou. Peut-être en avait-il les apparences, mais celles-ci sont souvent trompeuses. Si Jésus devait pénétrer dans Paris sur le dos d'un âne aujourd'hui, ne serait-il pas immédiatement interpellé sitôt franchi le périphérique et conduit manu militari dans l'hôpital psychiatrique le plus proche ? Ils avaient déjà essayé d'enfermer sa mère à de nombreuses reprises avant qu'elle ne meure. Mais il veillait au grain, en bon fils dévoué, et il avait toujours réussi à les empêcher d'entrer. Toutefois, aujourd'hui, il était seul. Seul avec ses problèmes que personne ne comprenait. Et pourtant, il en était sûr ; il n'était pas fou ! Il vérifia une nouvelle fois la porte blindée de l'appartement : elle était solidement verrouillée. Il jeta un oeil par le judas et fut rassuré de constater que le pallier était inoccupé. Il n'y avait aucun mouvement dans l'escalier qui montait du troisième étage..Retrouvez toutes les nouvelles noires courtes de Christophe Tabard disponibles en ebook sur SKA Éditeur numérique. Des histoires courtes percutantes, dans l'univers du thriller et du polar noir à lire en une heure, à télécharger immédiatement.
La poisse et la débine de père en fils, comme une fatalité. Il en avait ras-le-bol. Ras-le-bol de rentrer chez lui le soir après le boulot pour se retrouver coincé entre quatre murs crasseux à ressasser sans cesse les mêmes choses, du patron castrateur aux passants incivilisés et autres voisins pompe l'air. Ras-le-bol aussi du larfeuille qui se vide plus vite qu'il ne se remplit. D'attendre, toujours, pour tout, sans raison. De devoir justifier ses moindres faits et gestes. Ras-le-bol surtout de l'existence pourrie qu'il avait tirée à la loterie de la vie. Ras-le-bol d'en avoir marre. Ces derniers jours lui avaient donné de quoi s'occuper, de quoi se changer les idées et trouver quelque réconfort dans tout ce merdier. Mais tout a une fin. Il la sentait approcher, il voyait le bout du chemin, la sortie, enfin. Elle arrivait à toute berzingue et il allait bientôt être délivré du sac de noeuds qui pesait lourdement sur son paletot. Tel père, tel fils. La mort violente du premier en miroir de l'assassinat du second. Si les raisons sont différentes, les ressorts sont les mêmes : misère et connerie, un héritage inévitable.
Une mémé et son chien et ça part en vrille... De l'extérieur, la maisonnette était vraiment coquette : une jolie barrière bien peinte et un portillon dont le verrou n'était jamais poussé, des plates-bandes fleuries bourdonnant d'abeilles gourmandes, une ravissante allée dallée qui courait jusqu'à la porte d'entrée. C'était là que le facteur avait frappé pour remettre à Madame Joly un paquet de La Redoute. Il l'aimait bien cette petite grand-mère Bonne Maman. Les jours où il lui apportait du courrier en main propre, il était bien rare qu'il repartît sans un fruit mûr ou une part de tarte. Alors ne pas entendre son petit chien glapir comme toujours et qu'elle n'ouvrît pas l'avaient surpris. Aussi, avait-il fait le tour de la maison au cas où, avec ce beau temps, elle fût sortie jardiner de bonne heure. Et ce fut alors que ses yeux glissaient le long de la bordure fleurie qu'ils avaient buté sur l'image d'horreur. La vieille dame était tombée nez en avant dans les plants de muguet et son crâne était fendu comme une bûche. On y avait abandonné la hachette. Des colonnes de mouches noires bourdonnaient autour de la blessure béante s'engouffrant pour pondre jusqu'au cerveau, que l'on devinait derrière un magma d'esquilles et de sang noir. Un peu plus loin, à droite de l'allée, Sultan, son pinscher nain, était pendu à sa laisse à une branche du cerisier. Un quartier tranquille, une mémé qui adore son chien, un joli jardin et pourtant les ingrédients pour le dérapage sont là. Une enquête policière tout en finesse, une résolution surprenante.
Meriem a mal commencé dans la vie : mais sa mémoire phénoménale lui sert de passeport pour le rêve doré de la télé. Entre la copine ex taularde coloc et le beau flic sexy, entre un succès en toc et sa propre sécurité, la jeune fille doit choisir. Cette nouvelle a remporté un concours aux éditions du Seuil qui l'a publiée sous le titre de Qui veut jouer. Elle a donné lieu à une pièce radiophonique sur les ondes de Radio France et de la RTBF.
Depuis presque cinquante ans, le microscopique village de Barcoussy s'étiole, ses forces vives s'épuisant année après année. Tel un gastéropode déshydraté au fond de sa coquille, il se replie, s'enterre, se racrapote, s'engloutit en lui-même dans la totale indifférence de l'Univers connu. A rebours du reste de la région, plutôt dynamique à tous points de vue, la vie économique y est moribonde, la fécondité en berne et la vie culturelle réduite à la portion congrue. On y meurt plus tôt qu'ailleurs, souvent plus douloureusement et presque toujours seul. Les jeunes s'enfuient au loin dès que la moindre opportunité s'offre à eux. Ils ne sont pas difficiles, pas exigeants et le job le plus merdique, le boulot le plus humble leur apparait comme un billet de première classe pour le Paradis. S'il n'était soumis au secret professionnel, le pharmacien pourrait vous révéler que la consommation d'antidépresseurs, d'antidouleurs, d'éther et d'opiacés sous toutes leurs formes y est très largement supérieure à la moyenne nationale et ce, sans compter les drogues légales que sont pinard, jaja, pastaga, binouze, gnôle et autres tord-boyaux faits maison. Quoiqu'abondamment peuplé de peine-à-jouir, Barcoussy s'envoie en l'air à coups d'expédients, d'ersatz et au vu des quantités de carburant, le bled n'est pas près d'atterrir. Il en faudrait si peu à ce village pour sortir du marasme : une oreille musicienne par exemple. Mais les péchés des pères retombent sur les enfants.
Tony Berling est lieutenant de police dans une cité sensible. Un dimanche soir de septembre, un crime insolite : la victime git sur le tapis de son salon, une clé de sol dans le coeur, une partition recouvre en partie son visage... Son titre : Rockquiem... Puis, dans le même quartier de la cité des Poètes, un second, un troisième meurtre, dévoilant un mode opératoire identique. Berling, aux techniques d'investigation très personnelles, va fouiller dans le passé, le présent et le futur de la cité. Une clef de sol plantée en plein coeur : la musique n'adoucit pas toujours les moeurs
Edwin se meurt d'ennui devant ses statistiques. Un matin, il croit s'échapper sur les toits de la ville par la fenêtre de son bureau. Il échoue dans un immeuble peuplé d'habitants désaxés vivant en vase clos. Ses tentatives de retour à l'air libre échouant dans des circonstances troubles, il s'y installe malgré lui. Cette séquestration le contraint à un bilan du milieu de la vie.