Symétrie
On s'occupe rarement des chanteurs d'une façon un peu instructive, et on ne le fait point de manière à ce que l'étude de leur talent soit profitable. On encense les favoris du jour, on les couvre de louanges hyperboliques, sans leur faire l'honneur d'une discussion sincère. Quant à ceux du passé, on se répand sur leur compte en anecdotes plus ou moins authentiques, on en fait de véritables idoles qu'il ne reste plus qu'à diviniser ; mais on ne les discute pas davantage, et l'on ne se donne même pas la peine de rechercher l'ensemble des qualités qui constituaient le fond de leur talent. Quelques types de chanteurs se sont présentés à moi, des plus originaux et des plus sympathiques à la fois parmi ceux qui ont brillé jadis sur notre seconde scène lyrique ; je me suis pris à les étudier, à les aimer, et ce que je veux faire, c'est rapporter simplement ce que des recherches, parfois laborieuses, m'ont appris à leur sujet. Et comme en eux le caractère est aussi curieux que le talent, je tâcherai, en faisant connaître de mon mieux l'artiste, d'esquisser la physionomie vive et accentuée de l'individu. Arthur Pougin
Dernier opéra de Jacques Offenbach, Les Contes d’Hoffmann est bien plus qu’un chef-d’œuvre lyrique : c’est le miroir brisé d’un artiste méprisé, dont la reconnaissance posthume interroge encore.
Karol Maciej Szymanowski (1882-1937) est considéré comme le plus grand compositeur polonais après Chopin et un des plus éminents artistes du xxe siècle, continuateur de Scriabine et de Debussy et créateur du style national à l'instar de Bartók et de Janácek. Il fut également un excellent musicographe qui ne cessa, durant toute sa vie, de défendre des positions esthétiques pour le moins arrêtées - mais toujours étayées. Pour la première fois sont publiés en France, l'essentiel de ses écrits sur la musique dont cinq essais révélateurs sur Chopin, des articles sur la musique romantique et moderne, notamment Wagner, Reger, Dukas, Mahler, Strauss, Schoenberg, Ravel, Stravinski, la musique montagnarde, la musique d'avant-garde, l'avenir de la culture. Szymanowski s'exprime aussi sur les orientations de la musique contemporaine, ses fausses routes comme ses espérances, le futurisme et s'engage en matière d'éducation musicale. Ce volume contient également l'extraordinaire portrait-interview que le compositeur a accordé à l'écrivain Michal Choroma´nski.
On a imprimé, et on imprime encore de temps en temps à mon sujet des notices biographiques si pleines d'inexactitudes et d'erreurs, que l'idée m'est enfin venue d'écrire moi-même ce qui, dans ma vie laborieuse et agitée, me paraît susceptible de quelque intérêt pour les amis de l'art. Le public s'inquiète peu, je n'en saurais douter, de ce que je puis avoir fait, senti ou pensé. Mais un petit nombre d'artistes et d'amateurs de musique s'étant montrés pourtant curieux de le savoir, encore vaut-il mieux leur dire le vrai que de leur laisser croire le faux. Je n'ai pas la moindre velléité non plus de me présenter devant Dieu mon livre à la main en me déclarant le meilleur des hommes, ni d'écrire des confessions. Je ne dirai que ce qu'il me plaira de dire ; et si le lecteur me refuse son absolution, il faudra qu'il soit d'une sévérité peu orthodoxe, car je n'avouerai que les péchés véniels. Hector Berlioz, Londres, 21 mars 1848.
Besoin d'un petit conseil musical pour bien démarrer la journée ? Envie de repenser la musique autrement ? À la recherche d'une idée pour booster votre apprentissage instrumental ? Ce livre est fait pour vous ! À travers 51 maximes et pensées simples, pratiques et inspirantes, il vous offre des conseils efficaces et originaux pour enrichir et dynamiser votre expérience musicale et instrumentale. Jour après jour, ce livre s'imposera comme le compagnon idéal de votre pratique artistique. Ce livre, à la fois concis et métaphorique, est le fruit de quarante années de précieux conseils dispensés par l'auteur aux étudiants, tant amateurs ou professionnels.
Au cours de sa vie, Telemann a rédigé trois autobiographies à la demande de ses amis musiciens. La première, écrite en 1718, est complétée par une lettre mêlant citations et poèmes de sa composition, en différentes langues. Telemann y décrit dans un style humoristique ses expériences de musicien jusqu'à son arrivée à Francfort-sur-le-Main. La deuxième reflète brièvement sa carrière et présente un catalogue d'oeuvres plus conséquent. Elle est commandée en 1729, alors qu'il a quarante-huit ans et s'est fixé définitivement à Hambourg. Elle paraît en 1732 dans le Musikalisches Lexikon de Johann Gottfried Walther. Lorsqu'en 1739 Mattheson demande une troisième autobiographie, qui paraît en 1740 dans sa Grundlage einer Ehrenpforte, Telemann a cinquante-huit ans et peut alors faire le bilan d'une vie bien remplie.
« Si vous mettez un violon dans les mains d'un enfant nécessiteux, dit José Antonio Abreu, il ne prendra pas une arme à feu. » Un enfant qui tient un instrument sent qu'on lui confie un objet de valeur. Un enfant à qui l'on apprend à jouer d'un instrument se sent compétent, utile et capable d'enseigner aux autres. Un enfant qui joue dans un orchestre composé d'amis a un sentiment d'appartenance à une communauté, dans laquelle respect mutuel et création de beauté sont inséparables. Depuis 1975, le million d'enfants vénézuéliens formés par le Sistema donne raison à son fondateur, le musicien et économiste visionnaire José Antonio Abreu, récompensé en 1998 par l'UNESCO du titre d'ambassadeur pour la paix. Son programme d'éducation musicale propose gratuitement aux enfants l'apprentissage de la musique à des fins sociales. Un de ses plus célèbres élèves, Gustavo Dudamel, chef de l'orchestre philharmonique de Los Angeles, en a bénéficié depuis l'enfance et continue d'en faire la promotion dans le monde entier. Tricia Tunstall nous fait découvrir le Sistema de l'intérieur, au cours de voyages et de rencontres au Venezuela, et nous éclaire sur les ressorts de ce mouvement : l'enseignement par la pratique collective, l'abord des grandes oeuvres du répertoire, mais aussi la coopération, la transmission entre jeunes et l'émulation. Elle nous fait partager des moments de grâce lors des visites de núcleo, ces « centres » éducatifs qui se multiplient chaque année : les enfants sont passionnés par la pratique musicale en groupe, les professeurs sont émerveillés par les progrès rapides de leurs élèves. Un panorama des actions similaires développées sur le territoire français complète ce livre.
Depuis un bon siècle et demi, le nom d'Eugène Scribe, inventeur du vaudeville moderne, dramaturge le plus populaire d'Europe un siècle durant et librettiste le plus respecté de son époque, est devenu pour les élites synonyme de médiocrité académique et bourgeoise. De nos jours, il n'est connu que des amateurs d'opéra. Pour ceux-là, il n'est guère plus qu'une signature au bas d'oeuvres rarement exécutées (Les Huguenots, La Juive, Robert le Diable, Fra Diavolo...) Or, la principale cohérence de ces oeuvres réside dans leurs représentations des rapports sociaux de sexe. Cela est vrai des grands opéras qui, systématiquement, mettent en scène pour les dénoncer des fanatismes masculins (politico-religieux, comme dans La Juive, Les Huguenots ou Le Prophète, impérialistes comme dans L'Africaine, ou simplement phallocentriques et homo-sociaux, comme dans Robert le Diable), fanatismes dont les femmes sont systématiquement les victimes. Ceci est encore plus vrai, peut-être, des opéras-comiques que l'on joue encore parfois (Le Comte Ory, Fra Diavolo, Le Cheval de bronze ou Les Diamants de la couronne, où l'on rencontre un authentique féminisme à une époque où celui-ci en est encore à ses balbutiements en France). Grâce à des éléments relevés dans la biographie due à Jean-Claude Yon, je crois entrevoir d'ores et déjà les origines personnelles et psychologiques de la gynolâtrie - cette sorte de proto-féminisme - dont Scribe fait preuve dans ses livrets, et qui va de pair avec une critique étonnamment systématique des travers de la masculinité (fanatisme, donjuanisme, violence, égoïsme, sur-idéalisation des femmes et de l'amour passion, jalousie, etc.) C'est donc par l'examen de douze livrets d'opéras et d'opéras-comiques, et ce à travers le prisme des rapports sociaux de sexe, si peu pratiqué encore de nos jours en France, que j'entends réhabiliter cet auteur si mal-aimé.
Être ou ne pas être, voilà la question. Une âme courageuse doit-elle supporter les méchants opéras, les concerts ridicules, les virtuoses médiocres, les compositeurs enragés, ou s'armer contre ce torrent de maux, et, en le combattant, y mettre un terme ? Mourir, - dormir, - rien de plus. Et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux déchirements de l'oreille, aux souffrances du coeur et de la raison, aux mille douleurs imposées par l'exercice de la critique à notre intelligence et à nos sens ! - C'est là un résultat qu'on doit appeler de tous ses voeux. - Mourir, - dormir, - dormir, - avoir le cauchemar peut-être. - Oui, voilà le point embarrassant. Savons-nous quelles tortures nous éprouverons en songe, dans ce sommeil de la mort, après que nous aurons déposé le lourd fardeau de l'existence, quelles folles théories nous aurons à examiner, quelles partitions discordantes à entendre, quels imbéciles à louer, quels outrages nous verrons infliger aux chefs-d'oeuvre, quelles extravagances seront prônées, quels moulins à vent pris pour des colosses ? Hector Berlioz
Don ou malédiction ? Jésus Despieds découvre qu'il est doté d'une voix de ténor extraordinaire, mais c'est son frère Louis-Guy qui a reçu l'intelligence en partage. Avec des termes sonnants et rares, l'auteur nous entraîne dans la fabuleuse épopée des frères Despieds, des quartiers populaires de Marseille à Venise : apprentissage du chant, recherche de maîtres, quête de la reconnaissance, de l'amour... Dans un style alternant sans pudeur l'extrême raffinement et le vulgaire débridé, Patrick Alliotte truffe son « bazar de l'ouïe » de quiproquos savoureux, de dialogues souvent hilarants et toujours rythmés musicalement. On se délecte des personnages hauts en couleur du microcosme lyrique et des formules absconses destinées à exprimer les subtilités de la technique vocale. Tous ceux qui, un jour, ont fait l'expérience du chant se reconnaitront dans ce livre qui n'en décrit pas moins une aventure humaine chargée d'émotions universelles. Récit d'initiation, de découvertes et de désillusions, d'épanouissement et d'échecs, ce roman reste avant tout un moyen de traduire, à travers le chant, notre quête de sens. Ce livre généreux et plein d'humour est à déguster comme une pâtisserie savoureuse.
Quoi de plus commun qu'un cours d'instrument ? Bien souvent, on pense que la formation technique et pratique du professeur, agrémentée d'un peu de pédagogie, pourrait suffire à proposer un enseignement de qualité. Mais ne manque-t-il pas là quelque chose d'essentiel ? Faire du cours d'instrument un moment privilégié de transmission de pratique entre l'enseignant et son élève, « enseigner et apprendre », nécessite d'examiner de plus près ce qui détermine un cours. Anselm Ernst parcourt de manière détaillée tous les aspects faisant d'un professeur un expert de l'enseignement, lors de la préparation du cours (objectifs, méthode de travail, planification), lors de sa mise en oeuvre (relation, langage verbal et corporel) y compris dans le cas d'un cours collectif, puis de son évaluation. Voilà tout l'enjeu de cet ouvrage : faire réfléchir l'enseignant à son positionnement et à ses méthodes, pour trouver très concrètement comment développer une relation bienveillante et vertueuse, autant humainement que musicalement, avec son élève. Les nombreuses pistes de travail pour varier et évaluer son enseignement, qu'il s'agisse de méthodes, d'objectifs pédagogiques ou encore de notions plus sociologiques ou psychologiques ont fait à juste titre de ce livre une référence en la matière depuis plusieurs années.
Du plus loin que je me souvienne, j'ai aimé la musique de Chopin. Aussi quand on aime Chopin, et peut-être parce qu'on aime Chopin, il est difficile d'en parler. Le désespoir du créateur, Chopin l'a connu. Quel doit être alors le désespoir de celui qui essaie d'écrire sur lui et sur ses oeuvres, quand il n'a que les pauvres mots à sa disposition ! J'ai bien souvent, je l'avoue, manqué de confiance en moi et dans le seul langage auquel je pouvais avoir recours. Je suis persuadé, comme Félix Mendelssohn, qu'« une oeuvre musicale exprime une pensée non pas trop vague, mais trop précise pour être traduite par des mots ». Valse de l'adieu, Prélude de la goutte d'eau, Étude révolutionnaire... Ces titres font un peu partie de ma vie intérieure et j'ai décidé de les reprendre comme autant de jalons dans cette traversée de la vie et de l'oeuvre de Chopin. Il a pris lui-même ses distances à l'égard de ce type de titres, mais il n'a pas renoncé, sous une forme plus discrète, au pouvoir de suggestion des mots... Il n'est plus besoin de lutter aujourd'hui pour imposer Chopin. Peu de compositeurs jouissent d'un prestige aussi universel. Mais il n'est pas interdit de vouloir le faire aimer ou mieux aimer encore. C'est la seule intention de ce livre. Pierre Brunel
Amour Lange, ex-star du lyrique, revient d’une expérience de mort imminente avec une mission divine : prouver que la mort n’existe pas. Entre Maroc et Amazonie, son périple déjanté mêle folie, humour et quête spirituelle.
Quand la musique devient refuge après l’absence, La part du feu explore la résilience d’une mère face au départ brutal de sa fille. Un roman poignant où le silence et les sons s’entremêlent pour dire l’indicible et retrouver l’apaisement.
Un cauchemar musical est une de ces réalités inqualifiables qu'on exècre, qu'on méprise, qui vous obsèdent, vous irritent, vous donnent une douleur d'estomac comparable à celle d'une indigestion, une de ces oeuvres chargées d'une sorte de contagion cholérique qui se glissent on ne sait comment, malgré tous les cordons sanitaires, au milieu de ce que la musique a de plus noble et de plus beau, et qu'on subit cependant en faisant une horrible grimace, et qu'on ne siffle pas, tantôt parce qu'elles sont faites avec une sorte de talent médiocre et commun, tantôt à cause de l'auteur qui est un brave homme à qui l'on ne voudrait pas causer de peine, ou bien parce que cela se rattache à un ordre d'idées cher à un ami, ou bien encore parce que cela intéresse quelque imbécile qui a eu la vanité de se poser votre ennemi, et que vous ne voudriez pas, en le traitant selon son mérite, avoir l'air de vous occuper de lui. Hector Berlioz
2030, l'ère des calculateurs d'empreinte carbone. Face au défi climatique, chaque tonne de CO2 compte et les gouvernements légifèrent drastiquement à travers le monde. Comme tout à chacun, l'Opéra doit faire sa part et diviser par 5 ses émissions de gaz à effet de serre tout en préservant l'emploi, l'acceptabilité du public et son rayonnement. Voici l'enjeu de cet écrit : imaginer l'opéra de demain pour offrir des émotions sans mettre le monde en péril. Une génération BIOpéra ! Essai en 3 actes à travers le regard d'un artiste, destiné à toutes celles et ceux qui souhaitent imaginer l'avenir de l'Opéra.